[64] Pyrénées Atlantiques le mag n°82 oct/nov/déc 2019
[64] Pyrénées Atlantiques le mag n°82 oct/nov/déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°82 de oct/nov/déc 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : le bio et local servi en crèche.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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SOLIDARITÉ(S) DÉVELOPPEMENT UN AVENIR S’INVENTE DANS LES ASSOCIATIONS L’innovation ne concerne pas que la technologie. Elle est aussi sociale, quand s’inventent de nouvelles manières de vivre, d’échanger, d’appréhender le monde. Exemples dans le 64. L’innovation ne se trouve pas seulement dans les smartphones ou les planches volantes. Elle s’assoit aussi sur des chaises d’occasion. De ces chaises, l’association AIMA en a récupéré cet été près de 4 000 dans 19 lycées de la région Nouvelle-Aquitaine. Du matériel encore en état et qui aurait terminé à la casse. 12 « Il faut savoir qu’aujourd’hui en France, 97% du mobilier professionnel remplacé est jeté. Seulement 3% sont réutilisés », déplore Sigrid Dumaz, présidente de la structure installée à Salies-de-Béarnet qui, depuis 2016, remplit ses hangars de meubles remisés. Associations, écoles, entreprises ou collectivités locales achètent volontiers ces équipements vendus Sigrid Dumaz, présidente d’AIMA  : « Aujourd’hui, en France, 97% du mobilier professionnel remplacé est jeté ». avec une réduction de 80% sur leur prix originel. En mettant en place des circuits de recyclage là où il n’en existait pas et en répondant à une demande non pourvue, AIMA s’inscrit dans le domaine de l’innovation sociale. L’association compte aujourd’hui 19 salariés, dont six en CDI, et s’appuie sur une flotte de sept fourgons. « Nous créons aussi de l’emploi », aime à rap-
peler Sigrid Dumaz. L’innovation sociale fleurit dans les interstices de la société marchande. Sur la ligne de départ de l’Atelier Vélo participatif et solidaire de Pau, en 2017, il y a ce constat  : « Il est absurde et même scandaleux que des vélos finissent en déchèterie », pointe Serge Deloustal, responsable de l’association qui compte quelque 200 adhérents. La structure récupère donc tous styles de cycle, les répare et les revend à très bas prix. Elle organise surtout des ateliers, le mercredi au Bel Ordinaire, à Billère, où l’on vient réparer soi-même son vélo, avec conseils d’un membre de l’équipe et accès à des pièces d’occasion à tout petit coût. « Nous nous inscrivons dans le courant du Do it yourself [fais le toi-même] qui promeut un autre modèle de société et des valeurs comme la transmission du savoir-faire pour gagner en autonomie. » Repenser les échanges L’association attire aujourd’hui un public de tous âges, tous sexes, toutes origines. On vient par amour de la bicyclette, conviction citoyenne ou nécessité vitale. Des migrants y trouvent un moyen de déplacement à tout petit prix. Petit prix, mais pas gratuit. « Nous devons nous interroger sur la portée de nos gestes, sur la valeur juste des choses, sur le coût environnemental et sociétal de nos actes », souligne Serge Deloustal. Txirrind’Ola, à Bayonne, et Recycl’Arte, à Hendaye, s’inscrivent dans une logique similaire d’économie circulaire et de promotion du vélo comme mode de déplacement quotidien, au travers notamment de vélo-écoles et d’ateliers mobiles d’auto-réparation. L’innovation sociale consiste à repenser relations et échanges. Otsokop, première épicerie participative du 64 installée à Bayonne, fait des émules. Larrunkoop, à AIMA, à Salies-de-Béarn, récupère du mobilier professionnel promis à la casse pour le revendre à petit prix à d’autres associations, écoles, communes, entreprises... PAROLE D’ÉLUE « Alors qu’il n’est pas toujours facile d’aider le monde associatif, le Conseil départemental s’attache à soutenir tout particulièrement les associations qui œuvrent dans l’innovation sociale. Par le biais d’un appel à projets, nous accompagnons les associations qui construisent de nouvelles façons de faire et de vivre ensemble. Très souvent, par leurs actions, ces associations sont de véritables vecteurs d’innovation et répondent à des enjeux d’accompagnement des personnes en situation de fragilité. Par ailleurs, nous sommes très attentifs aux actions proposées pour l’ensemble du territoire et pour le plus grand nombre par ces associations toujours plus nombreuses dans ce domaine de l’innovation sociale. Véronique Lipsos-Sallenave, Vice-présidente, déléguée à la jeunesse, au fonctionnement des collèges et à la vie des collégiens. L’Atelier Vélo de Pau  : transmettre un savoir-faire et offrir de l’autonomie à chacun dans ses déplacements. Urrugne, reprend ce principe de magasin alimenté par des productions locales et biologiques. L’idée n’est pas de dégager du profit, si ce n’est celui qui doit permettre aux producteurs de vivre dignement, mais de réduire le coût de fonctionnement de l’espace de vente, ce qui fait baisser mécaniquement le prix des produits. Pour cela, chacun donne trois heures de son temps par mois. Même disposition participative chez Hendaiakoop, au centreville d’Hendaye. A l’écart des visées productivistes, l’agriculture est le terreau de pratiques émergentes. Dans les quartiers nord de Bayonne, l’association Graines de liberté mène le projet « Semons une ville comestible ». En plus de créer des jardins partagés et d’y transmettre les principes de l’agroécologie, l’association invite l’agriculture à rejoindre la ville avec la création d’une ferme urbaine pédagogique permaculturelle. ReNouveau Paysan, siège planté à Espiute, entend pour sa part redynamiser les zones rurales. « En France, 200 fermes disparaissent chaque semaine », pointe l’association. Ces exploitations moribondes, ReNouveau Paysan veut les transformer en « écohabitats sociaux et paysans », autrement dit des logements sociaux locatifs à faible consommation qui accueilleront familles de jeunes agriculteurs mais aussi ménages désireux de retrouver une qualité de vie. « Rêver absolument » L’innovation sociale tisse du lien là où il n’y en a pas. A Pau, la Maison des sourds travaille à la création d’un « Livret de communication en langue des signes pour tous ». Il 64/LE MAGAZINE DU DÉPARTEMENT DES PYRÉNÉES-ATLANTIQUES/www.le64.fr 13



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