[68] Haut-Rhin magazine n°43 jun à sep 2013
[68] Haut-Rhin magazine n°43 jun à sep 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°43 de jun à sep 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Haut-Rhin

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 7,2 Mo

  • Dans ce numéro : la chimie, une vocation haut-fhinoise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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territoires Haut-Rhin magazine Haute-Alsace 38 Photo CNRS P.NOYREZ Alsace Alchimie Ecole chimie Forêt vosgienne en automne ? Non, cristaux organiques utilisés dans l'étude des interactions polymères-petites molécules. cap. Engoncé dans un cadre conceptuel extrêmement rigide hérité de la pensée d’Aristote et de son approche simpliste, mais longtemps très populaire, de la matière, l’alchimie est avant tout une discipline spéculative, mêlant « science » etésotérisme. Il faudra attendre son net déclin vers le milieu du 17 e siècle pour qu’enfin puisse être jeté les bases scientifiques de la chimie, une discipline qui se donne pour ambition d’étudier la constitution de la matière, de ses propriétés et de ses transformations. C’est très progressivement que la chimie va devenir une discipline autonome et indépendante. Ainsi est-elle d’abord l’affaire des médecins, puis celle des pharmaciens, ensuite des physicienschimistes pour enfin devenir celle des seuls chimistes. La chimie est alsacienne ! Parmi les grands talents de la chimie française du 19 e siècle figure nombre d’Alsaciens. Même si la plupart ont effectué une partie conséquente, voire l’essentiel de leur carrière à Paris, leur combat pour imposer la théorie atomique et ainsi consolider les fondements de la chimie moderne, a été décisif. Charles Gerhardt, Charles Lauth, Charles Adolphe Wurtz, Charles Friedel, Joseph Achille Le Bel, Albin Haller… sont quelques-unes de ces figures du « réseau alsacien » comme on l’appela. Si l’Alsace a « exporté » de grands savants, l’université de Strasbourg en retour a attiré quelques éminents chimistes dont le plus illustre sans conteste fut Louis Pasteur qui y enseigna entre 1848 et 1854. La disparition de l’université française en 1871 après l’annexion de la France à l’Allemagne n’aura pas que des effets négatifs. La « Nation victorieuse » face à l’ennemi vaincu dotera en effet Strasbourg d’une grandiose université où se succéderont de prestigieux chimistes allemands, lauréats ou futurs lauréats du Prix Nobel. A des degrés et avec des succès divers, cette politique de « l’université vitrine » sera désormais pratiquée après chaque changement d’appartenance de l’Alsace. Nul doute qu’elle aura contribué à l’excellence de la chimie alsacienne. La naissance de l’industrie chimique Ce que l’on dénomme habituellement chimie recouvre à la fois une science mais aussi tout un ensemble d’activités industrielles. En Alsace, recherche et industrie chimique ont toujours entretenu de riches et fécondes relations Ce développement s'est fait autour de trois axes majeurs : l L’industrie textile qui a suscité le développement de la chimie des colorants, presque exclusivement dans le Haut-Rhin. Sigolsheim l Les ressources minières. Lignites et pétrole sont à l’origine dans le Bas-Rhin de la fabrication de produits pharmaceutiques, d’huiles, de graisses et de bitume. Quant au fabuleux gisement de chlorure de potassium du sous-sol de la région mulhousienne, il est à l’origine de la production d’engrais minéraux mais aussi de brome, une matière première très demandée par l’industrie pharmaceutique. De grandes entreprises haut rhinoises telles Rhodia où PPC sont les héritières directes de ces piliers de l'industrie chimique alsacienne. l L’industrie pharmaceutique enfin, dont le développement est plus récent. Longtemps marginal à l’exception de quelques drogueries industrielles à Strasbourg, son développement est important dans la deuxième moitié du 20 e siècle dans la région des Trois Frontières par expansion sur le sol alsacien des firmes bâloises.
Ci-dessus, le site historique de Thann, plus vieux site chimique de France et berceau de la production de l'acide sulfurique, le "vitriol" alsacien utilisé pour le nettoyage du coton, est aujourd'hui occupé par deux entreprises, Potasse et Produits Chimiques (PPC) et Millennium, deuxième producteur mondial de dioxyde de titane. L’excellence mulhousienne C’est le 1er mars 1822 que la municipalité de Mulhouse, à la demande des industriels de la ville, pionniers de l’impression sur étoffes, crée le « premier cours de chimie appliquée aux arts » doublé d’un laboratoire d’enseignement et plus tard de recherche. L’ensemble donne naissance à la première école de chimie de France. Son objectif premier est de former des spécialistes de la chimie des colorants pour l’industrie textile de la ville, mais rapidement sa notoriété grandit, devient mondiale au cours de la période 1871-1914, malgré la défiance des autorités allemandes envers la société industrielle de Mulhouse jugée trop francophile. De grands noms de chimistes à la pointe de la recherche appliquée marqueront l’école : Daniel Koechlin, Paul Schutzenberger, Emilio Noelting. Bâle qui rit, Mulhouse qui pleure Distante d’à peine 40 km, entretenant des relations fortes symbolisées par un aéroport commun, Mulhouse et Bâle auront connu des destins très divers. Acteur majeur de la révolution industrielle du 18 e siècle, Mulhouse a développé un modèle économique unique associant textile et chimie que trois conflits vont totalement rendre exsangue. Plus récent, le modèle bâlois fait bien davantage que de s’inspirer de sa voisine alsacienne. La puissante chimie de la grande cité rhénane doit tout, à ses débuts du moins, aux savoirs mulhousiens en matière de colorants, qui à leur tour vont faire la fortune de la ville. Siège de grandes multinationales de la chimie et de la pharmacie, Bâle est aujourd’hui une place incontournable au cœur de Biovalley qui, de Constance à Karlsruhe, est devenu un pôle de compétitivité à vocation mondiale dans le domaine des biotechnologies et de la santé. Mulhouse est malheureusement resté à l’écart de cet élan. Un paradoxe si l’on sait la qualité de la recherche alsacienne dans le domaine de la chimie et des biotechnologies, assurément l’une des toutes premières au monde. Mulhouse et la Haute-Alsace ont besoin d’une nouvelle révolution industrielle. Des hommes et des femmes de grand talent y travaillent. Haut-Rhin magazine N°43 - Juin 2013 Le centre de recherche de Du Pont de Nemours, spécialiste de la protection des cultures, à Nambsheim Tissu imprimé des manufactures de Wesserling ? Non, particules de silice décorées par des latex de polystyrène. Photo CNRS Adeline PERRO 39



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