[68] Haut-Rhin magazine n°43 jun à sep 2013
[68] Haut-Rhin magazine n°43 jun à sep 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°43 de jun à sep 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Haut-Rhin

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 7,2 Mo

  • Dans ce numéro : la chimie, une vocation haut-fhinoise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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nos priorités Haut-Rhin magazine Haute-Alsace 4 Charles Buttner tire les enseignements du référendum et réaffirme les priorités du Conseil Général : l’emploi couplé aux solidarités sociales et territoriales. Pour l’avenir, le Président du Conseil Général, revendique plus que jamais l’ouverture du Département sur l’espace trinational rhénan : « C’est ici que doit vibrer l’âme et battre le cœur des Haut-Rhinois ! " L'emploi et la solidarité restent nos priorités Monsieur Buttner, deux mois après le référendum, quel regard portezvous sur le vote ? Avec 108 de mes collègues conseillers généraux et régionaux sur 122, nous avons souhaité demander aux Alsaciens leur avis sur une proposition ainsi rédigée par l’Etat : êtes-vous pour ou contre la fusion des trois collectivités ? En cela le référendum était un temps responsable et démocratique. Nous avons demandé au peuple de choisir. La réponse des Alsaciens a été claire : ils n’ont adhéré ni au principe, ni à l’idée de fusion : seuls 35% des électeurs dans le Bas-Rhin et 37% des électeurs dans le Haut-Rhin sont allés voter. Et seuls 22,90% des électeurs dans le Bas-Rhin et 15,97% des électeurs dans le Haut- Rhin ont dit oui, malgré tout notre engagement dans la campagne. Avec le recul, comment expliquezvous ces résultats ? Ce recul était nécessaire pour bien analyser le vote. Au soir du 7 avril, on a évoqué le contexte politique national, le contexte de crise, l’affaire Cahuzac pour expliquer ce résultat… Cela a peut-être joué à la marge mais les raisons fondamentales sont bien différentes. La méthode de la fusion, encadrée par la loi, était incontestablement trop institutionnelle, trop technocratique, trop administrative, trop restrictive. Au final, cela n’a pas permis d’assurer naturellement la participation du plus grand nombre des Alsaciens et de susciter leur adhésion. Vous voulez dire que c’était trop éloigné des préoccupations des Alsaciens ? La fusion des trois collectivités n’a pas suffisamment parlé à l’âme et au cœur de nos concitoyens. Elle ne répondait pas assez clairement à leurs attentes, ni au pourquoi, ni au comment. Les citoyens n’y ont pas trouvé les réponses aux difficultés engendrées par une crise sans précédent. Ils n’y ont pas trouvé la « flamme ». Au contraire, elle a généré des peurs. Le projet aurait dû mettre encore plus en avant la place des habitants, leur besoin de proximité et d’authenticité. L’histoire et la géographie du Haut-Rhin sont faites d’une pluralité équilibrée de villes et de territoires ruraux. L’attachement, les liens sentimentaux à ces diverses identités, la crainte d’une centralisation ont pesé dans le vote haut-rhinois. Avez-vous perçu cette question des identités et ressenti cette crainte de la centralisation au cours de la campagne ? J’en avais la conviction, et celle-ci n’a fait que se renforcer au fil des mois. Les Haut-Rhinois que je rencontrais me disaient : « ne nous laissez pas tomber ! » Je me suis d’ailleurs exprimé à ce sujet et on me l’a reproché. Le risque de chèque en blanc fait au Gouvernement, les mots « fusion », « conseil unique », « économies », « simplification » ont fait émerger, dans les têtes des électeurs, des craintes de « centralisation » des pouvoirs à Strasbourg, de « disparition » du département, de « pensée unique ». On a pu constater d’une manière très nette dans le Haut- Rhin mais aussi d’une manière très homogène dans le Bas-Rhin, que plus l’électeur vivait loin de Strasbourg, plus il a voté non. Certains commentateurs et responsables politiques régionaux ont parlé de « distorsion territoriale régionale » pour expliquer le sentiment qu’ont nos concitoyens d’être traités différemment dans les territoires éloignés des centres de décision régionaux.
Quels enseignements en tirez-vous ? Je crois pouvoir dire que les Haut-Rhinois ont confirmé leur attachement au Conseil Général et au Département. Il est réel. Il est ancré dans les mémoires. Le Haut-Rhin est la représentation contemporaine de la Haute-Alsace qui est une réalité historique, culturelle et géographique. Les Haut-Rhinois sont bien des Alsaciens et même des Alsaciens « à haute dose » ! Le référendum a ainsi montré à tous les décideurs, les observateurs, les commentateurs, une réalité qui n’a pas toujours été perçue : l’Alsace est unie mais pas uniforme. Il y a une Alsace des métropoles, des villes, des villages, de la plaine du Rhin, des vallées, un Sundgau et S’Krumme Elsass, une Haute Alsace… Cette réalité révélée par le référendum n’a pas toujours été perçue par tous. Pour cela, il est totalement improbe de désigner aujourd’hui des coupables. A titre personnel, comment avez-vous vécu cette période ? Le oui est arrivé en tête dans mon canton, réalisant l’un des scores les plus importants du Haut-Rhin. Les habitants me connaissent de longue date. A de nombreuses reprises ces dernières années, j'ai échangé avec eux sur les grands enjeux de la démarche. J'ai mis en avant, expliqué les objectifs initiaux, fondamentaux, inscrits dans le projet : le développement économique, l'ouverture sur l'espace tri national, le maintien de la proximité avec les habitants, le respect des identités, la solidarité et l'équilibre entre les territoires… Les habitants de mon canton ont entendu et compris mon soutien. Ils ont fait le pari de surmonter les réticences quant à la méthode de la fusion pour laquelle j'ai été amené à exprimer des réserves. Fort de mes ressentis et de ce lien avec les habitants, j'ai toujours fait en sorte de ne jamais diviser les pour et les contre. Le référendum sur la méthode de la fusion n'était qu'une étape dans le processus de reconquête économique. Ni porte du Paradis, ni porte de l'enfer, il aura notamment mis à jour l'ADN des Alsaciens. Savoir qui nous sommes est essentiel pour savoir où aller. De quelle manière les trois collectivités alsaciennes vont-elles pouvoir coopérer désormais ? C'est clair, net : la fusion ne se fera pas, ni aujourd’hui, ni demain. Mais les objectifs initiaux, ceux pour lesquels je m’étais engagé dans la démarche, sont toujours et plus que Haut-Rhin magazine N°43 - Juin 2013 « Deux défis s’imposent à nous : la reconquête économique et le maintien de la cohésion sociale et territoriale « 5



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