[68] Haut-Rhin magazine n°41 oct/nov/déc 2012
[68] Haut-Rhin magazine n°41 oct/nov/déc 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°41 de oct/nov/déc 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Haut-Rhin

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 7,4 Mo

  • Dans ce numéro : pour l'épanouissement des jeunes Haut-Rhinois.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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territoires Haut-Rhin magazine Haute-Alsace 38 Valdieu-Lutran Magny 1 km Wolfersdorf Retzwiller Manspach Territoire de BELFORT Altenach Saint-Ulrich Dannemarie Strueth Hindlingen SUISSE Gommersdorf Fulleren Mertzen La Largue Friesen Ueberstrass Seppois-le-Haut Pfetterhouse Seppois-le-Bas Le Dorfbach « Les étangs sont toujours aménagés de manière à permettre de les vider entièrement à l’automne afin de récupérer leurs poissons. Le système de vidange était constitué pendant des siècles par un énorme tronc de chêne, parfois de pin, évidé sur les neuf dixièmes de sa longueur pour former un tuyau fermé à l’une de ses extrémités. On l’appelait le Chumpftrog. A quelques dizaines de centimètres de l’extrémité fermée, on creusait un trou circulaire dans le flanc du tronc : le Chumpfloch, que l’on appelle « bonde »... La fermeture ou l’ouverture de cet orifice se faisait et se fait encore, en levant (zucka) ou en baissant (stecka) un bouchon en bois de chêne nommé Chumpf, fixé au bout d’une barre de fer filetée prise dans un portique de bois ou de fer. Ce bouchon s’appelle également « bonde » en français ! Une cage en fer qui surmonte la bonde empêche le poisson de s’esquiver, le jour de la grande pêche automnale. » André DUBAIL Carspach Largitzen Bisel Courtavon Levoncourt Mooslargue Le Grumba ch Hirsingue Durlinsdorf Liebsdorf Moernach Oberlarg Winkel Lucelle Aspach Le L argitzenbach Altkirch Source de la Largue HAUT-RHIN Waldighoffen Koestlach Vieux-Ferrette Ferrette Werentzhouse 200 pièces d’eau, se concentrent en effet ici. Malgré leur grand nombre, l’histoire des étangs du Sundgau reste néanmoins très mal connue. Une hypothèse fréquemment évoquée et systématiquement reprise dans les rares et laconiques études consacrées au sujet date leur création du 12 e siècle et en attribue la paternité aux moines cisterciens de l’abbaye de Lucelle. Les étangs auraient été creusés pour y élever des carpes en remplacement de la viande Kiffis Photo : Daniel Dietmannen période de carême. Et les jours maigres étaient nombreux au Moyen- Age, 166 par an ! Hypothèse séduisante, mais peu plausible, les massifs peuplés d’étangs n’ayant en effet jamais été des propriétés monastiques. Alors fautil comme certains attribuer la création des étangs aux Romains ? Leur rôle a certes été décisif dans la diffusion de la carpe en Europe, mais principalement dans un but d’agrément et non d’élevage piscicole. De plus, comme le rappelle Antoine Waechter dans son étude sur les étangs du Sundgau, « tous les étangs historiques sont forestiers, un milieu dans lequel les Romains ne pénétraient guère. » D’habiles hydrauliciens Les cisterciens de l’abbaye de Lucelle sont-ils vraiment à l’origine de la création des premiers étangs du Sundgau ? Rien n’est moins sûr. Que les moines aient été d’habiles hydrauliciens par contre ne fait aucun doute. Ce sont eux en effet qui les premiers équipèrent les étangs d’un système de vidange portant actuellement encore le nom de « Mönch » (moine). La vidange d’un étang n’est pas un acte anodin. Mal conduite, elle peut bouleverser l’équilibre physico-chimique du milieu récepteur, entre autres en provoquant le départ massif de matières en suspension, ou alors en Sigolsheim étant responsable d’une augmentation rapide de la température du cours d’eau. Système extrêmement simple et astucieux, basé sur l’ajout ou le retrait de planches ou de grilles, le moine permet, contrairement aux autres types d’ouvrages, de vidanger un étang en douceur et d’évacuer en priorité les eaux du fond, celles qui sont les plus froides et dont l’impact sur le milieu naturel est le moindre. Des hypothèses mais peu de certitudes Dans le Haut-Sundgau étangs et carpes sont indissociables. Très paradoxalement pourtant, alors que la pisciculture tient dans la région une si grande place, les archives relatives au sujet sont extrêmement rares et il est impossible de dater avec précision l’origine de la carpiculture. Une certitude, les poissons n’apparaissent que de manière
