[68] Haut-Rhin magazine n°20 mars/avril 2008
[68] Haut-Rhin magazine n°20 mars/avril 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°20 de mars/avril 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Haut-Rhin

  • Format : (230 x 280) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : la route verte des Vosges à la Forêt Noire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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28 « On a dépassé le stade germanophobe, on n’a plus honte de son passé » haut-rhin De quoi en perdre son latin guider les débutants. « Au départ, la généalogie est une démarche intime et personnelle,nous on est là pour désacraliser tout ça ; ici on discute, on échange et on s’entraide,puisque quelque part on est tous cousins ». Première étape, se familiariser avec les outils : lecteurs de microfilms,banc de photos numériques, ordinateurs, photocopieur. Au CDHF, on s’intéresse au passé, mais avec des moyens d’aujourd’hui. Il est 9h30, le centre est ouvert depuis une demi-heure et déjà plus d’une dizaine de passionnés sont attablés, le nez dans les livres.André Ganter,sourit,ravi de voir que le virus de la généalogie se répand. « De plus en plus de personnes s’intéressent à la généalogie, ce n’était pas le cas il y a 10 ou 15 ans, mais aujourd’hui on a dépassé le stade « germanophobe », on n’a plus honte de son passé, on l’assume ». D’éclats de rire en franche rigolade, personne ne cache sa trouvaille généalogique, une « fille mère », un parent paysan et alors ! D’ailleurs René est même soulagé. « Nos anciens n’étaient pas mieux que nous, veufs et souvent remariés en seulement quelques semaines ». Voilà les Dalton Ce n’est pas André Banzel qui dira le contraire, ses lointains parents, émigrés aux USA auraient même hébergé les célèbres gangsters, les frères Dalton. Parfois amusantes, les anecdotes partagées sont souvent plus macabres, « j’ai découvert un parent qui s’est noyé dans la Fecht, le 26 janvier 1846 sur le ban de Wintzenheim » raconte Franck Schmitt. Professeur de sport dans un collège d’Hirsingue,Franck s’intéresse à l’histoire de sa famille depuis plus de 30 ans. Il a En Alsace, l’influence tour à tour germanique et française complique le travail des généalogistes. Pour décoder certains documents,il faut maîtriser deux écritures : gothique et latine et trois langues, l’allemand, le latin et le français. Quelques mots de vocabulaire suffisent pour franchir cette barrière linguistique,mais d’autres difficultés s’ajoutent : les erreurs de traduction, les altérations et approximations phonétiques. « J’ai découvert un parent qui s’est noyé dans la Fecht » épluché la vie de plus de 17 598 de ses ancêtres.Des centaines d’heures,de mois et parfois plusieurs dizaines d’années à fouiller le passé. Mais pourquoi ? L’objectif de la généalogie n’est plus le même aujourd’hui, explique André Ganter « A l’époque on recherchait ses origines pour prouver que l’on était S’il est assez facile de comprendre que Mulhouse correspond à Mulhausen, il est moins évident de faire le rapprochement entre le nom Sonntag qui traduit de l’allemand devient Dimanche et qui déformé au fil du temps pourrait être Demange. De quoi en perdre son Latin ! D’autant qu’avant la Révolution,on ne parle pas de département mais de seigneurie, les frontières et les péages modifient les habitudes de déplacements. Une bonne connaissance du contexte géopolitique de chaque époque s’avère indispensable.
quelqu’un de bien, issu d’une famille royale par exemple, aujourd’hui c’est l’inverse, on compatit, on est fier d’avoir des ancêtres paysans qui ont eu une vie difficile, fier d’avoir évolué, en fait, on cherche de l’émotion ». Détenu à Ensisheim Nous sommes à l’âge d’or de la généalogie explique André Ganter « C’est vrai que grâce à l’instauration de l’état civil laïque en 1792,on retrouve facilement d’anciens documents mais petit à petit les sources disparaissent ».Mobilité,familles recomposées, déclin du mariage, choix du patronyme. Ces évolutions pourraient bien brouiller les pistes des généalogistes futurs.Alors au CDHF,on classe,on répertorie, on numérise et on s’attache à préserver la mémoire.Chaque jour,plusieurs dizaines de bénévoles découpent et conservent minutieusement les avis de décès publiés dans les journaux. Les registres anciens sont photographiés et chaque généalogiste est invité à laisser au centre une copie de ses recherches.Le CDHF fait également appel à un détenu de la maison d’arrêt d’Ensisheim pour déchiffrer et répertorier des documents anciens.Toutes les sources d’information précieuses sont ainsi préservées de l’oubli pour tous ceux qui dans les années futures auront un jour besoin de regarder en arrière. Infos pratiques Centre Départemental d’Histoire des Familles 5 place Saint-Léger 68500 Guebwiller Tél. 03 89 62 12 40 Du mercredi au samedi de 9h à 19h Site Internet : www.cdhf.net Accessible aux personnes à mobilité réduite Meyer, le nom le plus porté dans le Haut-Rhin Meyer, Muller, Schmitt et Arnold arrivent dans le peloton de tête des noms les plus courants dans la région. Si l’Alsace est une terre à fort courant migratoire, un nom est souvent très porté dans son berceau historique, ainsi on retrouve beaucoup de Decker à Blodelsheim ou de Sigwalt à Muttersholtz. culture André Ganter : Trente ans de passion André Ganter a commencé à s’intéresser à l’histoire de sa famille lorsque son grand-père lui présente son « Ahnenpass », un document généalogique obligatoire sous le régime nazi pour prouver ses origines non juives. A la mort de son grand-père, André Ganter, fonctionnaire des douanes, abandonne l’enquête policière pour poursuivre le travail initié par son aïeul. La généalogie devient une passion dévorante qui contamine son entourage. Des dizaines de personnes du village viennent se renseigner auprès d’André qui détient un important fonds documentaire entreposé dans son garage. L’idée fait son chemin, il faut créer un Centre d’Histoire des Familles. Grâce au soutien de la municipalité et du Département, le CDHF ouvre ses portes en 1988. Depuis, cette structure, unique en France, attire les généalogistes du monde entier. Certains viennent des USA ou du Canada à la recherche d’ancêtres alsaciens. Rien de surprenant, puisque au XIX ème siècle le Haut- Rhin a fourni le plus important contingent d’émigrants aux Etats-Unis. D’ailleurs, les descendants de la famille Weinzapflen originaires d’Ungersheim vivent toujours au Texas. haut-rhin 29



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