[78] Yvelines n°22 déc 17/jan-fév 2018
[78] Yvelines n°22 déc 17/jan-fév 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°22 de déc 17/jan-fév 2018

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général des Yvelines

  • Format : (200 x 290) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 18,5 Mo

  • Dans ce numéro : quels contours pour la métropole.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DOSSIER Actuellement, il y a 76 généralistes pour 100 000 habitants dans les Yvelines. Ils ont en moyenne 54 ans. Autant dire que ces professionnels deviennent rares et les futurs médecins très courtisés. Lors d’une table ronde organisée par l’Université des maires des Yvelines, en octobre dernier, les chiffres présentés par Mark Pulik, Directeur de la délégation ARS 78 (Agence régionale de santé) étaient plutôt pessimistes. Le département a perdu 16% de ses médecins généralistes entre 2009 et 2015 et particulièrement dans les zones de Bonnières-sur- Seine et Mantes, dites « déficitaires ». D’autres zones du territoire sont considérées comme 30 I YVELINES - HIVER 2018 Les futurs médecins veulent exercer en groupe Le département des Yvelines manque de généralistes. Dans les communes, surtout rurales, les initiatives se multiplient pour attirer de jeunes médecins et faciliter leur installation. Et s’adapter aux nouvelles pratiques, en groupe. « fragiles »  : Andrésy, Aubergenville, Le Pecq, Limay, Meulan, Mantesla-Jolie et Trappes. Une équation casse-tête Pour Mark Pulik, l’équation à résoudre un peu partout est la suivante  : « Il y a plus de patients à suivre, plus longtemps, avec moins de professionnels de santé et moins d’argent ». Autres problèmes contextuels  : de nombreux médecins répertoriés en médecine générale exercent en fait en médecine alternative. Par ailleurs, M. Pulik observe que le problème n’est pas tant le nombre de médecins que celui du nombre d’heures de travail. « Avant, un généraliste travaillait 70- 75 heures par semaine et LA MÉDECINE DE VILLE, OUI MAIS PAS TOUTE MA VIE Maël est en sixième année de médecine à l’hôpital de la Salpêtrière. Fils de médecin, il s’est toujours rêvé docteur mais pas comme son père généraliste qui exerce dans une petite ville des Yvelines. « Je n’imagine pas du tout faire le même métier que lui. L’exercice hospitalier est passionnant car nous y sommes confrontés à toutes sortes de pathologies que nous traitons à plusieurs. Les échanges sont cruciaux pour avancer et aider les patients. Alors la médecine de ville, essentielle, me semble plus routinière. Sauf à l’exercer avec des confrères pour croiser nos expériences. Et puis j’ai du mal à imaginer être pendant quarante ans le médecin généraliste dans le même cabinet du même village… L’idée du partage de postes, entre ville et hôpital me séduit en revanche. Là je pense qu’il y a de quoi attirer les jeunes thésés. On en parle entre nous, c’est une piste vraiment à explorer ». était bien souvent disponible les weekends. Aujourd’hui, pour obtenir ce même temps de travail, il faut deux médecins ». Les jeunes médecins fuient l’isolement Contrairement à leurs aînés, les jeunes médecins ne souhaitent plus exercer seuls dans leur coin, aussi magnifique soit-il. « Les modes d’exercice de la médecine ont changé, ils évoluent vers le travail en groupe interdisciplinaire, donc l’installation en solo est plus difficile à envisager », confirme le directeur de l’ARS des Yvelines. En effet, la formation actuelle des médecins n’est pas orientée vers la médecine de ville. Elles sont devenues très spécialisées, très techniques aussi. D’où la tendance très prononcée pour leur association dans des maisons de santé ou en structures d’exercice collectif. Celles-ci réunissent kinésithérapeutes, infirmières, généralistes, spécialistes… « De tels regroupements permettent aussi de réfléchir à la coopération interprofessionnelle. Quelles tâches chronophages peuvent être déchargées pour que le médecin se concentre sur son cœur de métier ».
Istock On pense par exemple à la vaccination qui peut être confiée aux pharmaciens, d’autres pistes sont en réflexion. Une qui commence à émerger dans les Yvelines est le partage de postes entre communes et centres hospitaliers. Un jeune médecin attend jusqu’à huit ans après ses études pour s’installer. Entre-temps, il exerce comme salarié dans un hôpital. L’ARS78 réfléchit au détachement de ces jeunes praticiens qui pourraient consacrer quelques heures ou journées à faire de la médecine de ville dans une commune, le reste à l’hôpital. Télémédecine, l’avenir ? Plusieurs réflexions sont menées autour d’une nouvelle forme de médecine à distance pour des actes simples. L’Agence régionale de Santé lance aussi des appels à projets. Téléconsultation, télé-expertise, objets connectés sont autant de pistes qui devraient voir le jour assez rapidement dans le monde médical. Essentiellement dans les zones rurales. D’ores et déjà, ici et là, des expériences sont menées. La première « Consult- Station » a vu le jour en Bourgogne. Créée par la société H4D, en contact avec plusieurs structures yvelinoises, elle serait un des remèdes aux déserts médicaux. Dans ces cabines, genre photomaton version médicale, le patient prend sa tension, sa température, mesure le taux d’oxygène dans le sang, peut faire un électrocardiogramme, des tests auditifs et cognitifs, des tests de glycémie... Chaque étape est expliquée sur un écran et les résultats envoyés au médecin via le site jemesurveille.com. Selon ses concepteurs, cela permettrait de désengorger les services d’urgence. Et d’implanter une structure médicale dans une zone qui en est dépourvue. « Cela peut être rassurant ». Cette année, une startup yvelinoise s’est vue remettre un prix de l’innovation pour sa création  : une montre connectée destinée aux patients souffrant d’Alzheimer qui sera commercialisée cette année. La petite entreprise Etinnov, basée à Trappes a ainsi imaginé et mis au point cet objet connecté aux débouchés prometteurs. « Cette montre, étanche, comporte un bouton d’appel d’urgence et intègre la mesure du pouls, de la température et de sudation qui permet de détecter un AVC », a expliqué son directeur Xavier Drouet lors de la remise du prix. Les données sont envoyées illico par SMS à la famille ou au service médical. Istock SANTÉ LES GÉNÉRALISTES SCEPTIQUES ? Gain de temps pour les examens basiques, le suivi des maladies chroniques, assistance pour le médecin… ces arguments des porteurs de projets de télémédecine se heurtent au scepticisme de bons nombres de professionnels de santé. « Elle fait quoi la cabine pour un patient impotent qui vit au 3 e étage sans ascenseur ? » se demande un médecin. « Qu’en est-il des informations médicales collectées par les entreprises privées ? » interroge un autre. Enfin, l’écho le plus répandu est « rien ne remplace le face à face avec le médecin » … Certes, encore faut-il que l’on ait un médecin. Et ça, c’est la denrée rare. YVELINES - HIVER 2018 I 31



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