[68] Haut-Rhin magazine n°1 jan/fév 2005
[68] Haut-Rhin magazine n°1 jan/fév 2005
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de jan/fév 2005

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Haut-Rhin

  • Format : (215 x 280) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 11,0 Mo

  • Dans ce numéro : prévenir les risques d'inondation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Oui l'eût cru ? Les crues sont caractérisées par leur fréquence d'apparition. Ainsi, une crue est dite décennale lorsqu'elle se produit en moyenne une fois tous les dix ans, centennale lorsqu'elle se produit en moyenne une fois tous les cent ans. Les crues sont par contre imprévisibles et il est tout à fait possible que deux à trois crues centennales se produisent dans un même siècle alors que le siècle suivant n'en connaît aucune. Compte tenu des travaux effectués régulièrement le long des cours d'eau, le département est bien protégé pour les crues de période de retour inférieure à 20 ans. La situation devient plus préoccupante à partir d'une crue se produisant en moyenne tous les so ans bien que la plupart des communes soient désormais protégées pour une crue de période de retour de lao ans. -au prévoir Anticiper les conséquences d'un possible réchauffement climatique Les émissions de CO2 sont passées de 1,7 milliard de tonnes en igso, à plus de 18 milliards de tonnes en 2001. Bien qu'une partie de ce CO2 soit absorbée et recyclée par l'écosystème, sa concentration dans l'atmosphère a augmenté de 20% au cours de ces dernières décennies. D'ici la fin du XXl'siècle, si rien n'est fait pour limiter les émissions de CO2, son taux pourrait avoir augmenté de 250% par rapport à -195o, entraînant une hausse significative de la température globale de la planète. Selon les derniers résultats du Centre de Recherches de Météo France, le thermomètre pourrait afficher 4 à 7° de plus en moyenne l'été en France sur la période 2070-2100 et de gagner de 2 à 4° l'hiver. Les hivers seraient alors plus doux mais également plus pluvieux, surtout au nord de la Loire. Des précipitations plusfréquentesou plus intenses qui entraîneraient un risque d'inondation accru. Même si les conséquences d'un réchauffement climatique ne risquent de se manifester que dans quelques décennies, le Département du Haut-Rhin a souhaité prendreen compte cette réalité. En effet, à l'horizon 210o la cruecentennale qui se produit en moyenne une fois par siècle, pourrait survenir trois fois plus souvent. Une telle situation aurait pour effet de rendre moins sûre la situation des populations actuellement bien protégées. La ville de Thann, par exemple, qui bénéficie aujourd'hui d'un niveau de protection satisfaisant, pourrait être soumise à un risque d'inondation beaucoup plus fort si le réchauffement climatique devait se confirmer et si aucun travail de protection supplémentaire n'était réalisé. En anticipant par modélisation mathématique des situations futures, le Département peut progressivement mettre en place des systèmes de protection (digues, rehaussement des ponts lors de leur reconstruction). Une anticipation dont le surcoût financier serait minime par rapport au coût des réparations dont elle permettrait de faire l'économie. Le Haut-Rhin est aujourd'hui le seul département en France à avoir de telles études prospectives.
La première priorité du Déportement consiste à stocker le maximum d'eau dans les champs d'inondation naturels ou dans les bassins créés artificiellement pour retenir les eaux excédentaires. Ces champs d'inondation et ces retenues artificielles se comportent comme des baignoires. 1 Tant que la crue est faible, l'eau qui y entre en ressort. 2 Lorsque la crue est très forte, il sort moins d'eau de la baignoire qu'il n'en rentre et l'eau est stockée dans la baignoire qui se remplit. 3 Lorsque la crue diminue, la baignoire se vide, il s'écoule plus d'eau qu'il n'en rentre. aménager Limiter les effets des grandes crues Les bassins d'inondation permettent de diminuer la pointe de crue à l'aval grâce au stockage d'une partie de l'eau. Ce rôle est joué naturellement par les champs d'inondation et artificiellement par des zones d'épandage que le Département a construit et qui représentent un stockage complémentaire de 6 millions de m3 On fait jouer le même rôle aux barrages vosgiens dont il sont gérés par le Département et dont le volume de stockage représente 18 millions de m3. Le plus important est celui de Kruth-Wildenstein qui peut retenir jusqu'à 12 millions de m3.Ces barrages sont partiellementvidés avant la crue pour être remplis pendant cette dernière.Toutefois, compte tenu de la faible durée entre la prévision mathématique et l'occurrence de la crue, il est impossible de les vider complètement avant que cette dernière ne se produise. Seuls 3o à so% des volumes sont donc disponibles à des fins de stockage. Le Département étudie égale- ment des possibilités de déviation des eaux via le Canal du Rhône au Rhin aux droits de Mulhouse et éventuellement vers la Hardt à l'aval de Sausheim. Il a déjà mis en place de telles déviations au niveau d'Ensisheim. Lorsque toutes les solutions de stockage ont été utilisées et que la crue continue d'augmenter ; il ne reste plus qu'une seule possibilité : choisir les secteurs que l'on inondera. C'est pour cela que le Département a mis en place des digues « fusibles » que l'on laisse volontairement se rompre afin de soulager les digues qui protègent les zones urbaines.Tel est le cas entre Meyenheim et Logelheim. Les digues situées côté Hardt sont volontairement laissées plus basses car il n'y a pas de village à leur arrière, alors que celles situées côté Vosges protègent des agglomérations et ont donc été consolidées et rehaussées. Ainsi, lors d'une crue centennale, les eaux excédentaires s'épandront dans la plaine sans inonder les habitations. j Janvier-Février-Pl Encore plus loin dans la prévision Le Conseil Général du Haut- Rhin est particulièrement actLf en matière d'aménagement de rivières et de protection des populations contre les crues. A la suite des grandes crues de 1983,1990 et 2004, il a redoublé d'efforts pour remettre en état les berges et les digues qui avaient été fragilisées. Mais il faut savoir que des crues bien plus fortes peuvent survenir par exemple la crue centennale ou la crue millénale. Pour protéger la population de ces catastrophes naturelles, il faut prévoir ce qui pourrait arriver et renforcer les protections. Le Conseil Général a financé une étude prospective des crues dans la vallée de la Thur. La méthode quia été mise au point sera progressivement étendue à tout le département, en commençant par L'étude consiste à observer les crues historiques pour reproduire par simulation des crues encore plus fortes. La topographie de la vallée est finement décrite à l'aide de mesures laser réalisées par avion. On détermine par modélisation informatique l'extension des inondations les plus fortes. Cette cartographie précise permet de délimiter les zones à risque et ainsi de prévoir les digues à mettre en place ou à renforcer



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