[68] Haut-Rhin magazine n°24 nov/déc 2008
[68] Haut-Rhin magazine n°24 nov/déc 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°24 de nov/déc 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Haut-Rhin

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 4,4 Mo

  • Dans ce numéro : interview du Président du Conseil général... Charles Buttner.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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L’interview « Il est pour moi essentiel que l’héritage humaniste perdure, que tous les Haut- Rhinois puissent continuer à vivre dans la prospérité » 20 haut-rhin Comment cet engagement se traduit-il dans le Projet pour le Haut-Rhin ? Dès mon élection en 2004, avec mes collègues de la majorité départementale, j’ai souhaité effectivement engager le Projet pour le Haut-Rhin et faire en sorte que mes trois grandes priorités s’inspirent fortement des valeurs humanistes. C’est tout d’abord, comme première priorité, la proximité. Le Conseil Général qui accompagne les Haut-Rhinois dans tous les domaines de leur vie quotidienne, de la petite enfance au grand âge, s’affirme plus que jamais comme la collectivité de toutes les proximités.Nous agissons au quotidien en créant des lieux d’accueil dans les territoires de vie qui permettent aux Haut- Rhinois d’être en contact direct avec les services du Département à quelques minutes de chez eux. C’est ensuite, ce que nous appelons le « Bien vivre ensemble ». Il n’y a rien de pire que de vivre dans l’anxiété, dans la peur du lendemain. La mission première de notre institution est de promouvoir des conditions de vie favorables et d’aider toutes celles et ceux qui sont dans la difficulté à trouver leur entière place dans la société. C’est enfin, une ambition constante d’innovation et de modernité. Une administration efficace, c’est une qualité de service meilleure pour les Haut-Rhinois et au final un atout supplémentaire pour la compétitivité de notre territoire. On ne peut avoir pour ambition d’être au service des autres sans être soi-même totalement performant. Toujours dans le domaine de l’innovation, il nous appartient de jouer pleinement la carte de la coopération et de la mutualisation des moyens avec les Départements du Bas-Rhin,des Vosges et du Territoire de Belfort,mais aussi de multiplier les partenariats avec nos voisins suisses et badois. Votre ambition pour notre Département est-elle compatible avec la réalité économique et sociale d’aujourd’hui ? Dans le contexte de ces derniers mois, il faut bien reconnaître l’inquiétude grandissante de nombreux Haut-Rhinois quant aux perspectives d’avenir. Que leur répondez-vous ? Ce n’est pas seulement une inquiétude mais une réalité. Après une période qui a donné des signes positifs ces deux dernières années,notamment à travers la baisse du chômage,le Gouvernement et l’ensemble des collectivités locales doivent faire face à une crise financière subite, qui aura au moins un mérite : le retour à plus de sagesse et de bon sens. Face aux effets néfastes de l’économie virtuelle et plus largement dans un monde que chacun ressent parfois comme deshumanisé et de plus en plus individualisé, je suis convaincu que les valeurs humanistes et la proximité trouvent plus que jamais tout leur sens. De même que j’ai toujours pensé que seul le travail peut être à l’origine de création de richesses et de prospérité. Ceci étant, les évènements récents vont je crois au-delà d’une simple crise financière. Je l’interprète bien davantage comme une évolution de notre modèle de société et de nos modes de vie.Rien de pessimiste ou de catastrophiste dans ce constat, bien au contraire, puisque ces changements à venir sont riches de tous les possibles. Fort de ce constat, le Conseil Général s’est d’ores et déjà attaché à anticiper les mutations de notre société,par exemple sur le plan des transports, des solidarités, du logement, des seniors,de la culture,de la réussite éducative, des nouvelles technologies de l’information, des énergies renouvelables, de l’emploi... De quelle manière par exemple ? En 2006, j’ai proposé à mes collègues de la majorité départementale d’engager pleinement le Conseil Général aux côtés des acteurs du monde de l’entreprise. Il fallait notamment soutenir les bassins d’emploi les plus en difficulté. Ce soutien s’est traduit par la mise en œuvre d’un programme exceptionnel d’aides. Le Plan de Revitalisation Economique a permis d’investir près de 30 millions d’euros pour la création et la préservation de plus de 4 000 emplois dans le Département. Autre exemple : le soutien au projet Pierre et Vacances sur le site de l’Ecomusée d’Alsace et du Bioscope. Ce projet permet un investissement considérable de près de 130 millions d’euros.Nous ne pouvions pas
