[64] Pyrénées Atlantiques le mag n°74 jun/jui/aoû 2017
[64] Pyrénées Atlantiques le mag n°74 jun/jui/aoû 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°74 de jun/jui/aoû 2017

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : une fabuleuse nature à découvrir ensemble.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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GRAND ANGLE/BIODIVERSITÉ plantes à fleurs blanches que sont le pittosporum ou le baccharis. Ils sont de même incollables sur la renouée du Japon ou la majestueuse herbe de la pampa, communément appelée « plumeau ». « Toutes ces plantes sont des espèces végétales invasives et elles menacent d’étouffer et de faire disparaître les bruyères, fougères et ajoncs endémiques », martèle Mathias Le Trouvé, aux côtés de ses camarades de classe Magdelène Martin-Braud et Yoan Agesta. Ils connaissent le sujet. Dans le cadre de leurs études, ils localisent et cartographient les plantes invasives de la commune de Guéthary. Les données de leur recensement seront versées dans l’Atlas de la biodiversité communale. Les plantes invasives ne constituent pas la seule menace pour la biodiversité. Les animaux exotiques ne sont pas en reste  : ragondins (Amérique du sud), écrevisses de Louisiane ou ratons laveurs (Etats-Unis) provoquent des dégâts considérables. Leur pouvoir de prédation remet en cause l’équilibre de nos écosystèmes. Les ENS, outils de développement Dans la lutte engagée contre les espèces invasives, les ENS sont de parfaits terrains d’expérimentation de techniques naturelles d’éradication. Reste que les multiples fonctions et utilisations qu’offrent les 48 ENS des Pyrénées-Atlantiques en font un peu les couteaux suisses des politiques publiques de valorisation du patrimoine naturel. Réservoirs d’espèces rares ou emblématiques, ils sont des laboratoires à ciel ouvert dans lesquels les professionnels de la nature procèdent à des recensements, observent l’évolution des habitats et de leur population. Ils accueillent également des lycées professionnels qui y mènent des chantiers pédagogiques ainsi que des associations d’insertion qui en assurent l’entretien dans le cadre de contrats rémunérés. Enfin, ils sont ouverts à la population. Pour les communes, le classement en ENS d’une partie de leur territoire est devenu un enjeu de développement. Le patrimoine naturel est à la fois indissociable de l’histoire locale et constitue un facteur d’attractivité. A l’ouest de Pau, sur les bords du gave, le village de Siros est historiquement lié à la saligue 3 qui s’étend sur une centaine d’hectares, soit la moitié de sa superficie. On y trouvait autrefois le bois pour le chauffage et l’artisanat, le sable et les galets pour la construction des maisons, des plantes pour la médecine, des gibiers pour la fourrure et la viande. « Les Sirosiens sont très attachés à leur saligue. C’est un site qui est toujours très fréquenté par les marcheurs, les cavaliers et les chasseurs », témoigne le maire, Christophe Pando. « Nous souhaitons conserver cette saligue mais nous n’avons pas les moyens, seuls, de l’entretenir et de la protéger, notamment contre les dépôts sauvages de déchets ou la circulation d’engins motorisés. A cela, il faut ajouter le fait que des parcelles sont vendues à des 16 UN BUDGET MOYEN DE 3,2 MILLIONS  € Sur les quatre derniers exercices budgétaires, le Département a consacré en moyenne 3,2 millions d’euros annuels à ses actions en faveur du patrimoine naturel. Ce budget est abondé par la part départementale de la taxe d’aménagement, prélevé sur les permis de construire. 48 ESPACES NATURELS SENSIBLES Il existe 48 espaces naturels sensibles (ENS) dans les Pyrénées-Atlantiques. Quinze d’entre eux sont propriétés intégrales ou partielles du Département. Les ENS représentent 4 000 ha, soit 0,4% de la superficie des Pyrénées- Atlantiques. Le Département consacre 6,3 équivalents temps plein (ETP) à la gestion des ENS. UN ATLAS DES PAYSAGES Neuf volumes, des centaines de dessins, des données morphogéologiques, architecturales, écologiques, historiques  : L’Atlas des paysages, édité par le Département 64, est un outil de connaissance partagée qui cartographie la centaine d’unités paysagères des Pyrénées-Atlantiques. L’Atlas des paysages est notamment consultable à l’hôtel du Département ainsi que dans les deux antennes du Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE). NOUS DEVONS CONSIDÉRER L’ENVIRONNEMENT COMME PARTIE INTÉGRANTE DE L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE privés par leurs propriétaires et que, contrairement au Département, nous n’avons pas de droit de préemption pour éviter ce phénomène », explique l’élu. Sollicité par la commune, le Département vient d’accorder cette année le classement de la saligue de Siros en ENS. « Cela nous donnera plus de poids en matière de gestion et d’aménagement, mais aussi de sensibilisation du public », se réjouit Christophe Pando. Un bonus également dans le cadre du parc naturel urbain du Gave. Ce programme d’aménagement de la communauté d’agglomération Pau- Béarn-Pyrénées pourrait naturellement faire la jonction avec le nouveau périmètre privilégié mais non sanctuarisé de la commune de Siros. La nécessaire main de l’homme Protéger une partie du territoire ne signifie pas le mettre sous cloche. « Certaines espèces rares sont totalement inféodées à une gestion particulière. Nous devons donc être attentifs à préserver certains habitats, souvent au prix d’une surveillance constante », rappelle la responsable du pôle ENS, Bernadette Malterre. Exemple  : le Département a entrepris de replanter 19 000 arbres dans le secteur des Crêtes blanches, au-dessus de Gourette, où un champignon avait décimé pins sylvestres et précieux pins à crochets. Sans cet investissement colossal en temps, c’est à la fois un pan du patrimoine local et un paravalanche naturel qui auraient disparu. Au-delà d’une gestion adapté à chaque ENS, le Département procède aussi à des aménagements légers qui assurent leur mise en valeur et leur ouverture au public  : sentiers, signalétique, espaces de stationnement périphériques, cabane à outils, abris à ruchers ou encore bâtiment d’accueil du public, comme celui qui sera érigé l’an prochain sur la colline de la Bergerie, à Cambo-les-Bains. Les services départementaux ne sont pas les seuls acteurs du patrimoine naturel. Mises bout à bout, les réglementations environnementales constituent un patchwork d’espaces et d’espèces préservés  : directive Oiseaux, loi Littoral, loi sur l’eau et les milieux aquatiques, zones
La betizu, une vache sauvage que l’on trouve uniquement au Pays basque. Natura 2000, parc naturel des Pyrénées, décrets ministériels de protection des espèces… « Les zones naturelles protégées représentent 1% de la superficie du territoire national », tempère cependant François Esnault, « et nos ENS ne couvrent que 0,4% des Pyrénées-Atlantiques, ce qui nous oblige à considérer les bassins versants dans la mise en place de nos actions ». Autrement dit, la gestion d’un périmètre naturel ne sera efficace qu’à condition que son environnement direct soit aussi géré en cohérence avec des principes de préservation. D’où le renforcement, initié par le Département, des réunions d’information, rencontres et animations avec les maires, agriculteurs, chasseurs, bergers et acteurs de la nature du territoire. « La multiplication des interlocuteurs offre l’avantage de croiser les Un drosera, plante insectivore qui pousse dans les tourbières du département. regards. Cela prend plus de temps pour mettre en place les projets mais au final, ceux-ci sont mieux structurés », analyse François Esnault. Partenaire privilégié du Département, le conservatoire d’espaces naturels (CEN) d’Aquitaine a par exemple engagé une démarche collaborative avec les agriculteurs du bassin versant de l’étang d’Errota Handia, une réserve régionale située sur la rivière Uhabia, à Arcangues. Un diagnostic a d’abord été posé. Lors d’épisodes de crues, des ravinement altéraient son écosystème. Les terres cultivées environnantes, plantées en maïs, étaient quant à elles soumises à une forte érosion. « Les agriculteurs étaient les premiers d’accord pour agir mais ils n’en avaient pas les moyens », raconte Tangi Le Moal, chargé de ce dossier au CEN Aquitaine. Tous les acteurs concernés se sont mis autour de la table. Après démarches, le bassin a pu bénéficier de mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC), décidées par l’Europe. Les agriculteurs soutenus ont pu modifier leurs pratiques agricoles. « Cette réussite montre que nous devons considérer l’environnement comme partie intégrante de LA NATURE DANS LA LOI Le Département, dans la mise en œuvre de ses politiques consacrées au patrimoine naturel, travaille en collaboration avec l’Etat et les collectivités locales, mais aussi les acteurs de l’éducation, les associations naturalistes, de pêche, de chasse, l’Office national des forêts (ONF), les conservatoires d’espaces naturels et du littoral… Les trois Centres permanents d’initiatives pour l’environnement (CPIE) des Pyrénées-Atlantiques sont des partenaires privilégiés pour la mise en place d’actions et d’animations à destination de tous les publics. UNE PLEIADE DE PARTENAIRES Les Départements ont la responsabilité de la gestion du patrimoine naturel. Ils réalisent des missions de connaissance et d’inventaire. Ils mettent également en place des plans départementaux de randonnée (y compris motorisée) et identifient les sites de sports de nature. Ils participent à la préservation de la ressource en eau. Ils assurent une assistance technique aux collectivités en matière d’alimentation en eau potable et d’assainissement. 64/LE MAGAZINE DU DÉPARTEMENT DES PYRÉNÉES-ATLANTIQUES/www.le64.fr 17



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