[68] Haut-Rhin magazine n°32 sep/oct 2010
[68] Haut-Rhin magazine n°32 sep/oct 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°32 de sep/oct 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Haut-Rhin

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : numéro spécial bilinguisme.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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18 Elsassisch reda Ja, mìr känne’s ! Elsassisch reda, wurum ? Parler l‘alsacien, pourquoi ? Parce qu’il a plus de 15 siècles et s’est enrichi au gré des aléas de l’Histoire avec des larmes, de la sueur, des rires. Parce qu’il est profondément ancré dans son terroir et toujours vivant, d Heimetsproch. Unsera Sproch ìsch unseri Seel. Parce qu’il est langue de nos ancêtres, d Müatersproch et langue d’ouverture permettant de se faire comprendre au-delà des frontières. Mais aussi outil d’intégration quand l’auxiliaire de vie sociale aborde la personne dont elle va s’occuper par un « Wia geht’s Miaderla ? » Parce qu’il est un incontestable tremplin pour l’apprentissage de l’allemand standard, dont l’importance n’est plus à démontrer, surtout dans notre région frontalière. Parce qu’il est de la famille « alémanique », dialecte européen sans aucun doute le plus international ! Ìn sechs Stààta - Ditschlànd, Frànkrich, österreichischa Vorarlberg, Liechtenstein, Schwiz un ìn kleina Sprochìnsla vo Norditàlia wìrd àlemannisch gschwatzt. Même l’apprentissage de l’anglais en est facilité. Elsassisch ìsch s Beschta SprungBratt fer Hochditsch, un fer noch àndera Sprocha lehra ! Elsassisch lehra, wo ? Apprendre l‘alsacien, où ? Dans la famille bien sûr, mais c’est de plus en plus rarement le cas. Heureusement, l’école prend le flambeau, ne serait-ce que pour lui redonner ses lettres de noblesse avec l’aide du monde associatif et des pouvoirs publics. Et plus l’alsacien sera présent, dans la rue, les lieux publics, les commerces, les entreprises, les lieux de culte, dans l’édition, la pub, les médias, journaux, télé, internet, plus nous l’apprendrons. Eweràll müass Elsassisch verhànda sì : d’heim, ìn dr Schüel, uf dr Stross, ìm Verein, ìn dr Kìrch, ìm Gschaft, uf dr Àrwet, ìn de Feria, ìn dr Wìrtschàft, ìn dr Zitung, ìn dr Tele, ìn da Biecher, ìm Theàter, uffem Sportsplàtz … Elsassisch lehra, wia ? Apprendre l‘alsacien, comment ? En classe ou sur une scène de théâtre, l’alsacien ne doit pas être une corvée -Elsassisch lehra müass a Pläsiar sìmais une langue de plaisir dont on peut être fier. Une langue qui ouvre de nouveaux horizons et permet d’apprendre l’allemand autrement qu’à Nantes ou à Lille. Avec laquelle on peut s’amuser. Une langue qui tient compte de l’environnement, en explique les enjeux, et englobe tous les supports pédagogiques. Liadermàcher, Sanger, Dìchter, SchàuiSpìeler lui apportent leurs précieux concours. Et la création d’événements, Stàmmtìsch, ElsasserOwa, Friahjohr fer unseri Sproch, visite d’un Dìchterwag, rencontres transfrontalières constituent des points d’orgue qui permettent de souffler sur la braise de la motivation. Elsassisch schriwa, wurum un wia ? Ecrire l‘alsacien, pourquoi et comment ? « Elsassisch schribt me doch nìt ! » Komischerwiis gìt’s hìtzetàgs noch Litt wo dàs behàuipta. Désormais, le rôle de l’écrit devient vital. Bientôt, ne subsisteront que les parlers et les
Oui, nous le pouvons ! expressions dont il existera des traces écrites. Aujourd’hui, pour les apprenants, jeunes et adultes, l’écrit devient un support absolument indispensable. La méthode ORTHAL, harmonisation de la graphie, pilotée par des spécialistes en dialectologie et des linguistes, en collaboration avec des gens de terrain, commence à porter ses fruits. « Soeifàch wie meeglig, so träi ìm Schrìftbìld wie neetig « ìsch dr Leitmotiv vo da Verfàsser. Wàs fer a Elsassisch ? Quel parler ? village, chaque quartier a ses spécificités langagières. Friahjer hàt me känna feschtstella üs wàs fer me Dorf ebber haarstàmmt, àn sinra Redensàrt, àn sina Üsdrìck. Et c’est tant mieux ! Jetz langt’s ! Maintenant ça suffit ! N’en déplaise aux pleureuses de service, le dialecte alsacien peut encore avoir de beaux jours devant lui, à condition que tous les convaincus de sa richesse apportent leur pierre à l’édifice. Cessons de parler de son déclin d’un air inquisiteur et alarmiste et focalisonsnous sur les incontestables signes de frémissement perceptibles dans des sphères les plus diverses. Dennnur johmera un dr Schuldabuckel süecha nutzt nix. Le temps des lamentations et des chasses aux sorcières est révolu. Les initiatives sont nombreuses. Tout espoir n’est pas perdu - « S ìsch nonìt Hopfa un Màlz verlora ! » - car de plus en plus de jeunes s’investissent. De Wissembourg à Ferrette, des opérations pour promouvoir le dialecte voient le jour tout au long de l’année. Aider à les fédérer, les encourager, les faire connaître, portera tôt ou tard ses fruits, àwer vor àllem mian mìr Elsassisch schwatza mìt unsera Kìnder. Yves Bisch Hardäpfel, Au collège Françoise Dolto de Sierentz, oder Grummbeera l'option « alsacien » connaît, depuis des ZwatschgaWaja, années, un engouement oder QuetschaKuesche jamais démenti, tant KuchiKanschterla, auprès des élèves, que Haut-Rhin magazine n°32 - septembre 2010 oder Chuchi- Chaischterle Une des richesses du dialecte alsacien réside dans sa diversité. Il ne viendrait à l’esprit de personne d’uniformiser les différents parlers pour créer une forme standard. Chaque région, du Sundgau au Kochersberg, chaque des parents et des professeurs. 19



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