[64] Pyrénées Atlantiques le mag n°78 nov/déc 2018
[64] Pyrénées Atlantiques le mag n°78 nov/déc 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°78 de nov/déc 2018

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : le 64 roule pour le vélo.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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SOLIDARITÉ(S) TECHNOLOGIE Numérique  : le département accompagne les habitants Avec le déploiement du réseau à très haut débit, des dispositifs vont aider chacun à s’approprier les technologies de communication. Aujourd’hui, 16% de la population française n’utilise pas Internet. Et près d’une personne sur trois déclare ne pas être en capacité d’effectuer des démarches en ligne. A l’heure du déploiement du très haut débit et de l’irruption massive des technologies numériques dans notre vie quotidienne, ces statistiques posent question. Comment ne pas laisser sur le bord de la route une partie de la population alors que la plupart des démarches administratives s’effectuent aujourd’hui en ligne ? que 80% des offres d’emploi sont publiées sur Internet ? que 4 000 applications sont dédiées à l’amélioration de la santé ? ou que les achats de produits et services à moindre coût passent aujourd’hui par des sites internet et des applications mobiles ? Selon une étude d’Emmaüs Connect 1, les exclus du numérique sont généralement des personnes peu diplômées, des jeunes en difficulté, des personnes âgées, en situation de handicap ou 12 d’isolement. Ces populations sont ralenties ou bloquées dans leur insertion professionnelle ou sociale, mais aussi dans leur accès aux droits. Le Département des Pyrénées-Atlantiques a décidé de prendre cette thématique à bras le corps en mettant en place une politique d’inclusion numérique, accompagné en cela par WeTechCare, la start-up sociale d’Emmaüs Connect. Il s’agit d’une démarche multipartenariale à laquelle participent les collectivités, les services de l’Etat, le Pôle emploi, la Caf, l’Assurance maladie, des structures d’insertion, des associations mais aussi des opérateurs privés de l’énergie ou des transports. Les premiers ateliers sont menés cet automne, à titre expérimental, afin d’accompagner les populations et de répondre à une attente bien réelle. Au bénéfice de tous En effet, selon une autre étude 2, un tiers des Français souhaitent être aidés dans leurs Un tiers des Français souhaitent être aidés dans leurs démarches numériques grâce à des lieux de proximité. Photo Constance Decorde démarches numériques grâce à des lieux de proximité. C’est à cette demande qu’entend répondre le Département. « Nous devons donner du sens aux investissements financiers que nous réalisons pour amener le très haut débit partout. C’est pourquoi nous travaillons main dans la main avec les communautés de communes et communautés d’agglomération pour mutualiser nos actions en faveur des populations et des communes. Développer les usages numériques, c’est aussi dynamiser les territoires », rappelle Nicolas Patriarche, conseiller départemental délégué au numérique. L’apprentissage des usages numériques commence dès le plus jeune âge. Aussi, le Département propose-t-il depuis quatre ans des modules d’éducation à la citoyenneté numérique dans les collèges qui en font la demande. « Nous ciblons prioritairement les 6 e pour leur donner les bons réflexes car les 5 e sont déjà hyperconnectés », précise Véronique Lipsos-Sallenave, vice-présidente du Conseil départemental et déléguée à la jeunesse. « Il s’agit d’apprendre aux élèves à utiliser les nouveaux médias tout en assurant la protection de leur identité numérique et de leur vie privée sur internet. Nous voulons les inciter à une pratique raisonnée et responsable des réseaux sociaux et leur apprendre également à se déconnecter », complète l’élue du canton de Pau 4. Par ailleurs, la montée en puissance des équipements numériques rend également les services départementaux plus performants. Récemment dotés d’outils mobiles connectés, les travailleurs médico-sociaux peuvent par exemple fournir un service plus rapide et plus complet à leurs publics. n 1 - Emmaüs Connect est une association du Mouvement Emmaüs. Depuis sa création en 2013, elle a accompagné 30 000 personnes cumulant précarité sociale et difficultés numériques. 2 - Source  : Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc).
