[64] Pyrénées Atlantiques le mag n°80 avr/mai/jun 2019
[64] Pyrénées Atlantiques le mag n°80 avr/mai/jun 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°80 de avr/mai/jun 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : des médecins pour nos campagnes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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RENCONTRE AVEC UN AGENT DU DÉPARTEMENT On pourrait croire que nous sommes là pour juger si les gens sont de bons ou de mauvais parents. » C’est ainsi qu’Emmanuelle Delsuc, puéricultrice du service de protection maternelle et infantile (PMI) du secteur de Bayonne-Boucau, résume l’idée fausse que le grand public se fait parfois de son métier. Quand on lui parle de son métier, elle prévient tout de suite  : « Ce n’est pas juste un travail, c’est une passion ». Même sans cette précision, il suffit d’échanger quelques minutes avec elle pour constater la vigueur de cette passion. Dès l’âge de cinq ans, elle voulait exercer ce métier, avant même de savoir le dire. Elle s’émerveille toujours du « mystère de ce qui 24 Emmanuelle Delsuc lors d’un atelier de portage de bébé, au SDSEI Adour-BAB, à Bayonne, lors de la Semaine de la petite enfance. Emmanuelle Delsuc, puéricultrice  : « Aider les parents, pas les juger » L’agent du service de protection maternelle et infantile (PMI) fait partie d’une équipe de professionnels qui accompagne les familles et veille sur la santé des enfants. se passe dans la petite tête des bébés ». Elle regrette donc que des parents aient l’impression que le but du service PMI soit de contrôler, de surveiller, de séparer les enfants de leur famille. Son travail est au contraire d’accompagner les parents dans l’exercice de leur rôle de parents, de les aider à décoder le langage de leur enfant. « Si l’enfant établit un lien d’attachement de qualité avec ses parents, il ira bien. Rompre ce lien est toujours un dernier recours. » Une poupée russe Elle se voit comme une poupée russe  : l’enfant est la plus petite des poupées et il doit être entouré par sa mère. Elle-même a besoin d’être entourée par d’autres poupées  : sa propre famille et ses amis quand c’est possible, et si besoin, la puéricultrice qui doit à son tour être entourée par une équipe. Ce travail avec les autres professionnels du Département est fondamental et se déroule en collaboration avec les professionnels de santé du territoire. Ces échanges sont indispensables pour assurer au mieux l’accompagnement des familles, dans le respect et avec leur accord. Les interventions de la puéricultrice de PMI sont variées  : actions collectives au sein de lieux d’accueil parents-enfants, consultations avec le médecin dans les locaux du service départemental de la solidarité et de l’insertion (SDSEI) de Bayonne, visites à domicile. Elles sont l’occasion de parler des besoins du nourrisson
mais aussi de ce qu’il est capable de faire. Lors de ces rencontres, la puéricultrice est à l’écoute des parents. Elle intervient aussi dans les écoles maternelles pour faire un bilan de la maîtrise du langage, de l’audition et de la vision, avec un orthoptiste, des enfants de trois et quatre ans. Enfin, elle participe avec un autre professionnel à l’évaluation des situations à risques concernant de jeunes enfants. C’est ce qu’on appelle les situations préoccupantes. Gérer les pleurs du bébé Environ un tiers de son temps de travail est ainsi consacré aux 25 à 30 visites à domicile qu’elle assure mensuellement. Ces visites ont lieu majoritairement dans les six premiers mois du bébé et sont l’occasion d’accompagner la rencontre entre des parents et leur nouveauné. Un des sujets qui revient le plus souvent est celui de la gestion des pleurs du bébé qu’il faut apprendre à décoder comme un moyen de communication. « Le plus souvent, le bébé qui pleure est un bébé en bonne santé qui cherche à entrer en relation. S’il cesse d’appeler, c’est qu’il a perdu l’espoir d’être entendu. » La visite permet aussi de mettre l’enfant sur un tapis pour montrer ses compétences aux parents et leur proposer des activités pour les développer et les stimuler. « Il est très rare que je les prenne dans mes bras, précise-t-elle, mon rôle est d’accompagner la maman dans sa relation avec son bébé. » Elle ajoute  : « La physionomie de ces visites à domicile est très différente selon les besoins du secteur ». Tous les parents peuvent bénéficier d’aide et de conseils, notamment lors des actions collectives qui sont menées régulièrement par l’équipe, mais le suivi le plus proche est surtout proposé aux plus vulnérables, comme l’explique le D r Isabelle Roques, médecin de PMI, supérieure hiérarchique de la puéricultrice  : « C’est notre conception de la solidarité  : donner plus à ceux qui ont le plus besoin ». Un problème qui revient très souvent dans les situations à risques est celui des violences conjugales Pour résumer le rôle de la PMI, elle indique que le temps n’est plus aux injonctions et aux recettes sur ce que les parents doivent faire ou ne pas faire avec leurs enfants. « Il s’agit d’aider les parents à construire leur confiance en eux, à trouver par eux-mêmes comment se comporter avec leurs enfants. » Emmanuelle souligne avec un sourire  : « Si je connaissais des recettes, je m’en serais servie avec mes trois enfants ! » n PMI et plus Bio express 43 puéricultrices et 22 médecins Née dans le Lot-et-Garonne, Emmanuelle Delsuc grandit en Martinique. Revenue en France, elle suit à Bordeaux des études d’infirmière qu’elle complète par une spécialisation en puériculture. Elle est diplômée en 2002. En Gironde, elle exerce en hôpital et en PMI, puis elle dirige une crèche. En 2011, elle s’installe dans les Pyrénées-Atlantiques. Elle travaille en crèche pendant un an, puis elle rejoint le service PMI du Département, où son poste l’amène à se déplacer dans le Pays basque. Emmanuelle Delsuc se souvient d’une visite à domicile, l’été dernier, chez un jeune couple de réfugiés irakiens. Le mari travaillait, la femme, avec son jeune enfant, restait à la maison. Parlant peu le français, elle n’osait pas sortir pour faire les démarches administratives nécessaires. La puéricultrice raconte  : « Mon rendez-vous suivant venait d’être annulé. Je lui ai dit de prendre la poussette et nous avons fait ensemble le tour de Bayonne pour commencer ses démarches et pour lui montrer les arrêts de bus et tous les lieux où elle pourrait trouver du soutien et aller à la rencontre d’autres familles. » Le service départemental de PMI Santé publique se déploie sur 41 points de consultation. Vingtdeux médecins, 43 puéricultrices, 10 sages-femmes, trois orthoptistes et une psychomotricienne, assistés par une dizaine d’agents administratifs, y sont affectés. Les 13 agents de la mission Accueil enfance, qui gère l’agrément des assistants maternels, dépendent aussi de ce service. En 2017, les puéricultrices ont effectué 8 130 visites pour 2 088 enfants et 1 652 consultations en points d’accueil pour 3 137 enfants. Cette même année, 5 810 naissances ont été enregistrées dans le département. 64/LE MAGAZINE DU DÉPARTEMENT DES PYRÉNÉES-ATLANTIQUES/www.le64.fr 25



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