[64] Pyrénées Atlantiques le mag n°79 jan/fév/mar 2019
[64] Pyrénées Atlantiques le mag n°79 jan/fév/mar 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°79 de jan/fév/mar 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : le département avec ses agriculteurs.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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RENCONTRE AVEC Cédric Nicolau, devant l’un des engins de déneigement. Son métier exige polyvalence, autonomie et compréhension du travail des conducteurs. Cédric Nicolau, mécanicien des neiges  : « Il faut être un couteau suisse » Basées en montagne, les équipes du Département assurent l’accessibilité des routes durant tout l’hiver. Rencontre avec l’un de ces mécaniciens. Là-haut, le mécanicien est livré à lui-même, il doit être autonome », explique Cédric Nicolau. Chaque année depuis 12 ans, ce mécanicien du Département séjourne une semaine sur deux dans le centre de déneigement de La Pierre Saint-Martin, de novembre à avril, passant ses nuits en dortoir, avec les équipes de conducteurs, du lundi à 8 h jusqu’au lundi suivant à 8h, quand arrive son collègue qui lui 24 succède pour la semaine suivante. Ces équipes assurent l’accessibilité des routes de montagne durant tout l’hiver. Seul mécanicien en poste dans le centre, Cédric Nicolau assure le bon fonctionnement de tous les engins et de leurs équipements. Cette activité exige polyvalence et autonomie. Il faut veiller à la sécurité des agents qui utilisent ces engins, mais il faut aussi faire les petites réparations sans nuire au travail des équipes en les immobilisant et sans avoir les ressources d’un magasin de pièces détachées. Il doit donc improviser et trouver des solutions dans l’urgence. « Il faut être un couteau suisse », s’amuse-t-il. Tout ce que Cédric a appris, dans des formations et auprès de ses collègues, lui est ainsi bien utile  : hydraulique, soudure, électricité, climatisation… Les conditions extrêmes dans lesquelles ces engins sont utilisés compliquent singulièrement son travail  : « Si le chauffage de votre voiture
est en panne, explique-t-il, votre conduite est simplement moins confortable. Dans un engin de déneigement, ça empêche toute visibilité. C’est la même chose pour un essuie-glace. » Seul un mécanicien expérimenté peut faire face à ces difficultés. Il doit être capable de prévenir une panne, de « sentir » quand une pièce doit être changée, d’entendre les « bruits suspects » d’un moteur. Cédric évoque avec fierté le cas d’un Alpicrabe, chasse-neige de 20 tonnes équipé de lames à l’avant et d’outils latéraux, sur lequel il a pu détecter à l’avance un problème d’embrayage. Il a ainsi pu commander la pièce sans attendre qu’elle cède et planifier le transport en convoi exceptionnel à l’atelier de Pau pour une réparation pendant deux jours de beau temps. Car, bien sûr, les prévisions météo imposent leur rythme  : pour des raisons évidentes, les agents ne peuvent travailler plus de 60 heures sur une période de sept jours et il faut gérer son temps pour anticiper un week-end de mauvais temps qui nécessitera une activité plus soutenue. La vie en communauté « On doit aussi savoir comment on travaille avec ces engins, pour mieux comprendre les demandes des chauffeurs et mieux maîtriser leur fonctionnement. Grâce à cette expérience, la sensibilité du mécanicien est amplifiée. » Il conduit donc aussi les engins dans les opérations de déneigement. « C’est la partie gratifiante du travail, explique Stéphane Caillabet, le chef d’atelier. Tous les mécaniciens aiment conduire les machines. » Cédric, amateur de sport automobile pendant ses loisirs, ne va certes pas le contredire sur ce point. Le mécanicien doit aussi s’adapter à la vie en communauté, avec les équipes de conducteurs qui se succèdent, les nuits en dortoir, loin de sa famille pendant une semaine complète. « Il faut faire des concessions, sur les programmes TV par exemple, ajoute Cédric avec un sourire. Mais c’est aussi l’occasion de passer de bons moments. » A commencer par les déjeuners, préparés par une cantinière du Département dans chaque centre, pour ménager des moments de détente en commun. A 38 ans, conscient des enrichissements que cette expérience très particulière lui a apportés, il aspire désormais à une activité professionnelle plus compatible avec une vie de famille et prépare un concours de technicien pour en faire profiter ses collègues dans des missions d’encadrement. n Bio express Après un BEP de mécanique poids lourds avec des mentions complémentaires en électricité, électronique, climatisation et réfrigération, Cédric Nicolau a exercé dans un garage de poids lourds à Tarbes pendant huit ans, avant de passer le concours pour rejoindre l’atelier du Département en 2006. Il a également été pompier volontaire pendant 17 ans, mais la difficulté de concilier les astreintes de cette mission avec celle de sa profession l’ont amené à renoncer à cet engagement bénévole en 2014. Le Service opérationnel départemental du parc L’atelier du Service opérationnel départemental du parc (SODP) gère intégralement l’entretien et les réparations des quelque 450 véhicules du Département (hors véhicules légers). Il emploie 18 personnes, en comptant les cadres. Sur les 12 mécaniciens qui y exercent, six sont mobilisés dans les trois centres de déneigement du 15 novembre au 15 avril. Ces centres départementaux de déneigement sont situés à des emplacements stratégiques pour garantir l’accès aux stations de ski et aux routes transfrontalières  : la Pierre Saint-Martin, Gourette et Artouste. Un climat qui change Interrogé sur une modification des conditions de déneigement liées au réchauffement climatique, Cédric nous confie qu’il a constaté, en 12 ans, un dérèglement du climat  : passage brutal de températures très positives à de grosses chutes de neige, voire des tempêtes, températures plus extrêmes. Stéphane Caillabet, le chef d’atelier, qui a aussi passé 13 ans en centre de déneigement, confirme  : « Auparavant, les grosses chutes de neige étaient seulement en janvier-février. Désormais il y en a à tout moment entre novembre et mai. » 64/LE MAGAZINE DU DÉPARTEMENT DES PYRÉNÉES-ATLANTIQUES/www.le64.fr 25



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