[68] Haut-Rhin magazine n°63 oct/nov/déc 2018
[68] Haut-Rhin magazine n°63 oct/nov/déc 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°63 de oct/nov/déc 2018

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Haut-Rhin

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 4,1 Mo

  • Dans ce numéro : écrire une nouvelle page de l'histoire de l'Alsace.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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32 TERRITOIRE Pierre Vogt Conseiller départemental du canton de Wittenheim, Président de la Commission Éducation et Jeunesse SILENCE, ON LIT « Comment seront les gens qui n’ont jamais ouvert de livre ? » se demandait Gandhi. C’est parce que les animateurs de la MJC de Wittenheim ont une petite idée de la réponse à cette interrogation qu’ils ont initié voilà plus de 20 ans, Ramdam, un festival du livre à destination des enfants, des adolescents et de leurs familles. Ramdam, c’est un week-end de fête intense autour du livre qui réunit une vingtaine d’auteursillustrateurs et rassemble plusieurs milliers de visiteurs. Mais ce sont aussi 6 mois d’animations et de projets, d’octobre à avril, menés en collaboration avec des écoles, des accueils de loisirs, des centres sociaux, des crèches… Bref, Ramdam veut faire beaucoup de bruit autour du livre jeunesse, convaincu que les livres aident à mieux grandir et que lire rend libre. Pierre Vogt, 100 avenue d’Alsace - BP20351 68006 Colmar Cedex ou vogt.elu@haut-rhin.fr DES RACINES POUR LE FUTUR Lors de son ouverture au public en 1984, l’Écomusée d’Alsace comptait 19 bâtiments, la plupart inachevés, qui s’élevaient sur une lande aride. Aujourd’hui, une journée suffit à peine à faire le tour du site, sans pour autant que le visiteur puisse en épuiser toutes les richesses. Lieu nostalgique, tourné vers le passé ? Même si l’Écomusée, en offrant un riche et vivant condensé de la vie rurale et industrielle de la L’épuisement du gisement de la potasse et la fin d’une exploitation centenaire ont engendré une longue période parsemée de doutes et parfois d’incompréhensions. Aujourd’hui après plus de 25 années de reconversion, le Bassin Potassique reste un territoire fragile. Le pourcentage de demandeurs d’emploi est encore élevé, le tissu industriel n’est pas encore reconstitué, il reste des carreaux miniers en friches et un environnement encore en souffrance car la nature n’a pas repris tous ses droits. Tout en s’appuyant sur les atouts du passé, les élus locaux ont changé de paradigme au niveau des politiques de développement mises en œuvre. Les efforts ont porté sur une diversification des activités avec en point de mire un cadre de vie harmonieux et une gestion durable, plus respectueuse de la nature. Notre canton compte une magnifique réserve naturelle régionale, de nombreux vergers et parcs arborés, des espaces naturels propices à la biodiversité, une production d’énergie renouvelable dont plusieurs projets photovoltaïques de très grande envergure et un village en transition auxquels s’ajoutent des entreprises et associations solidaires reconnues et novatrices, un tissu associatif dense et riche, des symboles forts de cohésion sociale, comme par exemple, la naissance des journées citoyennes à Berrwiller. Voilà les multiples facettes qui forment un territoire de plus en plus attractif tourné vers l’avenir tout en respectant son patrimoine et où il fait bon vivre. Notre action s’inscrit dans cette dynamique avec le soutien aux projets des communes et des associations, mais bien au-delà au bénéfice de l’ensemble des Haut-Rhinois. Haute-Alsace, nous renvoie à nos origines, il est tout le contraire d’un lieu passéiste. Une société qui veut durer doit se défendre contre l’oubli et l’éphémère, doit protéger et consolider ce qui mérite de l’être, doit célébrer, apprivoiser le passé pour mieux vivre le présent. Le patrimoine et le savoir de tous ceux qui nous ont précédés constituent un formidable vivier et stock d’expériences à consulter. Et ainsi nous trouver moins démunis devant l’avenir. Une visite à combiner avec celle de son voisin, le Parc du Petit Prince. L’Écomusée d’Alsace, lieu ouvert à toutes les utopies, où chacun peut venir puiser dans son passé et inventer son avenir, est également devenu un formidable refuge pour la faune et la flore.
