[64] Pyrénées Atlantiques le mag n°80 avr/mai/jun 2019
[64] Pyrénées Atlantiques le mag n°80 avr/mai/jun 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°80 de avr/mai/jun 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : des médecins pour nos campagnes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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SOLIDARITÉ(S) FAMILLE VIOLENCES CONJUGALES  : MIEUX COMPRENDRE POUR AGIR VITE POUR AIDER EFFICACEMENT LES FEMMES VICTIMES, LES PROFESSIONNELS SE CONCERTENT ET SE FORMENT, COMME C’EST LE CAS À BAYONNE. TÉMOIGNAGES. En France, chaque année, quelque 220 000 femmes sont victimes de violences physiques et sexuelles commises par leur conjoint ou exconjoint. Des violences qui ont aussi des conséquences graves sur la cellule familiale et sur les enfants. Le Département, dont l’une des missions est la protection de l’enfance en danger, est mobilisé pour offrir une porte de 10 sortie aux femmes et aux mères enfermées dans cette spirale infernale. À Bayonne, au sein du Service Départemental des Solidarités et de l’Insertion (SDSEI), les équipes sont tout particulièrement à l’écoute des signaux envoyés par les femmes en détresse. Encore faut-il pouvoir décrypter ces messages. Car les violences conjugales sont sous-tendues par des mécanismes psychologiques souvent Les équipes du SDSEI de Bayonne lors d’une action de prévention des violences faites aux femmes.complexes qu’il est important de comprendre pour bien interpréter certains comportements. « Il arrive que des professionnels qui ont accompagné une femme à sortir de la sphère de la violence admettent mal que cette personne retourne vivre auprès d’un conjoint maltraitant. Or, c’est souvent au terme de huit aller-retour qu’une femme violentée va quitter pour de bon le domicile », explique Maïder Infante,
psychologue au SDSEI de Bayonne. Avec ses collègues, elle a assisté en 2018 à un module de formation dispensé par le centre hospitalier de Bayonne et portant sur le repérage des violences conjugales. Un enseignement très utile pour comprendre les victimes. Celles-ci ont par exemple tendance à manifester des signes de dissociation traumatique. Lorsqu’elles font le récit des coups ou de la pression psychologique subis, elles peuvent alors adopter un ton froid, parfois très détaché. Les professionnels non préparés à ce comportement arrivent à douter du témoignage de la victime. « Chez ces femmes, le cerveau opère une sorte de protection naturelle qui, après un traumatisme, les place dans un état qui les coupe de leurs émotions. Elles peuvent aussi développer un état de stress post traumatique comme on le décrit par exemple chez les soldats de retour d’opérations très dures », souligne Isabelle Roques, pédiatre au sein du SDSEI de Bayonne. Parler le même langage Stéphanie Escandell, assistante sociale dans ce même service, compte poursuivre cette formation. Son objectif est d’approfondir sa connaissance de ces phénomènes mais également de mieux connaître les partenaires amenés à intervenir lorsqu’une femme décide de parler. « Dans ce cas, il faut aller vite. Notre mission alors est de coordonner les parcours, d’accompagner les victimes et de les mettre à l’abri dans un hébergement d’urgence. Cela se fait avec d’autant plus d’efficacité que nous connaissons les acteurs à mobiliser et que l’on partage une lecture commune de ces situations. » Il est devenu primordial que les médecins, puéricultrices et sages-femmes du service de protection maternelle infantile (PMI), les psychologues, ou bien encore les assistantes sociales parlent le même langage. Désormais, c’est tout une chaîne d’action qui se met en place pour un travail plus efficace  : hôpital, police, justice, associations d’aide aux victimes, CPAM, Éducation Maïder Infante, psychologue, et Isabelle Roques, pédiatre au SDSEI de Bayonne, se sont formées à la détection et aux mécanismes des violences conjugales. 64/LE MAGAZINE DU DÉPARTEMENT DES PYRÉNÉES-ATLANTIQUES/www.le64.fr PAROLE D’ÉLUE « Parler sauve... Lever la loi du silence qui condamne les femmes victimes de violences, à la perte d’elle-même jusqu’à un point de non retour parfois... Parce que les enfants, en première ligne, sont des victimes directes de cette violence quotidienne (les recherches neuroscientifiques le prouvent), nous devons absolument agir pour prévenir. En formant nos équipes des SDSEI, en nommant les violences verbales, psychologiques, physiques comme inacceptables, en aidant les victimes à les dénoncer, nous participons à sauver les femmes et les enfants d’aujourd’hui et aussi les adultes de demain. Car il n’y a pas de petites violences... toutes portent atteinte à la dignité et à l’intégrité de la personne. » Annick Trounday Idiart, conseillère départementale de la Montagne basque, déléguée à l’enfance, à la famille, à la prévention et à la santé nationale, médecins traitants, personnels des crèches et du logement d’urgence, sans oublier les services départementaux. L’an dernier, 314 professionnels, tous secteurs confondus, ont assisté à quatre modules de formation mis en place par l’hôpital de Bayonne. Objectif  : améliorer le repérage et l’orientation des femmes en détresse. « En 2015, j’avais déjà suivi un colloque du Centre d’information sur les droits des femmes. Depuis, lors de mes entretiens avec des femmes enceintes, la question d’éventuelles violences fait systématiquement partie des antécédents que j’évoque avec elles, au même titre que le tabagisme ou l’alcool. Je m’aperçois que le fait d’en parler ainsi est bien mieux vécu par les futures mamans. Or, le droit français reconnaît aux femmes enceintes le statut de personnes vulnérables, c’est pourquoi il nous appartient de faire une information préoccupante si nous estimons qu’il y a un danger », explique Anne-Marie Busselier, sage-femme à la protection maternelle et infantile (PMI) de Bayonne. Une culture commune de ces situations s’établit aujourd’hui entre tous les professionnels qui ont à cœur de venir en aide aux femmes et aux enfants. n UNE UNITÉ D’ACCUEIL Le Conseil départemental participe au financement d’un projet d’unité de victimologie au sein du centre hospitalier de la Côte basque. Cette unité accueillera les familles. Pour la conseillère départementale Annick Trounday Idiart, « c’est bien là le rôle essentiel de notre protection maternelle et infantile et de ses acteurs qui œuvrent au quotidien dans l’accompagnement des parents et des enfants en détresse ». 11



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