[68] Haut-Rhin magazine n°28 déc 09/jan-fév 2010
[68] Haut-Rhin magazine n°28 déc 09/jan-fév 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de déc 09/jan-fév 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Haut-Rhin

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 9,7 Mo

  • Dans ce numéro : Haute-Alsace... 2000 ans d'histoire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 46 - 47  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
46 47
portrait Que serait Paris sans sa célèbre « dame de fer » ? Et sans Maurice Koechlin, aurait­elle seulement vu le jour ? Retour sur une histoire alsacienne méconnue. Maurice Koechlinet les 120 ans de la Tour Eiffel Aude Boissaye Symbole de Paris aux yeux du monde entier, la Tour Eiffel flirte depuis 120 ans au­dessus de la capitale avec l'Olympe du roi de la poutrelle, Gustave Eiffel. Mais en réalité, l’histoire de ses origines commence avant 1889.Et s’il est un nom oublié de l’histoire, c’est bien celui de Maurice Koechlin. Durant l'été 1884, rue de Chazelles dans le 17 ème arrondissement, le jeune ingénieur alsacien,originaire de Buhl (Haut­Rhin) suit de près le montage du squelette métallique de la statue de la liberté dont il a calculé et dessiné l'ossature. Il a 28 ans.Il est embauché depuis cinq ans comme chef du bureau d’études de l’entreprise de constructions métalliques et de travaux publics de Gustave Eiffel situé à Levallois­Perret. Moyennement intéressé Bien qu’affairé à suivre les travaux, Maurice Koechlin réfléchit à l’annonce faite par Paris d’accueillir la prochaine Exposition Universelle en 1889 qui doit célébrer le centenaire de la Révolution Française.Les projets fleurissent,du plus sage au plus délirant. Maurice Koechlin a en tête d'édifier une tour métallique "haute de plus de mille pieds", soit plus de 300 mètres de hauteur. Il vient d’en Menu du dîner de « la Marmite » offert à dessiner le premier croquis.Une prouesse Edouard Lockroy, Ministre du Commerce et de architecturale et un hommage à la science l’Industrie, le vendredi 18 mars 1887 censé frapper l'opinion générale. A la même époque,les Américains terminent difficilement la construction en pierre du bâtiment le plus haut du monde : l'Obélisque deWashington (169 mètres). Maurice Koechlin est convaincu que son projet en métal est techniquement réalisable et permettrait de "donner de l'attrait à l'exposition", mais Gustave Eiffel est moyennement intéressé. Il retravaille le projet avec ses collègues : l'ingénieur Emile Noughier et l'architecte Stephen Sauvestre,qui lui apportent des courbes plus gracieuses, très proches de 46 haut­rhin ­ Colmar/Repro Ch.Kempf : Musée Bartholdi Crédit : Maud CHAZEAU ­ Photo : Pierre BIDEAU ­ Illuminations SETE
Musée Bartholdi ­ Colmar/Repro Ch.Kempf la silhouette définitive. Il sollicite aussi l’avis du créateur de la Statue de la liberté, l’artiste Auguste Bartholdi (originaire de Colmar) avec qui il a l’habitude de résoudre des problèmes Dessin réalisé par Bartholdi techniques et de discuter « raison morale ». au crayon de graphite sur papier « C’est la Tour Eiffel qui est A­t­il trouvé dans leur conversation les cause de tout ça ! » arguments pour convaincre son patron et la caution de prestige qui lui manquait ? La Tour Eiffel illuminée Une course effrénée Toujours est­il que Gustave Eiffel change alors d'attitude... et s'approprie le projet. Il signe un contrat avec Maurice Koechlin qui lui cède la propriété exclusive du brevet. La suite de l'histoire est connue. Gustave Eiffel se lance dans une course effrénée pour faire connaître son projet auprès de tous,décideurs,hommes politiques, journalistes.Auréolé du succès du viaduc de Garabit (1882) qui lui assure une réputation et un savoir­faire reconnu dans le monde entier,sa tournée médiatique est gagnante. Lors du concours, le projet Eiffel est retenu à l'unanimité. Le 28 janvier 1887,les premiers travaux commencent. Bravant les intempéries,132 ouvriers assemblent 18 000 pièces en fer et 2,5 millions de rivets en deux ans, deux mois et cinq jours de travail. Pari relevé ! LaTour culmine à 312 mètres.Elle est inaugurée le 31 mars 1889 prenant tout naturellement le nom de son constructeur, oubliant de fait celui de son inventeur. D'un naturel très modeste,comme le soulignent ses descendants, Maurice Koechlin n'en a, semble­t­il, jamais pris ombrage et déclarait à propos de son patron : "il fit tout le nécessaire avec la persévérance qui le caractérisait pour faire adopter le projet et le réaliser". Devenu président de la société de la Tour, chargée de son exploitation commerciale, il a toujours refusé de son vivant que sa photographie fut publiée dans un journal et répondait à regret aux questions posées le concernant. La famille Koechlin : une dynastie industrielle Eiffel collection Tour Maurice Koechlin « Surtout, ne vous trompez pas de prononciation », précise d’emblée l’historienne Madeleine Fabre­Koechlin, petite­fille de Maurice Koechlin, « notre patronyme se dit « Kéclin » et non pas « Keuschlin », et de rappeler le bon usage de la langue française : le oe (e dans l’o) se dit « é » comme dans « œsophage » et « ch » se prononce « ké » comme dans chrome ou chrétien… Célèbre parmi les grandes dynasties alsaciennes, la famille Koechlin n’a pas seulement contribué à l'industrialisation précoce de l’Alsace, elle a joué dans le développement économique et scientifique de la France un rôle particulièrement important. On peut citer Samuel Koechlin (1719­1776) qui fonde en 1745 sa première fabrique d’indiennes à Mulhouse, André Koechlin (1789­1875), son petit­fils qui crée en 1826 les ateliers de fonderie qui deviendront en 1872 la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques (SACM), à l’origine du groupe Alsthom dont les trois premières lettres rappellent encore l’Alsace. Nicolas Koechlin (1781­1852), fondateur d’une filature de soie devenu un ardent promoteur du chemin de fer ou René Koechlin (1866­1951), frère cadet de Maurice, ingénieur à l’origine de la construction de la première centrale hydroélectrique sur le Rhin en 1932. Haut­Rhin magazine N°29 ­ Décembre 2009 haut­rhin 47



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 1[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 2-3[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 4-5[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 6-7[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 8-9[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 10-11[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 12-13[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 14-15[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 16-17[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 18-19[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 20-21[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 22-23[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 24-25[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 26-27[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 28-29[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 30-31[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 32-33[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 34-35[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 36-37[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 38-39[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 40-41[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 42-43[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 44-45[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 46-47[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 48-49[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 50-51[68] Haut-Rhin magazine numéro 28 déc 09/jan-fév 2010 Page 52