[68] Haut-Rhin magazine n°25 mar/avr/mai 2009
[68] Haut-Rhin magazine n°25 mar/avr/mai 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°25 de mar/avr/mai 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Haut-Rhin

  • Format : (149 x 180) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : supplément spécial budget 2009.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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bien vivre ensemble Mulhouse, 18h30. Le mercure affiche 6 degrés. Ce soir Serge ne dormira pas dehors. Orienté par le 115, le jeune homme de 27 ans a trouvé refuge à la Maison du Pont à Mulhouse. « Un peu de pain et de chaleur… » dans ce centre d’hébergement d’urgence, les sans-abris trouvent bien plus : un lit, un repas chaud, de la compagnie et le précieux soutien des travailleurs sociaux. Rencontre avec « les accidentés de la vie ». 28 Une nuit pas Katia Bitsch Le Conseil Général participe au financement de l’association ACCESS qui gère la Maison du Pont à hauteur de 20 400 euros par an. Lassociation d accueil de jour S.UR.SO bénéficie du soutien du Département à hauteur de 12 000 euros. haut rhin Dans la salleàmanger,unœil sur la télévision, Serge avale ses coquillettes aux légumes.Undînerpréparépar les travailleurs sociauxgrâceauxdenrées fournies par la banque alimentaire. Chaque soir, ils sontune vingtaine, accueillis dans ce centre d’urgence,on les appelle « les résidents ». Des marginaux, des jeunes en errance, des femmes isolées, des demandeurs d’asile. Il n’y a pas de profil type et autant d’histoires que de personnes. Accidentés de la vie Sébastien et Laura,20 et 23 ans,viennent d’Avignon, leur parcours est presque banal : rupture familiale, licenciement, pas d’expérience, pas d’économies, alors un jour, ils se retrouvent à la rue. Une situation encore inimaginable il y a trois mois et pourtant depuis, le jeune couple vit de foyer en foyer. Alors ils décident de tout recommencer,ailleurs.Ils quittent le sud, par le premier train, débarquent à Mulhouse, avec l’espoir qu’ici, ils trouveront un travail et un logement. Une situation stable qui leur permettrait de récupérer Océane, leur fille de 23 mois, placée en famille d accueil le temps pour les jeunes parents de reprendre un nouveau départ. Laura emmitouflée dans son châle noir, le répète commepour s’en convaincre « en 2009, il y aura du neuf, c est sûr ». « La rue, ça peut arriver à tout le monde » mexplique Serge, en débarrassant son assiette. « Moi, du jour au lendemain j’ai tout perdu ».Le regard dans le vide, il me raconte une adolescence chaotique, un penchantpour l’alcool à 15 ans, volset violencespuisplustard « son » dérapage, une altercation avec un agent des forces de l’ordre tournemal.Une connerie dit-il qu’il a payé à la société.Trois années de prison dont il conserve les souvenirs tatoués sur les avant-bras. Mais aujourd’hui les traces de cette colère sont dissimulées sous les manches de son pull. Lécorché,ancien taulard se nourrit d’espoir et crayonne sur une feuille blanche, les personnagesdudessinanimé « le roi Lion ». « Jenabandonnerai jamais » sans abri dit il en pensant à sa grand-mère à qui il cache sa situation pour ne pas l’inquiéter. A chacun son histoire ou plutôt ses histoires. Il y a la vraie, celle qu’on raconte et celle qu’on s’invente parce que c est plus facile.De toute façonpourSerge, Laura et Sébastien « demain compte bien plus qu’hier ». Soutien psychologique 20h : lesassiettesdébarrassées, les tablesnettoyées, le réfectoiredevient table de jeux et salle de télévision. Sébastien, Laura et Serge s’offrent un peu de détente,pourquoipasunepartiede cartes.Le jeu,l’échange,la télévision pour s’évader et si ça ne marche pas, les résidents peuvent compter sur le soutien des psychologues ou des travailleurs sociaux. « A la Maison du Pont, il y a peu de problèmes de violence », explique Fadime, de service ce soir. « C est plus fréquent la violence verbale,parfois on accueille des
personnes qui ont trop bu mais en général ça se passe bien ». Il n y a que 21 places dans le centre,l ambiance est conviviale, lesvolsentrerésidents sontrares. « Ilya des règles de savoir-vivre et de propreté à respecter » précise Abdel,qui assure le poste de nuit. Les travailleurs sociaux veillent au respect des règles, à la fois surveillants,pédagogues, cuisiniers, gestionnaires administratifs,ils sont surtout à l écoute des besoins des résidents. 22h30 c est l’heure du couvre-feu, chacun regagne sa chambre, 2, 3 ou 4 personnes maximum par dortoir l’intimité est respectée.Dans une cagette marquée de leur nom, les résidents trouvent des draps propres, un gant de toilette et des serviettes.La nuit sera calme,demain ne sera pas de tout repos. Le réveil et marathon 7H45 le lendemain. C est le réveil pour tout le monde, chacun fait son sac, sa toilette avant de descendre prendre un copieux petit déjeuner. Le centre ferme à 9h,chaque résident regagne la rue.Pour Sébastien et Laura,c est le début du marathon.Sacsurledos, ilfautarriver très tôtà l’associationdaccueilde jour « S.UR.SO » pour faire une lessive. Avec l’aide des assistantes sociales, ils pourront remplir leur dossier de demande de logementpuisdirection lamairiede Mulhouse afin d’obtenir des bons d’achat pour des produits d’hygiène.A 12h,l’armée du salut leur proposera un repas chaud. Laprès-midi sera consacrée à la recherche d’emploi puis à partir de 17h, ils chercheront une place dans un foyer avec l aide du 115. Ils reviendront peut être ici, peut être ailleurs en attendant de pouvoir un jour, rentrerdans leur foyer, ce tant espéré « vrai chez soi ». Haut Rhin magazine N°25 Mars 2009 « La rue, ça peut arriver à le monde. » Serge, 27 ans haut rhin tout 29



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