PAROLE D’ÉLUE « Le déploiement de la fibre optique dans les Pyrénées-Atlantiques nous projette dans le sens de l’histoire et va nous permettre de tourner définitivement la page de la fracture numérique qui peut encore exister entre les grandes agglomérations et le reste du département. En parallèle, nous allons accompagner les habitants à se saisir de ces nouveaux outils qui permettront par exemple le développement du télétravail, de la télémédecine ou de la formation. Aussi, nous saisissons l’occasion du chantier de construction du réseau pour accompagner les personnes en parcours d’insertion vers les nouveaux métiers de la fibre, au travers notamment de formations adaptées. C’est une extraordinaire opportunité d’emploi dont nous voulons faire profiter les habitants du département. » Anne-Marie Bruthé, Conseillère départementale des Pays de Bidache, Amikuze et Ostibarre, déléguée à l’insertion EMPLOI Du RSA à la fibre optique Les services départementaux accompagnent les personnes en parcours d’insertion vers les nouveaux métiers du numérique. Exemple de réussite avec un jeune ex-allocataire du RSA et réfugié politique. J’ai dû fuir mon pays, l’Irak, et la ville de Mossoul où j’habitais », raconte Rami Khalil Khadar d’une voix calme et douce. Cet homme de 29 ans est arrivé en France fin 2014 avec le statut de réfugié politique. Puis il s’est installé à Pau, où résidait déjà sa sœur. Moins de quatre ans après avoir posé ses valises dans les Pyrénées-Atlantiques et bénéficié d’un accompagnement dans le cadre de son RSA, Rami Khalil Khadar a signé son premier CDI, cet été. Il est technicien réseau chez Caum. Cette entreprise de Lescar est spécialisée dans l’installation et l’intégration de systèmes de télécommunication. Elle a notamment pour partenaires des grands groupes du secteur (Orange, Eiffage, SFR…) et participe au chantier de déploiement du très haut débit dans le département. Le travail de Rami Khalil Khadar est de réaliser des raccordements. Si une partie des tâches consiste à tirer des câbles et nécessite une certaine force physique, l’essentiel de la mission demande précision et minutie pour raccorder des fils dont l’épaisseur est proche de celle d’un cheveu. « Nous effectuons 54 branchements par jour. On soude, on fait de la maintenance, du fibrage. C’est un travail qui me plaît, où je suis autonome, avec des possibilités d’évolution dans l’entreprise vers des postes plus administratifs », explique le jeune père de famille irakien dans un français très correct. Les besoins du territoire Pour trouver cet emploi, Rami Khalil Khadar a bénéficié de l’accompagnement de l’un des 26 animateurs locaux d’insertion (Alie) du Département. « Comme nous le faisons pour chacun de nos bénéficiaires, nous l’avons aidé à mettre en place son projet socio-professionnel en tenant compte, d’une part, de sa qualification et, d’autre part, des besoins du territoire », résume Anne-Marie Bruthé, conseillère départementale déléguée à l’insertion. « Ainsi nous avons pu l’orienter vers un secteur porteur, en l’occurrence la fibre optique, avec une qualité d’emploi à la clé », complète Salahadine Isseini, l’animateur local d’insertion qui a suivi Rami Khalil Khadar tout au long de son parcours. Rami Khalil Khadar est un homme qui apprend vite. Et qui a su se réorienter professionnellement. Il aura suivi ici 200 heures de cours de français, 560 heures de formation qualifiante rémunérée auprès du Greta d’Oloron-Sainte- Rami Khalil Khadar, technicien réseau, en juillet dernier à Pau. Marie, complétées par deux semaines de stage, sans oublier une aide au code de la route pour son permis de conduire. Puis sont venus les premiers contrats dans une agence d’intérim et l’entrée chez Caum. Rami Khalil Khadar a été l’un des premiers à être orientés vers les métiers de la fibre optique par les services d’insertion du Département. Avec la montée en puissance du besoin de main d’œuvre dans ce secteur, l’offre de formation va se développer et les opportunités se multiplier. « C’est moins la connaissance initiale que la motivation à apprendre ces métiers qui compte », souligne Anne-Marie Bruthé. Les formations proposées par le Greta sont accessibles quel que soit le niveau de qualification initial. Et de rappeler également que les métiers de la fibre optique sont par ailleurs très largement ouverts aux femmes. n 64/LE MAGAZINE DU DÉPARTEMENT DES PYRÉNÉES-ATLANTIQUES/www.le64.fr 13



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