[64] Pyrénées Atlantiques le mag n°82 oct/nov/déc 2019
[64] Pyrénées Atlantiques le mag n°82 oct/nov/déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°82 de oct/nov/déc 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : le bio et local servi en crèche.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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GRAND ANGLE/AUTONOMIE Assise sur la terrasse ombragée, Sylviane est tout sourire. « C’est la maison du bonheur, je m’y plais beaucoup. On a des chiens, des chats, on sort pour des activités. Et tous les repas sont excellents ! », tient-elle à préciser. Agée de 61 ans, elle vit depuis trois ans chez son accueillante familiale, Carine Colombet, dans une grande habitation qui surplombe le village souletin de Licq-Athérey. Comme elle, Monique et Christiane, 52 et 67 ans, résident ici. Toutes les trois sont diagnostiquées grande dépressive ou schizophrène. « Je suis bien ici. J’aime tout l’environnement dans lequel nous sommes », exprime pour sa part Monique. Un bien-être, ou en tout cas un mieux-être, bien réel. « Depuis leur arrivée, Sylviane et Christiane ont vu leur traitement médical diminuer », indique Carine Colombet. Peu connu et peu développé, l’accueil familial est un mode d’hébergement destiné aux personnes âgées ou handicapées. Il leur permet de résider de façon permanente ou temporaire dans une famille, auprès d’une personne agréée pour les recevoir. Fait d’attention et de bienveillance, il apporte confort et sérénité à ceux qui en bénéficient. Une cour de ferme, dans le nord-est du Béarn, à Samsons- Lion. A l’ombre des dépendances, Albert brosse avec application un magnifique poulain pie. « Je nourris les chevaux, je nettoie les écuries », explique d’une voix apaisée l’homme de 66 ans, déficient et schizophrène. « Quand il est arrivé ici il y a trois ans, il avait le visage fermé. » « Aujourd’hui, il sourit », se réjouit à son tour Pascale Vigouroux tout en veillant sur les gestes d’Albert. Pascale Vigouroux et sa compagne, Elisabeth Labernadie, sont accueillantes familiales. Elles disposent pour cela d’un agrément de couple. Sous leur toit vivent également Marie, âgée de 93 ans et atteinte par la maladie d’Alzheimer, et Bernard, 62 ans, A Samsons-Lion, Albert en compagnie de la petite-fille de l’une des accueillantes familiales. « Arrivé il y a trois ans avec le visage fermé, aujourd’hui, il sourit. » 16 UNE PRIORITÉ DÉPARTEMENTALE Développer l’accueil familial des personnes âgées ou handicapées est une priorité du Département. Celle-ci est inscrite dans le tout nouveau Schéma de l’autonomie 2019-2023. Ce document de travail fixe les grands axes de l’action départementale en matière d’autonomie des personnes. 180 PLACES AGRÉÉES On compte aujourd’hui dans les Pyrénées- Atlantiques 180 places agréées pour l’accueil à domicile de personnes en perte d’autonomie, soit un ensemble d’une centaine de familles d’accueil. Le Département, qui délivre les agréments pour ces places, souhaite d’ici 2023 porter leur nombre à 230, dont 10 dédiées aux personnes handicapées vieillissantes. UNE ATTENTION POUR L’AUTISME Le Département se fixe comme objectif d’étendre l’accueil familial aux personnes souffrant de troubles du spectre de l’autisme. Aujourd’hui, ce mode d’accueil ne bénéficie pas, dans les faits, à ce public. ILS VIVENT AVEC NOUS ET NOUS PARTAGEONS TOUT » jeune retraité de l’Esat 1 de Madiran. Cette après-midi là, comme souvent, Bernard se prélasse et multiplie avec un plaisir visible les longueurs dans la petite piscine privative de la ferme. « Nous leur proposons toujours une activité, qu’il s’agisse de jardinage, des travaux de la ferme, de la piscine... Ils vivent avec nous et nous partageons tout. Nous les amenons avec nous en Espagne ou à la mer par exemple », énumère Pascale Vigouroux. « Notre objectif est qu’ils soient heureux », résume Elisabeth Labernadie. « L’agrément que nous délivrons aux accueillants est lié au projet de vie qu’ils proposent à leurs accueillis. Il faut que ces derniers soit stimulés, qu’ils participent, dans la mesure de leur capacité, au quotidien de la famille », rappellent les services départementaux chargés de l’accueil familial. « J’aime m’occuper des autres » Retour au Pays basque, à Gamarthe, à une dizaine de kilomètres de