[68] Haut-Rhin magazine n°60 jan/fév/mar 2018
[68] Haut-Rhin magazine n°60 jan/fév/mar 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°60 de jan/fév/mar 2018

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Haut-Rhin

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 3,2 Mo

  • Dans ce numéro : politique pour la réussite éducative de tous !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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10 INTERVIEW 3 antennes de l’Unité pour adolescents  : Mulhouse, Colmar et Rouffach 700 ados suivis en moyenne tous les ans L’Unité Pour Ados de l’hôpital du Hasenrain accueille les jeunes de 11 à 18 ans NOS ADOS... PAS SI MAL ! Chantal PACCALIN Le docteur Chantal Paccalin est pédopsychiatre. Elle est la chef du Pôle de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent de Haute Alsace. À ce titre, elle est également responsable de l’Unité pour adolescents (UPA) du Hasenrain. Hébergée au cœur du site du Hasenrain du Groupe Hospitalier de la Région de Mulhouse et Sud Alsace, l’Unité pour adolescents (UPA) accompagne nos jeunes les plus en souffrance pour apaiser les troubles psychologiques qui marquent parfois cette période de la vie où l’adulte se construit. Angoisses, dépression, addictions, harcèlement, surexposition aux écrans…  : l’UPA est au carrefour des risques et dérives auxquels ils sont exposés. On dit souvent de l’adolescence qu’elle est une période « difficile » à vivre… Pas nécessairement. 80% des adolescents vont bien. Tous ne font pas de crise d’ado, même s’ils ont besoin de s’affirmer et de gagner en autonomie. C’est aux parents d’accueillir, d’accompagner et d’encourager ce futur adulte. Cela laisse tout de même 20% d’adolescents en souffrance ! C’est vrai, avec des soucis qui n’existaient pas, il y a 20 ans. Au premier rang desquels une forte anxiété. Elle se manifeste par de la phobie scolaire, des angoisses de séparation, des troubles obsessionnels compulsifs (TOC)... Ils ont du mal à se projeter dans une vie d’adulte et s’interrogent sur leur place dans la société. D’où vient cette anxiété ? Nous sommes aujourd’hui dans une société qui avance vite. Une société qui valorise trop l’image, le tout tout de suite, l’individualisme. Les familles ont changé avec des parents moins disponibles pour écouter leurs enfants. Or, c’est absolument essentiel de prendre le temps avec eux. La surconsommation d’écran représente aussi un vrai danger. Elle isole les enfants dans leurs jeux vidéo, téléphones, réseaux sociaux... Par ailleurs, ces réseaux sociaux sont devenus un canal de harcèlement redoutable  : aveugle, lâche et désincarné. Cela peut causer des dégâts terribles.
Que faire pour limiter cette surconsommation d’écrans ? Tout simplement il faut, dès leur plus jeune âge, ne pas céder à la facilité  : leur donner un téléphone portable pour patienter, les mettre devant la télévision de façon systématique, installer parfois des consoles de jeux dans les chambres, sans aucun contrôle parental…Et dialoguer, encore et encore. Le suicide est-il toujours un risque majeur chez nos adolescents ? Il y a un risque plus élevé de passage à l’acte car leur cerveau est moins mâture que celui d’un adulte, avec des difficultés de gestion de l’émotionnel et la persistance d’une impulsivité infantile. Si le chiffre de tentatives de suicide est relativement stable, c’est un geste qui peut cependant conduire au décès. La moindre alerte doit interpeller les parents et conduire à consulter. Nous avons la chance, dans le Haut-Rhin, d’avoir un maillage fort sur cette question, entre l’UPA, la Maison des adolescents et l’association SEPIA*. Quelles sont les addictions auxquelles sont exposés nos adolescents ? Peu d’adolescents consultent pour « addiction » (tabac, alcool, cannabis) si ce n’est les parents qui s’inquiètent « d’une addiction aux écrans ». Globalement, les consommations restent faibles et n’engendrent pas de désocialisation. En revanche, nous constatons une précocité toujours plus grande dans la consommation de cannabis. Quant aux écrans, il s’agit plus souvent d’une consommation abusive, couvrant des tableaux post-traumatiques, une dépression ou de l’anxiété. Comment les adolescents abordent-ils la question du sexe ? Globalement, l’âge moyen de la première relation sexuelle reste vers 17,5 ans. Mais avant le sexe, il y a la quête amoureuse. Et là, je constate de plus en plus un phénomène de « consommation » instantanée du type « Je prends, je jette ». Un dernier mot ? Oui, pour dire que globalement nos ados vont bien ! Ils sont à l’âge où ils prennent conscience des choses et je peux vous dire qu’ils sont beaucoup moins pessimistes que les adultes ! *SEPIA  : Suicide Ecoute Prévention Intervention auprès des Ados LA MAISON DES ADOLESCENTS, LIEU DE VIE ET D’ÉCHANGES Placée sous la direction d’Emmanuelle Zemb, la Maison des adolescents (MDA) a été cofondée en 2009 par le Département du Haut-Rhin et le Centre Hospitalier de Rouffach. Son objectif  : accompagner les adolescents souffrant En alsacien Ùf Elsassisch d’un certain mal-être, des petits maux jusqu’à la détection de certaines pathologies liées à la santé mentale. Cet accompagnement dure en général 6 mois, avec un suivi individuel personnalisé par les professionnels de la MDA et des ateliers originaux à visée thérapeutique  : arts du cirque, cuisine, théâtre, gestion de l’anxiété… En 2016, 1900 jeunes et 2200 parents ont été reçus dans les antennes de Mulhouse, Sainte- Marie-aux-Mines et Colmar. MDA68 Maison des adolescents du Haut-Rhin Maison des adolescents du Haut-Rhin 12-25, un lieu pour vous Accueil individuel, gratuit et confidentiel 8 rue des pins à Mulhouse Ouvert lundi de 13h30 à 18h du mardi au vendredi de 9h à 12h et de 13h30 à 18h, jusqu’à 19h le mercredi Consultations le mercredi à Colmar et à Sainte-Marie-aux-Mines sur rendez-vous. mail  : resoado@mda68.fr 03 89 32 01 15 www.haut-rhin.fr 60 février 2018 11



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