[68] Haut-Rhin magazine n°20 mars/avril 2008
[68] Haut-Rhin magazine n°20 mars/avril 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°20 de mars/avril 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Haut-Rhin

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : la route verte des Vosges à la Forêt Noire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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34 portrait Benoît Charon ou l’art de la lutherie Benoît Charon artisan d’art Pour le philosophe, « La musique est la langue des émotions ». Entre art et artisanat, itinéraire d’un luthier aux mains d’or. haut-rhin Céline Reibel Une porte entrebâillée, un pas, et nous voilà dans un univers à part, celui de Benoît Charon.Vêtu de son tablier,le regard pétillant,enfantin,qui vient trancher avec sa carrure d’homme, fort déjà d’une grande expérience de vie,Benoît Charon ébauche un sourire. « Je suis artisan d’art ». Entre art et artisanat La lumière du jour inonde la pièce, bercée par une douce musique,du classique. Une danse olfactive où viennent s’entremêler essences de bois et effluves de vernis naturels. Les sciures jonchent le vieux parquet. Un établi accueille l’outillage soigneusement rangé. Des ciseaux à bois aux rabots de toutes tailles, en passant par les gouges.Le son en mesure du canif qui dessine la silhouette de l’instrument dans la matière brute. Des carcasses de violon de-ci de-là qui ne demandent que la main de l’artisan pour qu’il achève son travail de maître. Une masse de bois informe ébauchée qui prend corps au dur travail des mains du luthier.Un cheminement de patience,de minutie pour révéler l’âme de l’instrument,sa quintessence.Plus de 180 heures pour achever un violon, plus de 350 heures pour fabriquer un violoncelle. Benoît cherche son inspiration dans le berceau de la lutherie, particulièrement Crémone en Italie.Et si son travail respire celui des plus grands maîtres Amati ou Stradivarius,il se distingue par sa touche personnelle.Une touche qui est un zeste d’originalité et qui vient contraster avec les méticuleuses règles d’or ancrées de la lutherie : infimes altérations du temps,
vernissage de l’instrument qui lui insuffle cette impression de vécu.Benoît est à la recherche constante d’une harmonie entre proportions, formes et sonorités. Un instrument doit être tout en courbures délicates,d’un bois verni aux reflets profonds qui bercera bon nombre d’oreilles.Imaginez la traversée d’une cascade de bruits cristallins, le son doux et agréable de l’archet qui vient glisser sur le manche. Un parcours international hors norme Enfant du pays des Trois Frontières, le choix de son métier est le fruit du hasard. Après un bac G3 -gestion- Benoît entame une année d’anglais à la faculté de Mulhouse, sans succès. Le voilà mis face à son avenir professionnel qui est encore indéterminé. A lui de dessiner son futur métier. Conscient qu’un métier manuel lui conviendrait mieux, avec le soutien de ses parents, il intègre quelques mois plus tard l’école de lutherie internationale de Newark,Angleterre. Quatre années écoulées, diplôme en poche, le voilà prêt à exercer son métier : fabriquer et réparer les instruments de quatuor. Et c’est à Minneapolis qu’il poursuit son parcours. Il rejoint un des plus grands ateliers de restauration d’instruments à cordes : Claire Givens Rare Violins. Cinq années qui ont contribué sans conteste à son développement personnel et professionnel.Le mal du pays se faisant sentir, Benoît s’envole pour la France où il atterrit à Montpellier.Il revêt le tablier d’assistant d’un luthier montpelliérain, où il se perfectionne principalement dans la fabrication. Au fil des différentes étapes qui esquissent son itinéraire, il rencontre des personnalités qui marquent son parcours : notamment Douglas Lay, imminent pédagogue de la lutherie.Une rencontre qui renforce ce qui est aujourd’hui pour lui une passion. Une envolée en connaissance de cause Fort d’un savoir ancestral allié à une expérience qui lui vaut de pratiquer encore, et encore sa passion, le luthier rejoint sa contrée natale, Saint-Louis, où il ouvre son échoppe. Un unique bémol dans cet itinéraire : les difficultés financières que rencontrent les artisans. Les charges que supportent les petits indépendants sont à elles seules une entrave suffisante pour décourager les plus ambitieux et déterminés.Des difficultés que Benoît a surmonté en se faisant sa propre renommée, sa propre clientèle, que ce soit dans des écoles de musique parisiennes ou des orchestres genevois. Si Benoît a accompli son rêve,son exemple en fera encore rêver bien d’autres. Quand à son ambition,c’est de transmettre un jour son savoir et l’habileté de ses mains à la génération suivante pour que cet art de la lutherie perdure et ne tombe pas dans l’oubli du temps… Benoît Charon dans son atelier à Saint-Louis : l’amour du travail bien fait. haut-rhin 35



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