[64] Pyrénées Atlantiques le mag n°75 sep à déc 2017
[64] Pyrénées Atlantiques le mag n°75 sep à déc 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°75 de sep à déc 2017

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : l'insertion met le cap sur l'emploi.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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SOLIDARITÉ(S) CES ANIMAUX QUI APAISENT AU CONTACT DE CHEVAUX OU DE CHIENS, LES ENFANTS EN GRANDE DIFFICULTÉ RETROUVENT CONFIANCE. DES ÉTABLISSEMENTS SPÉCIALISÉS FONT L’EXPÉRIENCE DE CETTE MÉDIATION. ENFANCE A Anglet, au foyer de l’enfance du Pays basque, Patxi(1), 16 ans, et Marieder Iriart, éducatrice spécialisée, se retrouvent pour une matinée particulière. Ils montent en voiture en compagnie de Négu, le jeune chien de Marieder Iriart, pour rejoindre un jardin public de Bassussary. Patxi a fait connaissance avec Négu, il y a quelques semaines, lors de son arrivée au foyer. « Il m’a semblé que mon chien pouvait faciliter la communication avec les jeunes. A la fin de l’année 2016, j’ai suivi en Isère Patxi, pensionnaire du foyer de l’enfance du Pays basque, dirige Négu, le chien de son éducatrice, Marieder Iriart. 10 une formation en zoothérapie et les premiers retours d’expérience avec les jeunes du foyer montrent que l’on obtient des résultats », raconte l’éducatrice. De retour au Pays basque, elle a donc proposé un atelier de médiation animale. Dans le parc, Négu est dirigé en langue basque par l’adolescent qui, petit à petit, reprend confiance en lui. Avec discipline, il indique au chien le parcours à suivre et les obstacles à franchir. A la fin de la séance, l’adolescent étreint l’animal et regagne son établissement, sourire aux lèvres. Ponctualité respectée, communication facilitée, meilleure maîtrise de soi  : les professionnels du foyer sont unanimes pour reconnaître les bienfaits qu’apporte l’animal aux jeunes malmenés par la vie. Retrouver la confiance A Briscous, à la ferme Menautegia, Jorge Ramirez a fait de la médiation animale l’un des axes de son travail. Les chevaux occupent ici une place de choix dans l’accompagnement individualisé d’enfants et d’adolescents en difficultés sociales
PAROLE D’ÉLUE « La protection de l’enfance est une mission essentielle du Conseil départemental, en tant que chef de file de l’action sociale sur notre territoire. Notre rôle est d’accueillir, d’accompagner et de soutenir ces enfants, abîmés par la vie, au sein de structures où le professionnalisme et l’engagement humain ne font qu’un. Nous veillons, grâce à l’agrément et au financement accordés à ces établissements, à nous inscrire pleinement dans cette voie de la reconstruction de chacun, par exemple au travers de la médiation animale à visée thérapeutique. Notre objectif  : que les jeunes accueillis reprennent confiance en eux par l’autre et avec l’autre. Ces structures leur permettent de retrouver des forces, de grandir un peu, puis de continuer le chemin de leur vie. » Annick Trounday-Idiart, Conseillère départementale de la Montagne basque, déléguée à l’enfance et à la famille et familiales. « Notre force, c’est de pouvoir offrir à chaque enfant ce dont il a besoin au travers d’une prise en charge à la carte. Certains jeunes en très grande difficulté ont besoin de se retrouver au milieu d’une équipe pluridisciplinaire comme la nôtre », explique-t-il. La ferme Menautegia, gérée par l’association Cheval accompagnement, met en pratique le « vivre avec ». Ce qui veut dire que les jeunes mettent la main à la pâte pour l’entretien de la structure, la préparation des repas et bien entendu le soin apporté aux animaux. « Le cheval est très dépendant de l’homme. Ici, c’est un peu la nature qui impose son autorité à des enfants qui, au début, sont souvent très réfractaires. Au travers de la relation qu’ils vont nouer avec le cheval, nous arrivons à décrypter leur vécu et leur état actuel. Il faut savoir que 90% de nos pensionnaires arrivent ici avec une très mauvaise image d’eux-mêmes. Le cheval et tout l’environnement de cette ferme leur redonnent confiance », poursuit Jorge Ramirez. Ce que confirme Julie  : « Je me mets moins de barrières aujourd’hui. Le cheval m’aide à croire un peu plus en moi », dit l’adolescente. Un havre de paix L’attachement à l’animal précède souvent le rétablissement de la communication avec le monde des adultes. Séances après séances, des jeunes murés dans le silence parviennent à s’ouvrir aux autres. Le cheval balaie leurs L’association Cheval bleu travaille avec des équidés pour aider les jeunes à se réinscrire dans un projet. 64/LE MAGAZINE DU DÉPARTEMENT DES PYRÉNÉES-ATLANTIQUES/www.le64.fr angoisses et leur ouvre un nouveau chemin. En outre, l’apprentissage des règles, prérequis avant de pouvoir monter, est un vecteur de médiation incontournable pour les professionnels qui accompagnent ces jeunes dans leur reconstruction. Le travail que mène l’association s’inspire des théories de Renée de Lubersac, fondatrice, en 1986, de la Fédération nationale de thérapie avec le cheval. A Lichos, près de Mauléon, l’association Cheval bleu s’inscrit dans cette même veine. Elle a ouvert, en décembre 2016, une structure expérimentale, baptisée Ekhi et agréée par le Conseil départemental. En pleine campagne, chevaux et animaux peuplent les abords d’une charmante bâtisse. Ici, les enfants accueillis parviennent à apaiser leur anxiété au contact de leurs compagnons à quatre pattes. Le projet est né en 2002. Des professionnels souhaitaient alors proposer des solutions nouvelles à des jeunes de 6 à 13 ans en grandes difficultés. Atteints de troubles du comportement ou de troubles psychiques, parfois les deux, les enfants concernés portent très souvent un lourd bagage  : un passé fait de violence et de mésestime de soi. Ekhi leur propose un accueil à temps plein qui peut s’étendre d’une semaine à une année maximum, avec une possibilité de renouvellement en fonction du projet du jeune. Dans ce havre de paix, les jeunes cohabitent avec les chevaux et se réinscrivent dans un projet de vie. Le début d’un apaisement. n (1) les prénoms ont été changés. 11



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