[68] Haut-Rhin magazine n°42 jan à mai 2013
[68] Haut-Rhin magazine n°42 jan à mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°42 de jan à mai 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Haut-Rhin

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 3,8 Mo

  • Dans ce numéro : à la découverte de notre patrimoine arboré... des arbres au coeur de nos vies.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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territoires Haut-Rhin magazine Haute-Alsace 38 Le grand saut Le 28 février 1904, se déroule au Markstein le premier concours de ski du Massif Vosgien. Le berceau du ski de compétition L’acte de naissance du ski se trouve incontestablement en terre scandinave. Mais n’en déplaise à tous les esprits chagrins qui réduisent quelque peu trivialement les Vosges à une modeste montagne à vache, notre massif est bel et bien l’un des berceaux français du ski de compétition. C’est en 1896, alors que l’Alsace est encore prussienne qu’est créé le premier ski club « français », le Ski Club Vosgesen à Strasbourg, la même année il est vrai que le Ski Club des Alpes à Grenoble. C’est dans les Vosges encore que sont organisées les toutes premières compétitions : courses de descente, courses de fond et même épreuves de saut. Les pionniers Le goût pour la montagne est une invention récente. C’est à partir du 19 e siècle que géologues, botanistes, médecins… vont aller explorer les Hautes Vosges. Jusque là, la montagne était considérée comme un milieu hostile, réservée aux rudes paysans et bûcherons. Grâce aux travaux et publications des premiers naturalistes partis à la conquête des hauts, grâce aux écrits des poètes et des journalistes également, la montagne, forme jusque là inquiétante du paysage avec ses abrupts rocheux et ses gorges, deviendra à la mode. Tout comme la montagne n’a pas été « inventée » par ses habitants, le développement du ski sera très majoritairement le fait de sportifs citadins, accueillis d’ailleurs avec étonnement sinon méfiance par les populations locales. Lisette Haus, fille de Charles Haus, président fondateur des Vosges-Trotters Strasbourg raconte : « Mon père avait fait ses débuts à ski un dimanche à Wesserling. Il s’est promené dans les prés autour du village avec ses skis aux pieds. Le garde-champêtre est venu l’observer de plus près, l’air inquiet. Puis, il est allé chercher le maire et lui a dit : Monsieur le Maire, j’ai rencontré un homme bizarre qui se promène avec des planches aux pieds. Il n’a pas l’air dangereux, mais qu’est-ce que je dois faire ? ». Et Grégoire Gauchet qui rapporte l’anecdote dans son ouvrage « Un siècle de ski dans les Vosges » (éditions de La Nuée Bleue, édition de l’Est) de conclure : « Heureusement pour notre skieur, le maire avait vaguement entendu parler de ski et il n’a pas rédigé d’arrêté municipal d’internement ». Petites pentes, grands champions Si les Vosges n’ont ni la prétention, ni l’ambition de faire jeu égal avec les Alpes, l’Alsace n’en a pas moins donné au ski de grands champions et des hommes qui, ni plus ni moins, ont Sigolsheim révolutionné la discipline. René Becker, champion de France, est sélectionné pour les jeux olympiques de Garmisch- Partenkirchen en 1936. Jean-Claude Killy, sextuple champion du monde et triple champion olympique est originaire d’une famille d’entrepreneurs établie à Sélestat. Moins connue que ce dernier, Charles Diebold, est un pionnier et un visionnaire. Il découvre le ski sur le front russe dans l’armée allemande lors de la première guerre mondiale. La paix revenue et l’Alsace à nouveau dans le giron français, Diebold skie beaucoup au Lac Blanc, va se perfectionner en Autriche auprès de l’idole de toute une génération, Hannes Schneider, introduit sa méthode dans les Vosges, et crée la première école de ski en France. L’enneigement aléatoire des Vosges va rapidement inciter Diebold à partir à la recherche de sites propices dans les Alpes. Les cours de ski vosgiens
sont rebaptisés Ecole Française de Ski qui rapidement devient une référence nationale. Avec le Mulhousien André Herrmann, il invente « le chamois de France » qui récompense le meilleur skieur. Mais surtout André Diebold sera à l’origine de la fondation d’un mythe, aujourd’hui encore la plus alsacienne des stations des Alpes : Val d’Isère. D’un Z qui veut dire Zinglé Je vous parle d’un temps que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître. La petite fabrique artisanale de ski Zinglé de Stosswihr ferma en effet ses portes au début des années 70, après avoir vaillamment résisté aux grandes marques alpines. C’est Martin Zinglé, charron de Lautenbach métier, qui lance l’entreprise vers 1910. Les premiers skis qu’il fabrique sont en bois massif. En frêne tout d’abord, un bois souple et résistant, puis en hikory, un noyer d’Amérique. Après guerre, le ski en contre plaqué lamellé-collé, technique qui permet l’élaboration de skis plus souples et plus nerveux, viendra détrôner le bois. Avec le développement des matériaux de synthèse, les innovations s’enchaîneront à un rythme soutenu auquel la petite maison familiale pendant de longues années répondra. Un dimanche à la montagne Voilà près de 20 ans que Jean n’est plus de ce monde, mais il aimait la raconter cette histoire, celle d’avant la démocratisation de la voiture et des téléskis. « De mon temps, le premier sport que pratiquait un skieur était la marche à pied ! Nous prenions le train de Colmar jusqu’à Metzeral. Puis nous montions à pied, skis sur l’épaule, jusqu’au Schnepfenried où nous arrivions entre 10 et 11 heures. Puis il fallait monter les pistes. Les plus sportifs arrivaient à faire 3 descentes dans la journée. Vers 16 heures, il fallait redescendre à Metzeral. A pied le plus souvent ! " Le temps des remontées La Schlucht est la première station vosgienne à être équipée d’un tire-fesse en 1937. L’élan de la mécanisation est donné, brutalement interrompu par la guerre. Après le conflit, l’équipement des stations rapidement reprend et s’intensifie, modifiant en profondeur l’aspect de nos montagnes mais surtout la pratique du ski. Fini le temps des pionniers, voici venu celui de la démocratisation des plaisirs de la montagne. Le Markstein inaugure son premier téléski en 1947. Deux années plus tard, c’est au tour du Grand Ballon de construire le sien à partir d’éléments de l’ancien tramway de la Ville de Mulhouse. Haut-Rhin magazine N°42 - Janvier 2013 Né les skis aux pieds ! Jean-Claude Killy avait encore le pas hésitant lorsqu’André Schubnel gagna sa première descente au Schnepfenried. Lorsqu’on est natif de la vallée de Munster, on naît forcément les skis aux pieds, enfin si l’on peut dire car les premiers « skis » d’André ressemblaient davantage à des douves de barriques bordelaises ! Ses premières véritables lattes, il les aura à 12 ans. En 1953, André Schubnel décroche son diplôme de moniteur national. Maçon en été, les leçons de ski seront son gagne pain en hiver. André Schubnel comptera parmi ses élèves un jeune homme particulièrement doué, futur champion du monde universitaire et membre de l’équipe de France de ski, Bob Wolleck, qui plus tard optera pour le sport automobile où il excellera également. 1949 : l’équipe de Stosswihr vainqueur de la descente du Tanet. De gauche à droite : Alfred Roess, Albert Zinglé et André Schubnel 39



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