Saint-Jean-Pied-de-Port. Yvon est aux anges. En cette matinée d’été humide et grisonnante, il s’applique à poursuivre un carré de tissage posé sur la table du salon. Mikele Berhocoirigoin, son accueillante, est penchée à son côté et le guide dans chacun de ses gestes. Elle lui donne des indications, l’encourage. Yvon, qui réside en famille d’accueil à Saint-Palais, est ici pour une quinzaine de jours. Il y vient régulièrement pour les vacances. Au programme  : marche, montagne, forêt, bricolage, photographie... Une année, ils ont suivi pendant deux jours la transhumance et ont dormi dans un cayolar. Une autre fois, ils ont pêché à la ligne, raconte Mikele Berhocoirigoin. « On trouve toujours quelque chose à faire. Il suffit d’avoir des idées... ce qui est facile avec Internet », rigole-t-elle. Autre facteur qui participe du bien-être des accueillis  : le maintien des liens familiaux. Enfants, petits-enfants ou membres de la fratrie viennent en visite ou téléphonent régulièrement. Ces échanges sont aussi extrêmement rassurants pour l’entourage de la personne accueillie. Sans oublier non plus que l’âge ou le handicap ne sont pas des facteurs rédhibitoires quant aux relations sentimentales. Sylviane, accueillie chez Carine Colombet, rend ainsi visite une fois par mois à son « chéri » qui habite la commune voisine de Musculdy. Si l’activité d’accueillant familial est ouverte à tout le monde, tout le monde n’est certainement pas prédisposé à l’exercer. Elle demande empathie et totale disponibilité. « J’aime m’occuper des autres et les aider, c’est dans
Albert brossant le cheval Geronimo. « Nous proposons toujours une activité à nos accueillis, qu’il s’agisse de jardinage, des travaux de la ferme, de la piscine... Ils vivent avec nous et nous partageons tout. » ma nature », rappelle ainsi Carine Colombet. Même évidence chez ses homologues. « Nous avons toujours aimé aider les autres et nous en occuper », disent d’une même voix Pascale Vigouroux et Elisabeth Labernadie. « Quand je suis avec eux, je suis disposée à être avec eux, et je veille sur eux. Je ne m’énerve jamais et je les prends comme ils sont », appuie Mikele Berhocoirigoin. « Il faut de la patience, il faut aimer ces personnes sans faire de favoritisme et il faut surtout beaucoup d’organisation », insiste Carine Colombet. Toute absence ou changement de repères peut perturber des accueillis psychologiquement fragiles. Mûrir son projet « C’est une activité qu’il faut vraiment sentir », poursuit Mikele Berhocoirigoin. On ne s’improvise pas accueillant familial du jour au lendemain. Bernard, dans la piscine de la ferme de Samsons-Lion. « Notre objectif est de rendre heureuses les personnes que nous accueillons », résume Elisabeth Labernadie. « J’ai mûri mon projet pendant plus de trois ans, souligne-t-elle. A 60 ans, j’ai choisi de me reconvertir après avoir été paysanne pendant 40 ans. Avec mon mari, nous avions un élevage de vaches laitières. Déjà, il m’arrivait de recevoir des jeunes handicapés à la ferme », raconte-t-elle. Elisabeth Labernadie partage cette même vocation  : « Je me suis toujours dit que si je gagnais au loto, j’ouvrirais une maison de retraite », dit-elle le plus sérieusement du monde. Alors qu’elle et LA LUTTE CONTRE L’ISOLEMENT ENTRE EN ACTION Le Département a signé la charte ministérielle Monalisa dont l’objectif est de lutter contre l’isolement des personnes âgées. Ce sujet sera au cœur de la deuxième journée du Salon des seniors, le 12 octobre au Parc des expositions de Pau. Jean-François Serre, référent national Monalisa, y donnera une conférence. Suivront témoignages d’associations et ateliers citoyens participatifs ouverts à tous sur inscription (touscitoyens@le64.fr ou 05 59 11 43 91). Un appel est d’ores et déjà lancé à tous les volontaires qui souhaitent s’engager pour des visites de courtoisie ou des actions plus larges auprès des seniors. Ils peuvent contacter la direction de l’autonomie du Département au 05 59 11 43 91 ou écrire à touscitoyens@le64.fr. Auparavant, les 4 et 5 octobre, Bayonne accueille à la Maison des associations le salon Bel avenir dédié aux seniors du Pays basque et du sud des Landes. Plus d’infos sur belavenirseniors.fr. 64/LE MAGAZINE DU DÉPARTEMENT DES PYRÉNÉES-ATLANTIQUES/www.le64.fr 17



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