[68] Haut-Rhin magazine n°31 jun/jui/aoû 2010
[68] Haut-Rhin magazine n°31 jun/jui/aoû 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°31 de jun/jui/aoû 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Haut-Rhin

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 4,5 Mo

  • Dans ce numéro : 3 pays, 2 langues, 1 avenir commun.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Kunstmuseum Basel, Martin P.Bühler Archives Départementales du Haut-Rhin 38 territoires Le cours du Rhin avant son aménagement. Environs de Bartenheim Vue du Rhin avant son aménagement, vers 1819, depuis le rocher d’Istein en direction de Bâle. Peinture de Peter Birmann, Kunstmuseum de Bâle. Il était une fois… Et dire que tout cela a failli ne pas être. Si la géologie ne s’en était pas mêlée, le Rhin poursuivrait sa course vers la Mer Noire ou la Méditerranée. Mais la tectonique en a décidé autrement. Les derniers soubresauts de la surrection de la chaîne jurassienne ont eu pour conséquence de dévier le fleuve de son cours initial et d’orienter son écoulement vers le fossé qui ne porte alors pas encore son nom. Ces événements se passaient il y a quelque deux millions d’années. Beaucoup plus près de nous, voilà une douzaine ou une quinzaine de milliers d’années, l’Europe du Nord est entièrement couverte de glaciers et le Rhin, à son débouché dans la plaine d’Alsace, est un gigantesque torrent de montagne de plusieurs kilomètres de large. Fougueux et sauvage, il charrie une impressionnante quantité d’alluvions. Ces sables et ces graviers qui vont s’accumuler au cours des millénaires constituent le siège de la puissante nappe phréatique rhénane. A la fin des glaciations, le Rhin perd progressivement de sa force. Il se met alors à divaguer dans la plaine, entremêlant ses bras et ses anastomoses, changeant de lit au gré de ses crues et de ses humeurs. Certes, il ne faisait pas toujours bon vivre auprès de ce fleuve, mais il constituait un milieu de vie foisonnant sans commune mesure avec le cours d’eau et son environnement que nous connaissons aujourd’hui. Aménagé sans ménagement Les populations du bord du Rhin ont tenté dès le Moyen Age d’aménager le fleuve afin de protéger leurs usages des crues destructrices mais aussi pour gagner des terres arables, faciliter la navigabilité du cours d’eau. Mais systématiquement le fleuve aura raison de la précarité de ces mesures de protection. Au 19 e siècle toutefois, de titanesques travaux de rectification, conçus et exécutés sous l’égide de l’ingénieur badois Tulla, vont définitivement dompter l’impétuosité du Rhin. Ces grands travaux ont consisté d’une part à confiner le lit dans un chenal unique rectifié, c’est-à-dire quasi rectiligne, et d’autre part, à contenir les inondations dans un lit majeur limité par d’importantes digues. Des conséquences imprévues Des travaux d’aménagement du Rhin n’ont pas eu que des effets positifs. L’optimisme initial a sérieusement dû être tempéré lorsqu’ont surgi toute une série de conséquences totalement imprévues et insoupçonnées. L’objectif d’éviter aux villages riverains d’être régulièrement inondés a été atteint. La réduction de la surface des milieux inondables a toutefois eu pour conséquence de faire disparaître l’essentiel de la forêt alluviale rhénane qui était sans conteste la formation végétale la EDF
La barre d’Istein plus complexe et la plus évoluée de la zone tempérée, mais aussi de limiter considérablement la réalimentation de la nappe phréatique en eaux de qualité. Les travaux de correction ont par ailleurs raccourci le fleuve d’environ 32 kilomètres entre Bâle et Lauterbourg. Son équilibre s’en est trouvé totalement rompu. Le Rhin dès lors creusa son lit mettant à jour une barre de calcaire au droit du village d’Istein, ce qui a eu pour conséquence d’interdire définitivement aux bateaux l’accès au port de Bâle. Le chantier du siècle A la fin du premier conflit mondial, la géopolitique de l’espace rhénan est profondément bouleversée. La France victorieuse a en effet obtenu du traité de Versailles l’usage exclusif du Rhin à des fins hydroélectriques et le droit de construire un canal latéral au fleuve. L’ingénieur d’origine haut-rhinoise René Koechlin avait envisagé dès 1893 l’utilisation de la force du Rhin pour la production d’énergie électrique. Son projet pourra donc enfin voir le jour. Les travaux débutent en 1928 par l’édification d’un premier barrage situé à Kembs mais seront exécutés pour l’essentiel dans la période 1950-1975. Dans le Haut-Rhin est réalisé un canal unique allant des portes de Bâle à Neuf- Brisach, alors que plus en aval ce sont des dérivations successives qui tronçonnent le canal d’Alsace en autant de biefs assurant entre chacun d’eux un retour des eaux au fleuve. Voici donc le Rhin à nouveau accessible, presque sans courant, jusqu’à Bâle, et pourvu de dix centrales hydroélectriques. Une oasis préservée Havre de paix, eldorado pour la faune et la flore… Les superlatifs n’ont jamais manqué pour vanter les beautés et les mérites de la réserve naturelle de la Petite Camargue Alsacienne. Ce biotope de 120 hectares situé sur les communes de Saint-Louis, Rosenau et Village-Neuf, aux débouchés du Rhin dans la plaine d’Alsace, exerce sur tous ceux qui le visitent une réelle fascination. Dernier grand témoin des milieux naturels rhénans, sa valeur est rehaussée par la situation qu’il occupe au sein d’une région uniformisée par une intense mise en valeur industrielle et agricole. Haut-Rhin magazine n°31 - juin 2010 territoires Le barrage de Kembs régule le débit du Rhin et maintient le niveau du grand canal d’Alsace. 39



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