[68] Haut-Rhin magazine n°36 sept/oct/nov 2011
[68] Haut-Rhin magazine n°36 sept/oct/nov 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36 de sept/oct/nov 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Haut-Rhin

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 7,7 Mo

  • Dans ce numéro : priorité aux collèges... retour sur 25 ans de décentralisation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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28 Bien vivre ensemble Des chiffres pour le dire l Le maintien des personnes âgées dépendantes à leur domicile ou à celui de leurs familles est le vœu de 8 Français sur 10. l Parmi les Français confrontés à la dépendance d’un proche, 67% ont privilégié le maintien à domicile, grâce à une forte implication des aidants familiaux (85%). l Un rapport récent du Sénat estime en moyenne le coût mensuel de prise en charge de la dépendance à 1 500 euros à domicile contre 2 200 euros en institution. l La retraite moyenne, tous régimes confondus, est de 1 100 euros par personne. l Le Restant A Charge (RAC) moyen pour une famille avec un malade Alzheimer est d’environ 1000 euros par mois. Il peut augmenter avec le degré de dépendance jusqu’à 1 635 euros. l Le financement de la dépendance est actuellement réparti entre l’assurance maladie (39%), les départements (18%, via l’Allocation Personnalisée d’Autonomie - APA), la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (10%) et les familles (33%). Mieux connaître la maladie d’Alzheimer A l’occasion de la journée mondiale de la maladie d’Alzheimer, le 21 septembre, le Conseil Général organise du 21/09 au 10/11/2011 des réunions d’information et de sensibilisation autour de cette maladie neurodégénérative. Des conférences, des rencontres, des débats afin de mieux faire connaître la maladie d’Alzheimer aux familles directement concernées mais également à l’ensemble des Haut- Rhinois. Ces initiatives, notre collectivité en partenariat avec les associations, va les multiplier et les porter dans les territoires. Former les aidants Dans le cadre du plan Alzheimer 2008- 2012 mis en place par le Président Nicolas Sarkozy, France Alzheimer et ses associations locales, dont la mission principale est d’apporter aide et soutien aux aidants familiaux, propose un cycle de formation animé par une psychologue et une bénévole (ancien aidant), formées spécifiquement à cette action par France Alzheimer. Cette formation gratuite, dispensée par groupe d’une douzaine de personnes, permet d’améliorer la compréhension de la maladie et de ses manifestations. Elle donne des outils précieux pour préserver la dignité de la personne malade et pour entretenir une relation d’échange entre le malade et l’aidant, La très dynamique antenne haut-rhinoise de l'Association France Alzheimer propose : l des groupes de soutien pour les aidants, animés par une psychologue, pour parler, se confier, échanger l des pauses détentes pour que les aidants ne pensent qu’à eux l’espace d’une journée besoins fortement exprimés par les aidants familiaux, qui sont à la recherche de solutions pertinentes pour les aider à améliorer la qualité de l’accompagnement d’un proche et favoriser le mieux vivre à domicile. D’une durée de 14 heures, la formation est composée des 5 modules suivants : l Connaître la maladie d’Alzheimer l Les aides possibles l Accompagner au quotidien l Communiquer et comprendre la personne l Etre l’aidant familial Un sixième module s’y rajoutera prochainement, et concernera l’entrée en établissement. l des cafés mémoires pour stimuler la mémoire des aidants et des malades l des sorties familiales d’une journée pour les aidants et les malades l des virades de l’amitié pour les aidants qui n’ont plus leurs malades et qui culpabilisent ou souffrent de la séparation Témoignage « Tout seul dans la maison avec ma femme, c’était devenu très dur. Face à la maladie, je me suis vite senti désarmé, avec le risque de me retrouver isolé. Quand l’Association France Alzheimer m’a proposé de suivre une formation, je n’ai pas hésité. Cette formation m’a été d’autant plus bénéfique que j’ai pu échanger avec d’autres aidants. J’ai mieux compris ce qu’était la maladie. Lorsque le médecin vous parle