[68] Haut-Rhin magazine n°23 sep/oct 2008
[68] Haut-Rhin magazine n°23 sep/oct 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de sep/oct 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Haut-Rhin

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : opération « 3 jours pour mieux nous conduire ».

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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culture Les violonistes Fritz Kreisler et Lucien Durosoir voulaient faire de la musique leur unique patrie. Mais l’Histoire en a décidé autrement. Fritz Kreisler, blessé un mois à peine après le début du conflit 28 haut-rhin Pascal Herrscher Deux violons dans les tranchées FRITZ KREISLER, violoniste et compositeur autrichien, naturalisé français puis américain, Vienne 1875 - New York 1962. LUCIEN DUROSOIR, violoniste et compositeur français, Boulogne-sur-Seine 1878 Belus, Landes 1955. Kreisler,l’Autrichien,aura pour maîtres de musique Joseph Massart et Léo Delibes à Paris, qui ne se souvenaient pas avoir jamais connu enfant prodigue plus prodigue. Le Français,Durosoir,ira se perfectionner en Allemagne auprès de Joseph Joachim et Hugo Heermann. Plus tard, leurs carrières de soliste les mèneront à travers toute l’Europe, un jour à Saint- Petersbourg,l’autre à Berlin ou à Paris.En cette fin de 19 e siècle,l’Europe ne connaît plus de frontières pour les artistes. Partout s’affirme une formidable force spirituelle et créatrice. Jusqu’à ce que l’aveuglement des hommes ne vienne tout ruiner et que l’Europe,avec une étonnante facilité, ne se suicide. Lucien Durosoir, au violon avec ses camarades de tranchée « Sale Boche » Lorsque la première guerre mondiale éclate,Lucien Durosoir est âgé de 36 ans. Il passe les douze premiers mois dans la boue et la vermine des tranchées. Puis devient brancardier.Son violon ne le quitte pas, il aura même l’occasion de former un quatuor sur le front avec le compositeur André Caplet et le violoncelliste Maurice Maréchal.Mais c’est surtout lors des offices funèbres qu’il peut jouer de son instrument.Les occasions,il est vrai,sont nombreuses.Kreisler,son aîné,a presque 40 ans quand la guerre le rappelle comme officier d’Uhlans. Blessé au bout de quelques semaines, Kreisler est rendu à la vie de musicien.Il reprend immédiatement ses tournées aux Etats-Unis,restés neutres,offrant sa recette aux blessés des deux camps, jouant sous les injures de « sale boche » qui fusent de la bouche de ceux qui hier encore comptaient parmi
ses plus fervents admirateurs. Bien que marié à une Américaine,l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1917 lui vaudra d’être déclaré ennemi de la nation et interdit de salle de concert. Un génial faussaire Dès la fin de la guerre, Kreisler reprend sa place parmi l’élite du violon. Sa popularité est énorme. Il est l’un des seuls à pouvoir défier la nouvelle vague de virtuoses russes qui déferle sur les scènes d’Europe et d’Amérique. Durosoir ne connaîtra jamais les mêmes honneurs. Après avoir échappé au pire pendant les quatre années du premier conflit mondial, un accident le contraint à mettre un terme à sa carrière alors qu’il s’apprêtait à rejoindre le Boston Symphonie Orchestra qui lui avait proposé le poste de violon solo. Dès lors et jusqu’à sa mort, Durosoir vivra retiré loin de Paris et des milieux artistiques se consacrant à la composition. Kreisler, lui aussi, composa. De petites miniatures à la manière des maîtres baroques, des bibelots virtuoses dont le public raffolait et que le maestro disait avoir déniché dans des greniers ou des monastères à l’occasion de ses tournées. Des faux de génie en réalité. Une supercherie qui durera presque jusqu’à la fin de sa carrière. Faire la paix Durosoir jamais ne guérira du souvenir des tranchées et de la souffrance de ces millions d’hommes transformés en chair à canon. Jusque dans ses derniers opus sa musique,grave et austère,sera imprégnée de cette douleur. Les œuvres de Kreisler,au contraire,semblent étonnamment légères.Une même quête pourtant habite les deux hommes, celle de la beauté qui seule peut effacer le désastre. Chacune à leur manière, leurs musiques disent la même urgence de faire la paix,d’effacer la grimace.Deux univers à découvrir en concert le 7 novembre 2008 en l’Hôtel du Département de Colmar. Lucien Durosoir avant le grand désastre Haut-Rhin magazine N°23 - Septembre-Octobre 2008 « Un concert exceptionnel au Conseil Général » L’Hôtel du Département accueillera dans son hall le vendredi 7 novembre 2008 à 20h30 une des « Cartes Blanches » proposée par le Conservatoire de la ville de Colmar organisée en partenariat avec le Conseil Général du Haut-Rhin. 90 ans après l’armistice, un concert lecture, une écoute croisée pour évoquer autrement la mémoire de la grande guerre. Cette soirée se propose de faire écouter les musiques de deux violonistes et compositeurs par delà les tranchées ainsi que leurs paroles de soldats. Celle du Français Lucien Durosoir à travers les lettres écrites presque chaque jour à sa mère pendant les quatre années passées au front, et celle de l’Autrichien Fritz Kreisler grâce au récit qu’il a laissé de son expérience de soldat, édité aux Etats-Unis et tout spécialement traduit pour cette soirée. Ce concert lecture est proposé par Hélène Sanglier, professeur de violon au Conservatoire à Rayonnement Départemental de musique et de théâtre de Colmar avec la collaboration artistique de Jean-Marc Eder, professeur de théâtre. Musiciens Violon : Hélène Sanglier, Jean-Luc Bouveret Alto : Séphane Cattez Violoncelle : Anne-Catherine Dupraz-StrubPiano : Dominique Gerrer, Karine Garsault Harpe : Aude Gary Comédien : Paul Schirck Et la participation de quelques élèves du conservatoire Au programme, des œuvres de Fritz Kreisler, de Lucien Durosoir et d’André Caplet. Réservations des places : Hôtel du Département, Direction de la Communication Tél. 03 89 30 60 70 haut-rhin 29



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