[64] Pyrénées Atlantiques le mag n°82 oct/nov/déc 2019
[64] Pyrénées Atlantiques le mag n°82 oct/nov/déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°82 de oct/nov/déc 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : le bio et local servi en crèche.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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GRAND ANGLE/AUTONOMIE sa compagne résidaient en Aveyron, elles ont décidé de venir en Béarnafin d’y acheter une ferme suffisamment grande pour y proposer de l’accueil familial. Le soin et le lien aux personnes fragiles étaient déjà entrés dans leur quotidien. Elisabeth Labernadie travaillait dans un centre thermal tandis que Pascale Vigouroux aimait le contact avec les personnes âgées lorsqu’elle assurait pour ces dernières des tournées de distribution de pain. Pour sa part, Carine Colombet était encore plus proche des publics en perte d’autonomie puisqu’elle était aide médico-psychologue à l’Ehpad de Tardets. Au-delà de la préparation personnelle nécessaire à un tel projet, les candidats à l’accueil familial ne sont pas laissés seuls. Avant d’exercer leur activité, ils bénéficient tout d’abord d’une formation initiale obligatoire de 60 heures. Puis, de nouveaux temps leur sont ensuite proposés tous les ans, « ce qui permet notamment de mieux comprendre les pathologies », met en avant Pascale Vigouroux. Le Département, qui prend en charge ces formations, va prochainement mettre en place un module spécifique aux troubles autistiques. Le Département a placé le développement de l’accueil familial au rang des priorités de son tout récent Schéma de l’autonomie 2019-2023, document stratégique qui fixe les grands axes de développement des politiques mises en place au bénéfice des personnes dépendantes. La volonté est de porter de 180 à 230 le nombre de places d’accueil. Améliorer la rémunération des accueillants, au travers de l’aide sociale, est une autre volonté départementale. Le statut, qui est aujourd’hui celui de travailleur indépendant, est au centre des revendications des accueillants (lire par ailleurs). Mais cette question ne pourra se régler qu’à l’échelle nationale et des lois qui la régissent. Conscient des contraintes liées à cette activité, notamment en matière de présence, le Département va poursuivre son effort de multiplication des solutions de remplacement des accueillants lors de leurs périodes de congés. A son initiative, un groupe d’une dizaine de remplaçants est déjà en place. « Un sentiment de paix » Autre axe d’action départementale qui amènera plus de confort aux accueillants  : le développement des modes d’accueil temporaires. D’une part, ces derniers permettent de fournir des solutions aux personnes accueillies lors des congés de leurs accueillants et, d’autre part, du fait de leur plus grande souplesse, ils peuvent susciter des vocations. Des modalités à la journée, le temps du week-end ou des vacances peuvent tenter des accueillants plus jeunes et redynamiser une moyenne d’âge qui s’établit aujourd’hui à 60 ans. Déjà, le jeu des agréments introduit une certaine latitude. Les accueillants peuvent choisir de travailler de façon permanente ou séquentielle. En fonction de leurs préférences, ils peuvent être habilités à recevoir soit des personnes handicapées, soit des personnes âgées, ou 18 PAROLE D’ÉLU « Dans le droit fil du schéma autonomie, le Département soutient et développe l’accueil familial. Il s’agit d’une alternative originale au maintien à domicile ou à l’hébergement en institution pour les personnes âgées et les adultes handicapés. La personne accueillie y trouve à la fois l’indépendance d’une chambre personnelle, le soutien chaleureux d’un environnement familial et bénéficie d’un accompagnement personnalisé pour maintenir, voire développer son autonomie. L’agrément et les conditions d’accueil garantissent la protection de la santé, la sécurité et le bien-être physique et moral des bénéficiaires de ce dispositif qui propose des réponses adaptées à certaines situations. » Claude Olive, Premier vice-président, délégué au social, à l’habitat et au logement. C’EST UN MÉTIER QU’ON EXERCE 24 HEURES SUR 24 les deux. Comme évoqué, il existe aussi un agrément de couple qui permet d’exercer l’activité à deux. Les conjoints peuvent également se substituer à l’accueillant pour une durée inférieure ou supérieure à 48 heures, en fonction de l’agrément qu’ils sollicitent. « C’est un métier qu’on exerce 24 heures sur 24 et qui réclame beaucoup de patience. Il faut savoir prendre du temps pour soi », conseille Carine Colombet qui n’hésite pas à prendre un samedi de repos pour aller s’aérer en randonnée. « Il faut se préserver mais aussi préserver sa propre famille et son lieu de vie. Je conseille aux jeunes accueillants d’être deux », exprime pour sa part Mikele Berhocoirigoin. Epaulée par son mari, elle a opté pour un mode d’accueil séquentiel qui équivaut à un mi-temps. « J’aurais pu faire plus mais j’ai fait ce choix afin de m’aménager des temps de repos et de préparation entre chaque personne accueillie, car chacune est différente. » L’accueil familial n’en demeure pas moins attractif. Le