[68] Haut-Rhin magazine n°39 avr/mai/jun 2012
[68] Haut-Rhin magazine n°39 avr/mai/jun 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°39 de avr/mai/jun 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Haut-Rhin

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 4,4 Mo

  • Dans ce numéro : être parent, pas si facile !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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38 C’est avec la mise en service d’un silo à céréales de 10 000 tonnes en août 1960 que le port rhénan de Colmar-Neuf-Brisach démarre son activité. Rapidement le site devient une infrastructure de tout premier plan pour le territoire centre alsacien. Le port entretient des liaisons fluviales avec tous ses grands homologues suisses et allemands ainsi qu’avec les grands ports maritimes belges et hollandais. Sa force, le port la puise dans son équipement plurimodal. « En assoterritoires Les silos à céréales du port de Neuf-Brisach offrent une capacité de stockage de 40 000 tonnes. Ils sont certifiés selon les normes les plus strictes, car le stockage de céréales, du fait des risques de fermentation, présente des dangers d’explosion Depuis avril 2011, l’équipement phare du port de Colmar-Neuf-Brisach et sa nouvelle grue Liebherr d’une capacité de 80 tonnes acquise entre autres grâce au concours financier du Département du Haut-Rhin. Le chantier du siècle A la fin du premier conflit mondial, la géopolitique de l’espace rhénan est profondément bouleversée. La France victorieuse a en effet obtenu du traité de Versailles l’usage exclusif du Rhin à des fins hydroélectriques et le droit de construire un canal latéral au fleuve. Le projet Koechlin qui envisageait dès 1893 l’utilisation de la force du Rhin pour la production d’énergie électrique, pourra enfin voir le jour. Les travaux débutent en 1828 par l’édification d’un premier barrage situé à Kembs mais seront exécutés pour l’essentiel dans la période 1950-1975 selon un schéma qui a progressivement été modifié. Dans le Haut-Rhin est réalisé un canal unique allant des portes de Bâle à Neuf-Brisach, alors que plus en aval ce sont des dérivations successives qui tronçonnent le canal d’Alsace en autant de biefs assurant entre chacun d’eux un retour des eaux au fleuve. L’une des conséquences de l’aménagement du Rhin au 19 e siècle a été le surcreusement de son lit et l’émergence de la barre rocheuse d’Istein rendant impossible la remontée des bateaux sur la partie supérieure de son cours. Voici donc le Rhin à nouveau accessible, presque sans courant, jusqu’à Bâle, et pourvu de dix centrales hydroélectriques. 300 millions de tonnes Du grand canal d’Alsace, il a été longtemps été dit qu’il était le plus beau cadeau fait à la Suisse et à Bâle. De fait, le port de Bâle a été le grand bénéficiaire du canal, celui-ci permettant la remontée en toute saison de bateaux jusqu’à la frontière suisse. Or le port de la grande cité rhénane est l’unique accès de la Suisse à la mer pour le transport de marchandises. On comprend dès lors sa place parmi les cinq premiers ports fluviaux européens. De ce dynamisme, la Haute Alsace a profité par ricochet. Car Bâle, à l’étroit dans ses murs, s’étend et se développe au-delà de ses frontières. Mais le Haut-Rhin va connaître à partir du début des années 1960 un développement qui ne doit rien à sa riche voisine. Une politique d’industrialisation nouvelle voit alors le jour. Les industries chimiques, en particulier, se développent. Et à ces branches nouvelles correspondent des localisations nouvelles, essentiellement le long des berges du grand canal. Grâce à l’initiative des chambres de commerce de Mulhouse et de Colmar, des collectivités locales également, deux ports rhénans se développent : celui de Colmar-Neuf- Brisach et celui de Mulhouse. La Haute Alsace va enfin pouvoir se connecter au fleuve le plus navigué du monde qui, avec 300 millions de tonnes de marchandises transportées chaque année, est aujourd’hui l’artère vitale de l’économie occidentale. Small is beautiful Sigolsheim
ciant les transports fluviaux routiers et ferroviaires, toutes les combinaisons logistiques sont possibles » souligne Marc Lagarde, directeur d’exploitation. Avec ses 1,5 millions de tonnes de trafic, le port de Colmar-Neuf-Brisach fait figure de petit poucet comparé à son voisin mulhousien qui affiche un tonnage de 8 millions de tonnes. Dans sa petite taille pourtant réside l’un de ses plus sûrs atouts. En matière d’équipement, le port n’a rien à envier à ses grands homologues : un quai de 800 mètres, un pont portique de 40 tonnes, une grue de 80 tonnes, d’importantes capacités de stockage, 20 km de voies ferrées sur lesquelles bon nombre d’entreprises locales sont embranchées, des entrepôts… Sa dimension réduite par contre lui permet de proposer des services (préparation de commandes, reconditionnement de colis…) que des ports de taille plus importante ne peuvent plus offrir. Tous pour un Ports de Mulhouse Rhin est une appellation qui regroupe trois sites portuaires : Ottmarsheim, Huningue, Ile Napoléon. Trois sites qui ont chacun leur identité propre, leur spécificité, mais qui tous ont une vocation unique : assurer la fluidité du transbordement des marchandises transportées par voie fluviale vers d’autres modes de transport. Créés en 1960 par la Chambre de Commerce et d’Industrie Sud Alsace-Mulhouse, les ports de Mulhouse Rhin ont, depuis plus d’un demi-siècle, joué un rôle moteur dans le développement économique de la région, décidant bon nombre d’entreprises à venir s’installer le long de la bande rhénane ou dans le sud du département afin de bénéficier de cet atout concurrentiel déterminant. Que ce soit pour le transport de marchandises en vrac, en conteneurs ou en convois exceptionnels, les ports de Mulhouse Rhin offrent à leurs clients tous les services d’une plateforme plurimodale. Dessertes fluviales avec accès direct au Rhin, ferroviaires et routières, manutention, entreposage, présence de nombreux professionnels de la logistique, équipement à la pointe de la modernité. Avec un trafic fluvial de 4,5 millions de tonnes en 1911- en baisse sensible par rapport à 2010 pour cause de niveau des eaux historiquement bas et d’un accident majeur qui a fortement ralenti le trafic fluvial en 2011- auquel il faut ajouter un trafic ferroviaire de près de 1 millions de tonnes et un trafic routier de 2,6 millions de tonnes, soit au total un peu plus de 8 millions de tonnes, les ports de Mulhouse Rhin occupent le troisième rang parmi les ports fluviaux français derrière Paris (1 er) et Strasbourg (2 e). D’ambitieux projets de développement pourraient faire gravir aux ports de Mulhouse Rhin l’une ou l’autre marche sur le podium national. A moins qu’ils ne changent purement et simplement de catégorie ! La voie fluviale au cœur du développement durable La voie d’eau apparaît chaque jour davantage comme une solution d’avenir. Elle est plébiscitée par les professionnels pour ses performances tant économiques qu’environnementales. Ainsi un convoi fluvial de 5 000 tonnes transporte autant de marchandises que cinq trains complets ou 250 camions. Par ailleurs, la voie d’eau est près de quatre fois moins énergivore par tonne transportée que la route. Les émissions de CO2 sont, elles aussi, divisées par quatre. Ne subissant ni les embouteillages ni les problèmes de saturation du rail, le transport fluvial permet de garantir les délais de livraison. Enfin, les accidents étant très rares, ce mode de transport est particulièrement adapté aux convois exceptionnels et aux matières Haut-Rhin magazine N°39- mai 2012 Constellium, ex Alcan et Rhenalu, leader européen sur le marché de la boîte-boisson est le principal client du port rhénan de Colmar- Neuf-Brisach. Avec 700 000 tonnes d’aluminium sous forme de plaques et de lingots, essentiellement en provenance de Russie, l’entreprise, à elle seule, assure 43% du trafic portuaire. Un bateau chargé d’acier russe destiné à l’usine Peugeot de Mulhouse. Transporté par navire de mer, depuis Kaliningrad jusqu’à Anvers, l’acier est transbordé sur des péniches fluviales. La capacité de chargement de ces péniches est équivalente à 120 camions. Dans la cabine de pilotage du portique de 60 tonnes pour conteneurs et colis lourds à Ottmarsheim. 39



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