[78] Yvelines n°24 jun/jui/aoû 2018
[78] Yvelines n°24 jun/jui/aoû 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°24 de jun/jui/aoû 2018

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général des Yvelines

  • Format : (200 x 290) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 19,6 Mo

  • Dans ce numéro : terre de vélo.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ÉCLAIRAGE Île-de-France  : les Départements passent à Les Départements franciliens sont bien décidés à renforcer leur coopération. Ils ont annoncé leur intention de créer un fonds d’investissement pour financer des projets utiles à tous. Plaçant ainsi l’État, qui doit leur donner son accord, face à ses responsabilités. Ils ne se sont jamais autant vus. Le 4 avril, les Présidents des Départements franciliens se retrouvaient à Versailles pour aller visiter ensemble l’institut Vedecom, à Satory. La semaine d’après, ils se réunissaient, cette fois à Paris, au Salon des maires d’Île-de-France, pour témoigner de la vitalité de leurs collectivités. Ces échanges et ces déplacements, qui se multiplient depuis plusieurs mois, s’inscrivent dans la réflexion de fond que conduisent les élus locaux sur l’organisation de la métropole francilienne. Divergences entre l’État et les collectivités locales Nul ne conteste qu’il faille amplifier, dans la compétition mondiale, le rayonnement de la régioncapitale que constitue l’Île-de-France. Mais des divergences sont apparues entre l’État et les collectivités locales. 14 I YVELINES - ÉTÉ 2018 L’État a longtemps envisagé de fusionner les Départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Val-de-Marne et Seine- Saint-Denis) au sein d’une métropole qui pourrait, à terme, englober aussi ceux de la grande couronne (Yvelines, Val-d’Oise, Essonne, Seine-et-Marne). Mais où en est-on de ce « grand dessein » ? La date de la Conférence territoriale sur le Grand Paris, annoncée l’an dernier, n’a toujours pas été fixée. Le gouvernement semble hésiter. Une réforme aussi radicale désorganiserait la région parisienne pendant plusieurs années, au risque de décourager les investissements alors que l’Îlede-France doit relever de grands défis  : résoudre la crise du logement, développer un réseau de transports à ses dimensions, accueillir les Jeux Olympiques et Paralympiques en 2024, et même attirer les entreprises qui délaisseraient Londres pour l’Union européenne, après le Brexit. Les Présidents des Départements franciliens réunis le 4 avril 2018 sur le site de Vedecom à Versailles. Mais il n’est pas question non plus de ne rien faire  : « Nous ne sommes pas pour le statu quo, répètent les élus, mais c’est du terrain qu’il faut partir, des besoins des habitants, des entreprises, des acteurs locaux. » Le bon sens veut que l’État ne démonte pas ce qui marche, mais s’appuie au contraire sur des collectivités qui ont fait la preuve de leur utilité – notamment le couple que forment les Départements et les communes. D’où les initiatives lancées par les sept Présidents de Conseils départementaux, approuvés par plus de 500 maires franciliens, signataires d’un appel « pour une métropole ambitieuse, solidaire et démocratique ». Le 4 avril, à Versailles, il s’agissait de rappeler le soutien que les Départements apportent aux activités de recherche et développement. Celui des Yvelines, par exemple, finance plusieurs projets de l’Institut Vedecom, qui travaille entre autres au développement de véhicules autonomes et connectés moins polluants qu’aujourd’hui  : l’investissement sera de 20 M € sur la période 2014-2023. Sans oublier, à la rentrée prochaine, la livraison d’un bâtiment de 6 500 mètres carrés, véritable vitrine du « pôle des mobilités » qui déploiera ses activités sur le site de Satory. Des projets structurants au service des habitants La visite du 4 avril s’inscrivait dans le « tour d’horizon des projets structurants » conduits par les Départements  : déploiement de la fibre pour le très haut débit, réalisation d’infrastructures de transport (routes et tramways), construction et rénovation
