[68] Haut-Rhin magazine n°29 fév/mar 2010
[68] Haut-Rhin magazine n°29 fév/mar 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°29 de fév/mar 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Haut-Rhin

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 3,7 Mo

  • Dans ce numéro : un budget 2010 solide et solidaire pour rendre le meilleur service aux Haut-Rhinois.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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proche de vous Jean Baltenweck Mangez des pommes ! Jean Baltenweck a beau être viticulteur, il a la conviction que l’homme ne vit pas de vin seulement. De la diversité des paysages du Piémont de son enfance, il ne subsiste aujourd’hui que quelques lambeaux de vergers et quelques rares arbres fruitiers isolés. Rentabilité économique oblige, la vigne partout s’impose. En créant en 1997 l’association Une cathédrale d’or et de lumière Créés par l’homme et entretenus dans le respect des équilibres naturels, les vergers de haute tige abritent une flore et une faune très diversifiées. Ils constituent souvent l’ultime refuge pour des oiseaux cavernicoles tels la chouette chevêche, ce petit rapace nocturne tout juste un peu plus haut qu’un merle, et le torcol fourmilier avec son plumage de couleur feuilles mortes qui lui permet de passer inaperçu. Les plus chanceux auront le bonheur d’y croiser l’oiseau fée, semblable à un papillon géant : la huppe. Pénétrer dans un verger c’est balayer les scories de la vie quotidienne. Les vergers ont une grande force d’apaise- des « Apfelbisser » à Ribeauvillé, Jean Baltenweck voulait prouver que Christkindel, Bohnapfel, Rosackerle… et autres 14 Haut-Rhin magazine N°29 - Févier 2010 ment. Leur lumière d’ailleurs n’est-elle pas la même que celle des cathédrales ? Lieu de convivialité, espace de découverte, le verger permet à chacun de reprendre contact avec son environnement naturel. Le verger est un lieu de mémoire aussi. L’arbre est planté afin de conserver des traces, des souvenirs. L’arbre alors devient témoin, ami et compagnon de plusieurs générations. Milieux de vie, espaces récréatifs, les vergers sont aussi et surtout des lieux de production qui fournissent des fruits de qualité, sains, bons pour la santé. Il est urgent d’agir « A chaque recoin » dit un dicton « plante un arbre, porte lui soin, il te le rendra bien ». De cette volonté paysanne est né le plus riche et le plus bel éventail de paysages de vergers. Ce tableau lentement toutefois s’efface. Agriculture moderne, urbanisation, restrictions apportées aux droits des bouilleurs de cru, ont considérablement fait régresser les vergers de haute tige en Haute Alsace. Les collectivités agissent. Le Conseil Général du Haut-Rhin, en partenariat avec le Conservatoire des Sites Alsaciens, a contribué à préserver de nombreux vergers remarquables du département. Les associations d’arboriculture, les communes ne restent pas inactives non plus. Et pourtant, toutes ces initiatives resteront insuffisantes tant qu’elles ne seront pas suivies d’une relance de la consommation familiale. C’est de nous tous que dépend l’avenir de ces milieux de vie. Ensemble choisissons la qualité des produits de nos terroirs et de nos paysages. variétés locales de pommes pouvaient être juteuses elles aussi. Et de donner la preuve par l’exemple, exploitant 3 ha de vergers dont 2 ha situés en plein vignoble d’appellation d’origine contrôlée. Rien de passéiste et de nostalgique dans cette démarche : « Mon expérience dans les vergers féconde mon travail dans les vignes. J’y ai appris la lutte intégrée, les nombreux bénéfices d’une cohabitation intelligente avec la nature. »
Les fruits retrouvés Quelle meilleure façon de préserver le riche patrimoine naturel et culturel que représentent les vergers que de trouver de nouveaux usages aux fruits dont plus personne n’avait l’utilité. Ainsi sont nés partout à travers le département, à l’initiative d’associations et avec le soutien financier des collectivités et du Conseil Général en particulier, des ateliers de pressurage. A Bennwihr, Hésingue, Lapoutroie, Altenach… tout un chacun peut venir transformer ses fruits. Lorsque l’heureux propriétaire d’un verger apporte ses fruits -des pommes et des poires le plus souvent- ceux-ci sont tout d’abord lavés, hachés et pressés. Puis le jus obtenu est chauffé à un minimum de 73 degrés et mis en bouteilles. Pour quelques dizaines de centimes d’euros, de riches saveurs retrouvées, la joie de produire son propre jus de fruit et le bonheur de contribuer à la préservation et à l’identité de nos paysages. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Car avec les petits bénéfices réalisés par cette opération de pressurage, plusieurs associations entretiennent un verger école, organisent des cours de taille et ainsi transmettent leur passion aux plus jeunes. savoir-faire et son cérémonial. Car n’est Parfums alambiqués pas bouilleur de cru qui veut ! La fabri- A Muespach-le-Haut, malgré l’heure cation du schnaps nécessite un riche matinale, le « Sundgauer Obstbren- savoir chimique et technique. hisle » est déjà en pleine efferves- Tout comme les ateliers de pressurage, cence et l’air embaume le distillat de les distilleries artisanales permettent quetsches. Première distillerie associa- de trouver de nouveaux usages à la tive à avoir vu le jour en Alsace, elle est production fruitière des vergers famiouverte à toute personne désireuse de liaux. Pour que longtemps encore les transformer une partie de sa produc- vergers nous distillent du bonheur. tion fruitière en eau de vie. Inutile d’avoir des connaissances en matière de distillation puisque la prestation, en contre-partie d’une petite contribution, est assurée par un membre compétent (et bénévole !) de l’association. Au moment de la distillation, le Brenhisle devient un lieu de rencontre, de partage et d’entraide entre les hommes du village. Avec la régression de cette activité, ce sont non seulement les vergers qui risquent de disparaître mais également toute une culture et avec elle son « Relocaliser et non plus délocaliser « Michel Habig 3 e Vice-Président Président de la commission agriculture, environnement et cadre de vie A travers la promotion des vergers familiaux, le soutien à l’abattoir de proximité de Cernay, la démarche Gerplan, c’est une seule et même ambition que le Conseil Général souhaite défendre : la nécessité d’une gestion concertée et durable de nos territoires, l’urgence de maintenir une agriculture locale de qualité, diversifiée et s’intégrant dans son environnement. C’est de cette même logique également que relève notre volonté de privilégier les filières courtes, celles qui permettent de recréer du lien entre producteurs et consommateurs. 15



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