de démence, vous ne retenez que ce terme. Mais la maladie d’Alzheimer, c’est tout sauf de la folie. Les formateurs nous ont appris comment se comporter dans les situations de crise. Il ne faut pas se braquer, ni brusquer la personne malade. Son attitude est le résultat d’une souffrance. Et si son agressivité se fixe sur nous, c’est souvent parce qu’on représente un frein à ce qu’elle veut faire. Les personnes malades ont une logique différente, on finit par ne plus se comprendre. Il faut accepter de se faire aider. Si on attend trop longtemps, on risque de se mettre en danger, ainsi que la personne malade. » Haut-Rhin magazine N
Paroles d'aidants Raymond : « Lorsque sa maladie s’est déclarée, je me suis retrouvé avec une épouse que je ne reconnaissais plus. J’ai eu l’impression de prendre un train pour Auschwitz. Un voyage sans issu. » (Raymond a perdu son épouse très récemment. Ses mots (maux) ne sont pas encore apaisés. Mais ce sont les siens, ils traduisent son vécu, et nous les reproduisons tels quels.) Arlette : « Je ne sortais plus, je n’allais plus nulle part, je n’avais plus la moindre vie sociale. Un aidant devrait avoir le droit de pouvoir continuer à vivre ! » Antoinette, Vice-Présidente bénévole de France Alzheimer Haut-Rhin : « Je préfère garder les bons souvenirs ! On entend souvent cette phrase dans la bouche des amis, des parents pour justifier leur « désertion » lorsque survient la maladie. L’aidant se retrouve seul au moment où il a le plus besoin de soutien. » Fernand : « J’ai accompagné ma femme pendant plus de 10 ans. J’ai accumulé °36 - septembre beaucoup 2011 de fatigue, de lassitude. J’avais Raymond Liane Antoinette peur de ne pas tenir le coup. Ma grande angoisse était de partir avant mon épouse. » Christiane, secrétaire générale bénévole de France Alzheimer Haut-Rhin : « L’angoisse de partir avant est la grande peur de tous les aidants. » Liane : « Tant que j’étais aidant, je n’ai pas eu le moindre coup de barre, pas même un petit bobo ou un rhume. Les mois qui ont suivi le décès de mon mari ont été terribles par contre. » Christophe : « Beaucoup d’aidants souffrent d’isolement. Lorsque survient la maladie, les amis vous quittent, tout le monde disparaît autour de vous. » Raymond : « Je faisais le linge de ma femme, je repassais, même les derniers mois lorsqu’elle était à l’hôpital. Après son décès, j’avais « trop d’heures ». On m’a dit : maintenant, il faut vous occuper de vous ! Mais je ne sais pas faire. Pendant plus de 50 ans, c’est ma femme qui s’est occupée de moi. » Fernand Christiane Haut-Rhin magazine N°36 - septembre 2011 « L’engagement des aidants familiaux et des associations est irremplaçable « Guy Jacquey, Vice-Président, Président de la commission Solidarité Entre 2005 et 2015, le nombre de personnes âgées de plus de 85 ans va quasiment doubler, quelles en sont les conséquences ? Si l’allongement de la durée de vie est une authentique bonne nouvelle, la prise en charge de cette population vieillissante va être beaucoup plus longue dans le temps et complexe en raison des pathologies spécifiques liées au grand âge. La contribution des aidants familiaux et des associations pour la prise en charge et l’accompagnement des personnes âgées dépendantes ou souffrant d’une affection chronique est essentielle. Aucun système de solidarité ne pourra se substituer à ces efforts et à cet engagement. Raison pour laquelle nous avons fait du soutien aux aidants, aux associations et à leurs bénévoles, une priorité. A la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH), ou encore à la Maison pour l’Autonomie et l’Intégration des Malades d’Alzheimer (MAIA), toute famille confrontée au handicap ou à une maladie neurodégénérative peut trouver aide et soutien. Notre engagement aux côtés des associations afin de leur permettre de financer des formations pour les aidants est sans faille. Enfin, depuis de longues années, nous menons une politique extrêmement volontariste pour le financement de dispositifs de répit : accueils de jour et autre structure d’accueil temporaire afin de permettre aux aidants en situation de tension ou de fatigue de « souffler » de temps en temps. 29



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