Lautenbach Lautenbach fortuite dans l’alimentation paysanne et pendant tout le Moyen-Age ils sont destinés à la table de la noblesse et du clergé. « Il serait tentant, écrit Antoine Waechter, d’attribuer à la confrérie de Saint-Jean de Jérusalem (ordre de Malte) l’introduction de la carpe dans le Sundgau. Cet ordre militaire et hospitalier, dont les ramifications s’étendaient jusqu’au Moyen-Orient, était bien placé pour importer une technique de pisciculture apprise dans ces régions lointaines. Friesen est le centre de la région des étangs, ce qui donne à cette hypothèse un supplément de crédibilité. Mais il ne s’agit là que d’une hypothèse ». On peut avancer plus sûrement qu’à partir des 14 e -15 e siècles l’élevage de la carpe devient le fait de l’aristocratie terrienne « vraisemblablement pour mettre en valeur des parties de forêts jugées peu productives ». Mais c’est surtout aux 18 e et 19 e siècles que les étangs vont se multiplier sous l’influence des Lumières et de ses agronomes, promoteurs de nouvelles techniques agricoles et piscicoles. C’est à partir de cette période que les étangs sundgauviens sont régulièrement asséchés le temps d’y produire une récolte d’avoine. Une pratique totalement abandonnée aujourd’hui. Ultime refuge Très belle plante aquatique flottante, la châtaigne d’eau (Trapa natans) trouve Photos : Daniel DietmannSigolsheim dans quelques étangs du Sundgau son ultime refuge haut-rhinois. Tout est original chez cette plante autrefois extrêmement abondante mais aujourd’hui menacée dans la quasi-totalité de son aire de répartition naturelle. Les pétioles de ses feuilles flottantes sont renflées en leur milieu et se gonflent d’air après la floraison afin de remplir leur fonction de flotteur pour la rosette et le fruit relativement lourd. Le fruit, sorte de noix globuleuse et osseuse, est de forme tétraédrique et porte généralement quatre dents ou cornes extrêmement acérées. Des fouilles archéologiques dans le sud de l’Allemagne ont mis à jour d’importants restes de fruits de châtaigne d’eau qui prouvent que la consommation de cette graine, très riche en amidon, était répandue dès le néolithique. Les plus anciens se souviennent encore de ce fruit que l’on trouvait sur les marchés sundgauviens jusque dans les années de l’immédiat après-guerre. Une nouvelle génération d’étangs A partir de la deuxième moitié du 20 e siècle, une nouvelle génération d’étangs va se multiplier, non plus destinés à l’élevage de carpe mais à finalité récréative. Ces nouveaux plans d’eau se distinguent généralement des plus anciens par leur petite taille, leur forme géométrique et leur localisation hors milieu forestier. Leurs détracteurs les plus virulents les qualifient quelque peu Haut-Rhin magazine N°41 - octobre 2012 Un poisson, 25 recettes Très tôt la réputation du Sundgau, pays de traditions poissonnières, a dépassé le cadre de ses frontières. Dans un des premiers livres de cuisine alsacienne, le Kochbuch de l’abbé Buchinger de l’abbaye de Lucelle (1674) figure 150 recettes de poissons dont 25 recettes de carpes. La carpe était accommodée de multiples façons : bouillie ou grillée et accompagnée de sauces chaudes ou froides très épicées, en gelée, au bleu, farcie ou tout simplement frite. Créée en 1975, la route de la carpe frite fonde sa légitimité sur une pratique culinaire très ancienne. Comme l’écrit Charles Gérard dans sa savoureuse « Ancienne Alsace à table » : « Parmi les divers modes d’accommodage du poisson a toujours régné la friture, formule antique et simple, découverte le jour même où l’Homme, le poisson, l’huile se sont trouvés réunis pour la première fois. De pareils procédés n’ont d’autres dates que le commencement de la société elle-même ». Photo : Daniel Dietmann39



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