[82] Tarn-et-Garonne mag n°68 oct/nov/déc 2009
[82] Tarn-et-Garonne mag n°68 oct/nov/déc 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°68 de oct/nov/déc 2009

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Conseil Général deTarn-et-Garonne

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3,8 Mo

  • Dans ce numéro : le collège Manuel Azaña flambant neuf.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 10 - 11  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
10 11
Il y a 70 ans... La retirada des républicains espagnols De la guerre d'Espagne à la guerre mondiale 1936-1940 Quand la guerre d'Espagne débute en 1936, l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste sont lancées dans une politique de conquêtes. En face d'elles, la France et l'Angleterre, tout en soutenant la République espagnole, imposent la non-intervention. Poussées par des opinions publiques pacifistes, elles ne visent qu'à cantonner le conflit en Espagne alors que le camp de Franco -ou nationaliste- reçoit quant à lui l'aide de l'aviation d'élite allemande et des troupes italiennes (jusqu'à 10 000 hommes). Le camp républicain est soutenu militairement par l'U.R.S.S. de Staline et les volontaires des Brigades internationales. La jeune République, née en 1931, avait entrepris de réformer en profondeur un pays aux structures économiques et sociales archaïques. Au-delà de sa guerre intérieure féroce, l'Espagne sert de champ clos à un affrontement d'idéologies (dictatures contre démocraties) où les intellectuels voient la répétition générale de la prochaine guerre mondiale. Les nations étrangères intervenantes y testent des tactiques de guerre et des matériels nouveaux. Dates repères 1936 6 février : le Frente popular(front populaire) gagne les élections espagnoles. Manuel Azaña devient président de la République en mai. 17-19 juillet : 4 généraux, dont Franco, tentent un coup d'Etat. C'est le début de la guerre civile. 1937 26 avril : l'aviation allemande détruit Guernica au Pays basque. Automne 1938 : la bataille de l'Ebre tourne à l'avantage de Franco. 1939 28 janvier – 13 février : 450 000 réfugiés passent d'Espagne en France. Les premiers réfugiés civils arrivent à Montauban. Passer la frontière Après la chute de Barcelone, le 26 janvier 1939, une marée humaine de 450 000 personnes déferle sur la frontière des Pyrénées-Orientales. Talonnés par les armées de Franco, mitraillés par les aviateurs allemands et italiens, les réfugiés vivent un cauchemar dans le froid et dans la neige. Pour les accueillir, une armée et une administration françaises sans bienveillance, submergées par le nombre, obsédées par la sécurité. Les naufragés se sentent humiliés, eux qui voyaient la France comme une terre de liberté. Cette migration se produit dans un contexte de crise persistante. L'opinion française est mal disposée à l'égard des « rouges » espagnols : la presse nationale dénigre les réfugiés, accusés de pillages et d'assassinats, entretenant dans la population une attitude de peur. L'armée va séparer les hommes du reste de leur famille. Pour les miliciens : les barbelés des camps Après avoir été « concentrés » dans trois camps sur la plage (Argelès, Saint-Cyprien, Le Barcarès), les hommes sont redistribués dans huit camps, dont le Vernet dans l'Ariège et Septfonds près de Caussade, d'une capacité de 16 000 hommes. Sur les plages, les réfugiés n'ont trouvé que sable et barbelés : ni point d'eau, ni latrines, des moyens médicaux dérisoires, une nourriture insuffisante. Beaucoup succombent à la typhoïde, à la dysenterie et à la pneumonie. 27 février : la France et la Grande- Bretagne reconnaissent Franco. Manuel Azaña démissionne. 5 mars : 2 500 miliciens gagnent chaque jour Septfonds à pied depuis la gare de Borredon. 20 mars : les 44 baraquements du camp sont achevés. 3 septembre : la Grande-Bretagne et la France déclarent la guerre à l'Allemagne. 1940 25 avril : le camp de Septfonds est vide. Il va servir de camp de « triage », surtout pour les juifs, et abriter des groupements de travailleurs étrangers jusqu'en 1944. 22 juin : la France envahie signe l'armistice avec l'Allemagne.