confort et l’avantage de travailler à son propre domicile constituent ainsi un privilège que mentionnent tous les accueillants. Mais il constitue surtout une activité extrêmement gratifiante pour qui se nourrit de relations humaines fortes. « Même si c’est un métier qui n’est pas toujours facile, il est beaucoup plus enrichissant que ce qu’on peut vivre en Ehpad », estime ainsi Carine Colombet, la proximité avec les personnes étant forcément plus grande à une échelle familiale que dans un établissement. « C’est un métier passionnant », condense Mikele Berhocoirigoin. « Les personnes que j’accueille m’apportent énormément. Elles me procurent un sentiment de paix car elles ont quelque chose de précieux en elles. » n En savoir plus  : autonomie64.fr Mission accueil familial  : 05 59 46 52 09 1- Etablissement et service d’aide par le travail Carine Colombet (3 e en partant de la gauche) en compagnie de Monique, Christiane et Sylviane dans la maison de Licq-Athérey. « Il faut aimer s’occuper des autres pour exercer cette activité. »
ACCUEILLIR L’AGE ET LE HANDICAP L’accueil familial s’adresse à des personnes âgées ou en situation de handicap qui ne peuvent plus ou ne souhaitent plus vivre à domicile. Les personnes en situation de handicap peuvent être accueillies dès leur majorité. Il ne doit pas y avoir de lien de parenté entre l’accueilli et l’accueillant. Afin de pouvoir exercer son activité, l’accueillant doit être titulaire de l’agrément délivré par le Département. L’agrément peut concerner soit l’accueil des personnes âgées, soit l’accueil des personnes handicapées. Il peut également être double. ACCUEIL FAMILIAL Ce qu’il faut savoir Les services départementaux assurent par ailleurs le suivi et l’accompagnement des deux parties. COMMENT TROUVER UNE PLACE ? Les personnes âgées ou handicapées qui souhaitent bénéficier d’un accueil familial sont invitées à contacter le Département au 05 59 46 52 09. En fonction de leur choix de résidence géographique et de leur degré d’autonomie, il leur sera indiqué les coordonnées des familles correspondant à leur profil et disposant d’une place d’accueil. A partir de ce moment, une infirmière départementale sera chargée d’assurer leur 64/LE MAGAZINE DU DÉPARTEMENT DES PYRÉNÉES-ATLANTIQUES/www.le64.fr suivi et de les accompagner. La personne bénéficiaire, ou l’un de ses proches, devra alors prendre contact avec la famille d’accueil. UN ENGAGEMENT PRIS PAR CONTRAT L’accueillant familial n’est pas salarié par le Département ni par une autre structure. Il est rémunéré par la personne accueillie. Celle-ci est donc son employeur. L’activité doit être déclarée aux services de l’Urssaf. L’engagement des deux parties est régi par un contrat qui est établi selon un modèle national. Ce contrat-type précise notamment la durée et la fréquence de l’accueil, les obligations matérielles de l’accueillant, la rémunération, le droit aux congés, le suivi médico-social, les conditions de la période d’essai. L’accueil peut se faire sur un mode permanent ou séquentiel. L’accueillant peut aussi choisir de n’être sollicité que pour des remplacements de courte durée. DES AIDES FINANCIÈRES POUR L’ACCUEILLI Le coût de l’accueil est calculé sur la base d’une indemnité journalière fixée annuellement par le Département. Cette indemnité comprend la rémunération de l’accueillant, les frais d’entretien, la mise à disposition des pièces réservées à la personne accueillie et, le cas échéant, les sujétions particulières. Pour financer cette indemnité, l’accueilli peut bénéficier d’aides, notamment s’il remplit les conditions d’octroi de l’allocation de placement familial (APF). Il peut également prétendre aux aides au logement (APL, ALD). Enfin, comme pour l’emploi d’un salarié à domicile, une réduction ou un crédit d’impôt peuvent être accordés. LES ACCUEILLANTS S’ENTRAIDENT A l’association des accueillants familiaux du Béarn, « on s’entraide, on se serre les coudes », résume la présidente Bénédicte Hugonnier. Même besoin de faire corps et de partager ses expériences du côté de son homologue basque  : « Nous avons parmi nous des accueillants retraités et c’est très intéressant de cultiver ces relations et de se soutenir entre nous », explique Marie-Bernadette Erdozaincy. Les deux structures, qui rassemblent une quarantaine d’adhérents, appellent à une évolution de leurs conditions. « Nous défendons l’idée d’une meilleure reconnaissance de notre travail. Nous souhaitons que notre profession soit considérée comme telle, et non pas comme une activité indépendante. Par exemple, nous n’avons pas droit aux indemnités de chômage », indique Bénédicte Hugonnier, qui accueille trois personnes à son domicile. « Nous aimerions aussi une simplification administrative et nous demandons à pouvoir être remplacés plus facilement », ajoute Marie-Bernadette Erdozaincy, accueillante depuis 30 ans. En cas de litige avec un employeur, l’association peut défendre l’accueillant devant le tribunal. Enfin, les accueillants sont aussi à l’origine d’un colloque tenu en 2017 à Orthez. Ils organisent par ailleurs événements et rencontres. 19



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