[78] Yvelines n°10 sep/oct/nov 2014
[78] Yvelines n°10 sep/oct/nov 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°10 de sep/oct/nov 2014

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général des Yvelines

  • Format : (200 x 290) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 13 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... le numérique change le collège.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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F A M I L L E Oser affronter l’illettrisme Plusieurs associations yvelinoises proposent ateliers et formations pour permettre aux adultes en situation d’illettrisme de réapprendre à lire, écrire et compter. En France, 2,5 millions de personnes sont concernées. Des stages de six mois de formation sont possibles pour réapprendre aux adultes en difficulté les compétences de base  : la lecture, l’écriture et le calcul. A première vue, Dominique est une femme de 47 ans comme les autres. Issue de la classe moyenne, elle est mère de famille, travaille en entreprise et possède le permis de conduire. Pourtant, dès qu’elle prend un livre ou un stylo, le stress l’envahit. « Je me bloque et je n’arrive plus à rien », concède cette habitante de Maurepas. Comme 2,5 millions de Français, Dominique est en situation d’illettrisme. Elle ne maîtrise pas les compétences de base que sont la lecture ou l’écriture, butant 7% Le taux de personnes en situation d’illettrisme en France (source Insee 2011). Un chiffre en baisse par rapport aux années précédentes (9% en 2004) mais qui représente tout de même 2,5 millions de Français. 34I YVELINES - NOVEMBRE 2014 régulièrement sur l’orthographe de mots aussi usuels que « chambre », « étagère » ou « réfrigérateur ». Elle a pourtant été scolarisée jusqu’au collège mais elle est passée entre les Un fléau difficile à déceler mailles du système éducatif. Pour lutter contre ce fléau qui touche toutes les couches de la population, de nombreuses associations œuvrent chaque jour. « Ici, nous organisons des formations de 600 heures où, après des tests écrits et oraux, nous personnalisons un programme de remise à niveau, explique Baley Beye, directeur de l’Association de formation et d’insertion pour les jeunes (AFIJ), une structure installée à Montigny-le-Bretonneux qui fêtera ses 30 ans l’an prochain. L’objectif est de leur apprendre à apprendre. » Une soixantaine de personnes y participent chaque année. Mais la grande difficulté est de les repérer. Selon l’Insee, 50% des personnes en situation d’illettrisme ont un emploi (20% sont bénéficiaires du RSA) et 53% d’entre elles ont plus de 45 ans. « Elles vivent souvent cela comme un handicap et ont appris à développer des stratégies pour cacher leurs lacunes dans la vie de tous les jours », reprend Baley Beye. Philippe fait partie de ceuxlà. À 61 ans, ce mécanicien à la retraite de Conflans- Sainte-Honorine, précise  : « Dans mon métier, j’utilisais des codes couleurs pour me repérer. Mes enfants par exemple n’ont appris que très récemment que je ne savais pas vraiment lire. » « Il n’y a pourtant aucune honte à avoir, rétorque Baley Beye. Il faut désacraliser la lecture. Nous recevons sur la base du volontariat. Les gens mettent souvent du temps avant de passer le cap mais quand ils sont là, ils dégagent une telle motivation que leurs progrès sont fulgurants. » Il suffit juste de se lancer. www.afij78.fr L’illettrisme, c’est quoi ? Sont considérés comme souffrant d’illettrisme les adultes de 18 à 65 ans qui ont été scolarisés (88% disent être allés jusqu’au second degré) mais qui n’ont pas acquis une maîtrise suffisante des compétences de base que sont la lecture, l’écriture et le calcul. À ne pas confondre avec les personnes en situation d’analphabétisme (qui n’ont jamais été scolarisées et doivent tout apprendre) et celles arrivant d’un pays étranger devant apprendre notre langue (Français Langue Etrangère, FLE).
La mobilité pour plus de liberté Grâce au coup de pouce du Conseil général, Jordan, un étudiant de Bois-d’Arcy, a récemment obtenu son permis de conduire, gagnant ainsi en autonomie, en mobilité et en indépendance. En août 2014, après un premier échec, Jordan, étudiant de 20 ans en troisième année d’histoire à l’université de Saint-Quentin-en-Yvelines, a décroché le fameux papier rose estampillé « permis de conduire ». Inscrit en école de conduite en mai 2013, il fait alors appel au Conseil général pour l’aider à financer ce dispositif onéreux. « C’est une excellente idée pour les jeunes qui ont l’ambition de passer le permis mais pas assez de ressources financières pour le 500 Le nombre de jeunes Yvelinois qui passent le permis de conduire chaque année depuis 2009 grâce à l’aide du Conseil général. Les conditions d’attribution de la bourse permis de conduire Le Conseil général subventionne, à hauteur de 500 € , le coût du permis de conduire des jeunes Yvelinois, âgés de 18 à 25 ans. En contrepartie de cette aide forfaitaire, ils effectuent une action citoyenne au sein d’un service du Département. La durée de cette contribution varie entre 20 et 40 heures. Pour en profiter, il faut être non-imposable, passer le permis de conduire pour la première fois, ne pas être en apprentissage anticipé de la conduite, et faire, » explique ce résident de Bois-d’Arcy. En contrepartie d’une aide forfaitaire de 500 € , il s’investit pendant un mois et demi au service des plus démunis dans la structure versaillaise du Secours Catholique (lire encadré). Après une première phase de sensibilisation aux missions de l’association, il est intégré à l’équipe bénévole en charge de la conception et de la réalisation d’un spectacle solidaire multiartistique, au nom évocateur d’Étincelle d’espoir. avoir préalablement obtenu le code de la route. Les autres aides du Conseil général pour les 16- 25 ans  : La bourse aux apprentis La bourse Aventure Jeunes L’aide au Brevet d’animateur (BAFA) La bourse au mérite L’aide aux projets humanitaires Yvelines Étudiants Seniors www.yvelines.fr/dispositifs-jeunes J E U N E S S E Avec le permis de conduire en poche, Jordan estime avoir un atout de plus à vendre auprès d’un futur employeur. Pendant son action citoyenne, il met en pratique la devise de Voltaire  : « Le bonheur est souvent la seule chose qu’on puisse donner sans l’avoir, et c’est en le donnant qu’on l’acquiert. » Une aide contre une action citoyenne Il ressort changé de ce temps passé au service d’autrui. « Je me suis retrouvé au milieu d'un groupe très accueillant et engagé dans ses missions quotidiennes. Avec de la bonne volonté et de la détermination, la misère peut être combattue efficacement. » Le parcours d’obtention du permis de conduire est un chemin semé d’embûches. Avec le développement du réseau de transports publics, les jeunes désertent progressivement les salles de code. Jordan fait partie de ceux qui considèrent le permis comme un atout considérable pour la vie active, valorisable auprès de l’employeur. « Si les transports en commun sont utiles et nécessaires, il est impossible de se reposer à 100% dessus. » La visée professionnelle n’est pas la seule à le motiver. « La voiture est également synonyme de liberté et d’indépendance. » Une nouvelle vie s’ouvre à lui. YVELINES - NOVEMBRE 2014 I 35



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