l’offensive de collèges et même de lycées internationaux dans les Yvelines, équipement des zones rurales, action sanitaire et sociale, etc. Autant de compétences qu’ils assument depuis plusieurs décennies, en vertu des lois de décentralisation, alors que les dotations versées par l’État pour leur exercice n’ont cessé de diminuer. Il serait d’ailleurs paradoxal que l’État veuille imposer une organisation territoriale aux collectivités locales alors qu’il se désengage de plus en plus de leur financement… Dans ce contexte, il fallait aller plus loin  : innover ; faire la preuve que les Départements sont capables de coopérer dans l’intérêt de tous les Franciliens. Les projets d’Emmanuel Macron auront finalement hâté leur rapprochement  : « Il a réussi à nous réconcilier au-delà de nos couleurs politiques ! » s’amuse Fran- çois Durovray, Président de l’Essonne. 2 Md € consacrés chaque année à l’investissement Ensemble, les Départements ont annoncé leur intention de créer un fonds d’investissement interdépartemental. Il s’agit de renforcer la solidarité territoriale en finançant des projets concrets qui dépassent les moyens d’un seul territoire  : renouvellement urbain, désenclavement rural, par exemple. « On crée les instruments qui vont pallier les défaillances de l’État. Nous déterminerons nous-mêmes, par une concertation, quels sont les équipements que nous considérons comme prioritaires sur l’ensemble de nos territoires », explique Patrick Devedjian (Hauts-de-Seine). « Ce fonds permettrait aussi le financement de programmes d’investissements d’équipements mutualisés, à l’image du réseau interdépartemental de prise en charge de l’autisme, belle réalisation des Yvelines et des Hauts-de-Seine », précise le Président du Valde-Marne, Christian Favier, en présentant ce projet au nom de tous ses collègues (lire ci-dessous). L’ensemble des Départements franciliens consacre 2 Md € par an à l’investissement. Le montant du futur fonds sera fixé chaque année par les Départements, qui seront à la fois contributeurs et bénéficiaires. Pierre Bédier y voit « une révolution »  : « C’est la première fois dans l’histoire que des collectivités ellesmêmes, sans injonction de l’État, décident de mettre en place un dispositif de péréquation entre elles », souligne-t-il. Commentant cette initiative, le 11 avril, Sandrine Gelot, maire de Longjumeau (Essonne), s’est réjouie que ce fonds puisse aussi bénéficier aux communes, « d’autant que nous sommes contraints par beaucoup d’instabilité financière ». Il faudra cependant que ÉCLAIRAGE l’État donne son accord à sa création, au titre du « droit à l’expérimentation » reconnu par la loi aux collectivités locales. « En cas de feu vert dans les mois qui viennent, nous serons prêts pour le budget 2019 », précisent les élus. L’État a-t-il les moyens de leur opposer un refus ? Le 13 avril, deux jours après la présentation de ce projet, la Métropole du Grand Paris (c’est-à-dire l’établissement public censé mettre en œuvre la réforme envisagée par l’État) reconnaissait qu’elle n’avait pas les moyens d’agir en faveur du « rééquilibrage territorial » qui fait pourtant partie de ses missions  : son budget « ne met pas la métropole en situation de jouer les rôles d’attractivité et de solidarité pour lesquels elle a notamment été créée », lit-on dans un vœu adopté par les conseillers métropolitains. Dès lors, pourquoi l’État refuserait-il aux Départements ce qu’ils lui proposent – et qu’ils savent faire ? F. M. HANDICAP  : LA PLATEFORME DE SERVICES INTERDÉPARTEMENTALE EST LANCÉE Créer de nouvelles modalités d’accompagnement et de prises en charge spécifiques pour des personnes en situation de handicap psychique, et des personnes présentant des troubles du spectre autistique  : tel est le projet qu’ont lancé Pierre Bédier et Patrick Devedjian, avec l’Agence Régionale de Santé d’Île-de-France, sur Les Mureaux. Il s’agit de répondre à l’attente des familles et d’éviter le départ vers la Belgique de personnes ne trouvant pas de places en France. Le coût total du projet est estimé à 30 millions d’euros, financés conjointement par les Départements des Yvelines et des Hauts-de-Seine. Il permettra de suivre plus de 300 situations. YVELINES - ÉTÉ 2018 I 15



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