UNE TERRE D’ACCUEIL Au moment du retour de l’Alsace à la France à la fin du premier conflit mondial et du très fort développement de l’activité d’extraction qui s’en est suivi, les mines de potasse ont eu recours à une importante main-d’œuvre étrangère, polonaise en particulier car réputée pour son savoir-faire en matière minière. Cette arrivée massive de main-d’œuvre nécessite la construction de nombreux logements pour lesquels les mines de potasse ont résolument fait le choix de la qualité. Ces cités sont ainsi aux antipodes des corons du nord, constituées de maisons individuelles pour la plupart, avec jardinets. Elles ont par ailleurs toutes été dotées d’écoles, d’équipements culturels, cultuels, sociaux et sportifs, ce qui les rend totalement autonomes par rapport au noyau villageois préexistant. Comment s’étonner dès lors que soient nés chez les mineurs du Bassin Potassique un esprit et une mentalité très particuliers, faits à la fois d’un individualisme marqué et d’un réel sentiment d’appartenance à une communauté qui jusqu’à récemment s’est traduit par une forte cohésion syndicale et politique. Les maisons de mineurs étaient dotées de jardins qui devaient permettre aux familles d’autoproduire une partie de leur alimentation. L’extraction de la potasse a donné naissance à une nouvelle entité géographique, sociale et économique. CAP SUR L’AVENIR Rob Hopkins, le père anglais de l’idée de « ville en transition » l’assure  : Ungersheim est le « village le plus avancé au monde en matière de transition écologique ». Ungersheim a montré la voie en se dotant il y a quelques années, en partenariat avec les communes de Feldkirch, Staffelfelden et Pulversheim, de la plus grande centrale photovoltaïque d’Alsace qui couvre les besoins en énergie électrique de 10 000 personnes, et en donnant l’exemple en matière d’agriculture respectueuse de l’environnement. Mais aujourd’hui, c’est tout un territoire qui lui emboîte le pas et qui opte pour la transition. Plusieurs fermes solaires sont en cours de réalisation à Wittelsheim, à Ungersheim ainsi qu’à Wittenheim dont le projet de 100 Mégawatts sera le cœur d’un ambitieux plan de réindustrialisation du carreau Amélie. DESTINATION NATURE C’est un véritable eldorado pour la faune et la flore au cœur d’un environnement profondément perturbé par l’exploitation de la potasse. Très paradoxalement, la réserve naturelle régionale du Rothmoos, vaste biotope de près de 146 ha composé de forêts, de landes sèches et de zones humides, est née des affaissements dus à l’activité minière et des affleurements d’eau qui en ont résulté. C’est ainsi qu’a vu le jour une mosaïque de milieux naturels d’une extrême variété dont plusieurs figurent sur la liste rouge des milieux régionaux les plus menacés. Si le site a été classé, c’est d’abord pour y préserver les nombreux oiseaux qui y vivent. En raison de son accès difficile, le Rothmoos accueille de multiples espèces migratrices, hivernantes et nicheuses. Ces milieux marécageux constituent par ailleurs un refuge privilégié pour de nombreuses espèces de batraciens. Enfin, l’une de ses originalités réside dans l’existence d’habitats liés à la présence de sel dans le sol, peu habituels en milieu continental. Au total, le Rothmoos abrite 329 espèces végétales et 173 espèces de vertébrés. LE CANTON DE WITTENHEIM EN CHIFFRES 9 communes 41 922 habitants 99,79 sa superficie en km 2 422 sa densité humaine au km 2 63 51 En-dehors de la bande rhénane, les milieux marécageux sont devenus extrêmement rares en Alsace, ce qui fait du Rothmoos un biotope d’autant plus précieux. La centrale photovoltaïque d’Ungersheim-Feldkirch permet d’économiser 15 000 tonnes de CO2 par an. PLUS D’INFORMATIONS SUR  : En alsacien Ùf Elsassisch Le Rothmoos est depuis le 16 mars 2012, une Réserve Naturelle Régionale de 145,6 ha géré par le Conservatoire des Sites Alsaciens. « Qu’est-ce qu’on attend ? », film documentaire de Marie-Monique Robin, M2R Films novembre 2018 33



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