nous priver d’une telle opportunité qui va générer de l’activité et des emplois dans tout le Département. Nous devons aussi développer de nouveaux domaines d’activités créateurs d’emplois dans le tourisme, l’environnement, les services à la population et les nouvelles technologies. Quels sont les autres grands défis à relever ensemble ? C‘est tout d’abord celui des grandes infrastructures de transport, d’échanges et de communication avec notamment l’arrivée duTGV Rhin-Rhône en 2012 qui correspond à l’achèvement de la première phase de cette nouvelle ligne ferroviaire. Réussir le TGV Rhin-Rhône est une opportunité historique pour le Haut-Rhin et c’est pour cela que notre mobilisation pour le lancement de la seconde phase est devenue un combat quotidien. Il y a au « bout du quai »,en quelque sorte, une formidable chance pour créer une grande étoile ferroviaire autour de Mulhouse. Elle placerait notre Département au cœur d’un gigantesque réseau à grande vitesse,à l’échelle européenne,vers Paris,Londres,Francfort et l’Europe de l’Est via Strasbourg,vers l’Italie à travers la Suisse, vers toute l’Europe du Sud en passant par Lyon. Les liaisons rapides vers les grandes capitales et les plate-formes aéroportuaires internationales sont essentielles pour garantir notre avenir économique. Pour cela, il faut absolument défendre la deuxième phase du TGV Rhin-Rhône qui seule nous connecte à la grande vitesse vers Mulhouse-Bâle et Colmar-Strasbourg. Ces dernières semaines j’ai défendu ces différents points avec le Premier Ministre et son Directeur de Cabinet et les Ministres, Messieurs Hubert Falco et Dominique Bussereau. Cela rejoint-il l’ensemble des actions que vous développez par ailleurs dans le domaine de la coopération transfrontalière ? Oui.Les habitants et acteurs économiques et institutionnels des bassins de vie de Fribourg et surtout de Bâle « la ville monde » sont nos partenaires naturels. Cette proximité immédiate avec l’une des plus prospères régions à l’échelle mondiale est une chance, pas seulement pour notre Département mais aussi pour toute la Région : lorsque le Haut-Rhin se rapproche des grands centres urbains de Fribourg et Bâle,c’est toute la région Alsace et le Grand Est qui s’ouvrent sur l’Allemagne et la Suisse. Dans cet objectif, nous nous efforçons de renforcer notre partenariat avec nos voisins suisses et allemands afin de construire un avenir commun. Quelques chiffres tout d’abord.Le taux de chômage du Haut-Rhin est aujourd’hui de 8%, un chiffre très proche de la moyenne nationale. Chez nos voisins du pays de Bade, il est de 4%, et de 2% seulement dans les cantons de Bâle ville et Bâle campagne. Il est inacceptable pour moi que dans un territoire aussi cohérent que celui du bassin du Rhin Supérieur, il puisse exister de telles disparités. Et je suis bien plus attristé encore lorsque je me penche sur les raisons de ces disparités, et que je me heurte à l’organisation de la France, à un hyper centralisme renforcé par le mille feuille administratif. Ceci rend l’exercice du pouvoir local en matière d’aménagement du territoire très difficile. Un exemple édifiant. Voilà un an et demi, nos voisins bâlois avaient le projet de prolonger une ligne de tramway de Bâle vers Saint-Louis. Côté suisse,trois quarts des financements étaient trouvés.Avec notre système administratif, il a été impossible de trouver le quart restant. Au final,l’argent provisionné est allé à une autre ligne de tramway, mais cette fois-ci de Bâle à Lörrach.Un bien triste exemple de notre mode de fonctionnement archaïque, incapable de rivaliser avec les modes de fonctionnement de nos voisins. Cela doit changer ! Vous évoquez aussi souvent l’importance du bilinguisme ? La baisse continue des travailleurs frontaliers me préoccupe. Le nombre de frontaliers alsaciens vers la Suisse a diminué alors que celui des frontaliers allemands a, lui, fortement progressé. En quelques années seulement la tendance du fait frontalier, secondaire pour l’Allemagne, mais essentiel pour le Haut-Rhin,s’est donc inversée. « Haut-Rhin magazine N°24 - Novembre-Décembre 2008 Il nous faut également construire un avenir commun avec nos voisins suisses et allemands » haut-rhin 21



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