AGENDA 2009 A Septfonds, ils participent à la construction de leurs baraquements, sous la surveillance de l'armée. Ils essaient de reconstituer leurs familles dispersées. Pour sortir du camp, il leur faut un contrat de travail. Durant l'été et l'automne 1939, on les envoie dans l'agriculture, les usines d'armement et d'aviation. Au printemps 1940, les engagés sont expédiés au front où certains seront faits prisonniers. Les camps vont se vider, car de nombreux Français sont prisonniers. A Septfonds, les ouvriers spécialisés sont embauchés dans la métallurgie. Ceux qui restent sont organisés en groupements de travailleurs étrangers, réservoir de main-d'oeuvre où les Allemands puiseront pour la construction du mur de l'Atlantique. Certains sont tentés par l'émigration. Beaucoup de candidats (un quart des internés du camp de Septfonds) mais peu d'élus. C'est vers le Mexique, qui a offert son hospitalité dès février 1939, qu'ils tournent leurs regards. Triés parmi les ingénieurs, artistes et intellectuels, 20 000 républicains feront la traversée. Commémoration de la Du 20 octobre au 19 décembre Exposition du mardi au dimanche de 13h00 à 18h00 et sur rendez-vous. Ancienne école de Septfonds. 24 octobre 17h00 : Conférence Les réfugiés espagnols de Geneviève Dreyfus- Armand, spécialiste des camps. Salle des fêtes de Septfonds. 8 novembre 15h00 : Conférence Les miliciens espagnols au camp de Judes de Jacques Latu. Septfonds. Du 9 au 14 novembre Spectacle Les Cabrioles d'automne. Bioule, Septfonds et Caylus. 15 novembre 15h00 : Conférence L'art dans les camps de Véronique Moulinié, ethnologue. Auditorium du Centre universitaire à Montauban. 17 novembre 20h30 : Projection du film Les soldats de Salamine de David Trueba. Cinéma de Verdun-sur-Garonne. 19 novembre 20h30 : Projection du filmdocumentaire J'en garde la trace La Bataille de l'Ebre, de Neus Viala. Auditorium du Centre universitaire à Montauban. Pour les civils : la vie des refuges Les civils ont été répartis dans 70 départements français. Dans le Tarn-et-Garonne, leur nombre ne cesse d'augmenter : 2 673 en mars 1939 pour tout le département, mais plus de 5 000 fin 1940 rien que dans l'agglomération montalbanaise à cause des regroupements familiaux et des sorties du camp. En 1942, 66 communes accueillent des réfugiés. Ceux qui sont arrivés par le train à Montauban sont sommairement logés dans des refuges collectifs, dans des locaux réquisitionnés. Chaque refuge a son médecin. Quelques écoles espagnoles sont organisées. Syndicats, partis politiques, mairies organisent des comités de secours. Les Quakers, association caritative américaine, se dépensent sans compter : distribution de vivres et de vêtements ; fabrication de sandales, de prothèses pour les mutilés ; aide aux colonies de vacances. Les réfugiés reconstituent peu à peu une vie sociale et associative, se retrouvant dans les cafés. Avec l'arrivée de la guerre, les Français vont connaître à leur tour l'exode et la pénurie de main-d'oeuvre va faciliter l'intégration des réfugiés, créant une communauté de destins. 24 novembre 21h00 : Projection du film Les soldats de Salamine de David Trueba. Cinéma de Valence d’Agen. 10 décembre 10h00 et 14h00 : Spectacle Exils d'Espagne, de la Retirada à aujourd'hui de Susana Azquinezer*. Collège Olympe de Gouges à Montauban (réservé au public scolaire). 10 décembre 20h30 : Projection du film documentaire Contes de l'exil ordinaire de Christian Marc, co-écrit par René Grando et Marie-Louise Roubaud. Auditorium du Centre universitaire à Montauban. 11 décembre 20h30 : Spectacle Exils d'Espagne, de la Retirada à aujourd'hui de Susana Azquinezer*. Salle Paul Descazeaux à Castelsarrasin. 13 décembre 16h00 : Lecture Cris et écrits de la Retirada, mise en espace par François-Henri Soulié accompagné à la guitare par Wilton. Le Local Espace Durozier à Montauban. * Spectacle créé en partenariat avec le Musée Mémorial de Rivesaltes - Conseil Général des Pyrénées-Orientales et la Communauté de Communes Terre de Camargue. Avec le soutien de la D.R.A.C. et du Conseil Régional du Languedoc- Roussillon, du Conseil Général du Gard, de la Mairie de Montpellier et de la ville du Grau-du-Roi. Avec le concours du Conseil Général de l'Hérault. L'arrivée à Argelès « On était [...] des centaines de milliers. Miliciens, civils, femmes, enfants, vieillards, gens du peuple, mais aussi des gens cultivés, des intellectuels, des savants, des médecins, des ingénieurs... Tous mélangés, n'osant même pas nous regarder dans les yeux de peur d'y trouver le reflet de notre propre désastre. Nous allions à la dérive, comme si nous flottions après un naufrage dans une mer noire et glacée ». Cahiers de Justo Garcia



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :