[68] Haut-Rhin magazine n°36 sept/oct/nov 2011
[68] Haut-Rhin magazine n°36 sept/oct/nov 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36 de sept/oct/nov 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Haut-Rhin

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 7,7 Mo

  • Dans ce numéro : priorité aux collèges... retour sur 25 ans de décentralisation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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38 territoires Alspach Le tableau est surréaliste : une vaste cour où volent au gré des bourrasques des papiers de toute taille ; d’énormes ballots de vieux papiers dans l’attente d’une seconde vie ; des chariots élévateurs qui sillonnent les lieux à vive allure. En arrière plan, l’usine, ses vastes bâtiments, ses cheminées et ses cuves où sont brassées les pâtes à papier. Au milieu de la scène, les vestiges, absolument superbes, de l’église d’Alspach. Fondé sans doute dans le premier tiers du 12 e siècle, le prieuré bénédictin d’Alspach dépendait de l’abbaye de Hirsau en Wurtemberg. Alspach - Ets Kaysersberg Packaging nouveau respire, il veut rendre grâce à la beauté du monde. Le blanc manteau d’églises dont se vêt alors l’occident est comme un printemps écrit le chroniqueur Raoul Glaber. « On eût dit que le monde lui-même se secouait pour dépouiller sa vétusté. » Un art entre ciel et terre Aux 11 e et 12 e siècles, les églises surgissent partout. Haltes pour tous les hommes qui séjournent sur la terre, ces lieux de communion avec Dieu doivent traduire l’harmonie de l’univers. A l’époque romane, le clergé apparaît comme le principal bénéficiaire des progrès économiques, sociaux et culturels et il a de l’art une idée très précise, « lui accordant tout à la fois un rôle pédagogique et une signification surnaturelle ». Architectes, maçons, imagiers… tous devront contribuer à la beauté du temple. De cette volonté est né « un véritable art sacré, le seul peutêtre qu’est jamais possédé l’occident ». Plus que tout autre style, le roman est un art cosmique dont l’épure convient tout à la fois à la prière qu’à la simple contemplation. Une fidélité à la tradition Tous les spécialistes de l’art roman le soulignent : L’Alsace est une terre de tradition et de fidélité aux savoirs architecturaux anciens. C’est souvent avec un « retard » de près d’un demisiècle que notre région a introduit dans ses réalisations des innovations et des évolutions adoptées de longue date par des provinces parfois voisines. Cette réalité paraît paradoxale pour une région qui de tout temps a été un carrefour, une terre de passage entre le nord et le sud, l’est et l’ouest. C’est que la vallée du Rhin a été une terre d’empire qui est restée fidèle aux Ottmarsheim formes architecturales héritées de l’époque carolingienne et ottonienne. Le monument le plus important de ce style architectural est l’abbatiale d’Ottmarsheim qui offre au regard des proportions parfaites. Loin d’être un handicap, cette fidélité à la tradition permettra à l’architecture du bassin rhénan de préserver son indéniable spécificité et de résister à une certaine unification des édifices religieux. L’apogée La floraison en Alsace de l’art roman se situe essentiellement dans les deux derniers tiers du 12 e siècle et se poursuit assez avant dans le 13 e siècle. Architectes et bâtisseurs prolongent Sigolsheim partiellement les traditions du siècle précédent mais, du fait de nombreuses influences extérieures, introduisent de multiples changements et innovations. Ce qui distingue plus particulièrement les églises du 12 e siècle de leurs aînées, est l’emploi quasi-systématique de la pierre de taille en remplacement des moellons, le développement des tours à la croisée du transept et en façade, avec parfois un imposant massif monumental à l’ouest abritant un porche, mais surtout l’apparition de la voûte d’ogive alors que jusqu’à présent les
églises s’accommodaient d’une couverture en charpente. Parallèlement, les portails gagnent en richesse. Les sculptures du fait des influences lombardes, mosellanes et bâloises se multiplient sur les chapiteaux et les tympans. Lautenbach Lautenbach L’éducation par l’image Le 12 e siècle est celui de l’enseignement, de l’éveil de l’intelligence et de la conscience morale. L’église tout particulièrement a entrepris avec une énergie extrême la lutte pour la réforme de ses membres. A cette « édification des mœurs » la sculpture va largement contribuer. C’est ainsi que les entrées d’églises -tympans, linteaux, voussures, chapiteaux- vont accueillir de nombreuses images de gloire mais aussi de représentations lourdes de menaces. A Lautenbach, la puissance du malin est évoquée à travers des scènes d’adultère. L’éloge du vivant Le monde chrétien du 12 e siècle se dégage encore mal de l’univers « merveilleux à tonalité magique et fantastique » des temps plus anciens. Hommes, plantes, animaux, pierres… rien n’échappe au sacré dans l’univers roman. Animaux réels, mythiques ou fantastiques, pullulent ainsi dans toute la sculpture romane. Cette cosmogonie tout à la fois savante, imaginaire et poétique, est l’un des charmes de la Sigolsheim sculpture alsacienne. Sur les chapiteaux du portail de l’église de Sigolsheim, des quadrupèdes et des oiseaux s’affrontent à des centaures et des sirènesoiseaux, le tout dans le cadre d’une végétation luxuriante. Murbach Courte vallée que celle de la Lauch mais qui abrite une densité exceptionnelle d’œuvres romanes de grande envergure dont l’imposant chevet de l’ancienne abbatiale St-Léger. Les débuts de l’établissement monastique de Murbach datent de 726 mais il ne subsiste aucune source ni indication sur les premiers bâtiments. Le chantier de construction de l’abbaye actuelle débute probablement vers le second tiers du 12 e siècle. Son rayonnement et sa puissance seront considérables, Murbach possédant des biens dans plus de 300 localités, de Lucerne à Haut-Rhin magazine N°36 - septembre 2011 Marbach Sur les hauteurs d’Obermorschwihr et de Voegtlinshoffen, l’ancienne abbaye de Marbach, l’une des plus importantes d’Alsace. Peu d’édifices religieux auront subi autant d’outrages, pillages, incendies au cours des siècles. Ce qu’il en reste est finalement vendu comme bien national au moment de la Révolution et va servir de carrière aux communes environnantes. De cette abbaye fondée en 1089, il ne subsiste aujourd’hui que le narthex. Dans l’art roman, le narthex, encore appelé paradis, est un vestibule ouvert situé à l’entrée de la nef. Il était réservé aux catéchumènes et aux énergumènes (le sens premier du terme signifie « possédé par le démon ») qui n’avaient pas accès aux églises. Restauré dans les années 1980-1990, le narthex de Marbach présente une remarquable série de trois arcades du plus pur style roman. Sigolsheim 39



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