[64] Pyrénées Atlantiques le mag n°72 oct/nov/déc 2016
[64] Pyrénées Atlantiques le mag n°72 oct/nov/déc 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°72 de oct/nov/déc 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : on investit pour l'avenir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CRÉATIVITÉ Mauléon. La commune de Soule est l’un des quatre sites pilotes avec Bedous, Tardets et Ustaritz. TERRITOIRES Les « rural labs » entrent en campagne Mené par le Département dans quatre communes, le projet Fenics a pour ambition de réhabiliter les centres-bourgs grâce à des solutions innovantes, aussi bien sur le plan technique que de l’organisation humaine. Demain, les vieux crépis et les vitres cassées ne seront plus qu’un lointain souvenir. Les bâtiments abandonnés des bourgs de nos campagnes rouvriront leurs portes closes. Ici naîtra un café-librairie, là une crèche, plus loin des logements où jeunes et seniors vivront ensemble, à moins que ce ne soit une épicerie sociale, une résidence pour personnes handicapées ou un atelier d’artistes. Ces bâtiments seront chauffés collectivement au bois ou par l’énergie solaire, leurs murs seront isolés par des matériaux biologiques issus de productions locales ou construits à partir de 20 produits recyclés. Leurs pièces seront éclairées par des systèmes de fibre optique qui capteront la lumière naturelle du dehors. Nos villages offriront alors à leurs populations grandissantes le sourire de leurs visages rajeunis. Ceci n’est pas une fiction. Mais bien une idée réaliste des résultats attendus du projet Fenics, lancé cette année par le Département pour une période de quatre ans et dont les premières concrétisations devraient voir le jour dès 2018. Fenics signifie « filière économique nouvelle pour l’innovation dans la construction et le social ». Il s’agit d’un programme pilote de revitalisation des centres-bourgs mené à Bedous, Mauléon, Tardets et Ustaritz. Quatre bourgs à la recherche d’un souffle salvateur. Quatre site pilotes pour un laboratoire rural expérimental, « rural lab » qui pourrait être un équivalent grandeur nature des « fablabs » qui fleurissent aujourd’hui dans les grandes villes. « Des solutions adaptées et frugales » A la différence des programmes que l’on connaissait jusqu’ici, Fenics place l’innovation au cœur de sa démarche, de l’élaboration du projet à sa réalisation. Cette innovation revêt divers
aspects. Elle est, d’une part, technique. Dans chacune des quatre communes du projet, de nouveaux procédés de réhabilitation seront expérimentés sur un bâtiment qui servira de modèle. « Le bâti ancien possède souvent des qualités intrinsèques bien meilleures que des constructions plus récentes. A l’encontre des idées reçues, il est donc possible de faire de la rénovation de qualité, avec des coûts maîtrisés », fait remarquer Frédéric Betbeder, ingénieur en bâtiment du centre de ressources technologiques Nobatek, l’un des partenaires du projet. Et les pistes menant à des solutions intelligentes ne manquent pas. « Une idée est d’utiliser la chaleur qui s’accumule en été dans les combles non-aménagés. On peut la récupérer par un système de pompe afin de s’en servir pour produire de l’eau chaude », illustre en exemple Frédéric Betbeder. « Tant sur le plan de l’architecture que de la construction, nous sommes là pour définir des solutions techniques adaptées et frugales. » Autrement dit, l’économie de moyens préside à chaque solution envisagée. L’innovation n’est pas l’ennemie de la maîtrise des coûts, comme le montre aujourd’hui le développement des énergies renouvelables. L’innovation est, d’autre part, sociale. Dans le projet Fenics, elle doit se concrétiser par de nouveaux modes de financement et de coopérations, ainsi que de nouvelles organisations du vivre-ensemble. « Nous travaillons sur deux axes, l’un social, l’autre économique. A partir Modélisation en 3D d’un bâtiment à rénover dans le cadre du projet Fenics. 64/LE MAGAZINE DU DÉPARTEMENT DES PYRÉNÉES-ATLANTIQUES/www.le64.fr d’un regard neuf, nous sommes là pour trouver les moyens de pourvoir aux besoins des populations », explique Fabienne Pinos, consultantchercheur chez Ellyx. Cette société, partenaire du projet Fenics, est spécialisée dans la création de nouveaux modèles de développement local. Elle conçoit notamment des montages financiers participatifs ou développe des modes de financement alternatifs et solidaires. S’il est trop tôt pour avancer des solutions précises dans le cadre de Fenics, une forme d’innovation sociale serait par exemple de faciliter l’accession à la propriété pour les jeunes à travers des modes collectifs, ou encore d’accompagner les personnes âgées isolées qui souhaitent se rapprocher des services des centres-bourgs. « Penser à l’échelle du village » La méthode de conduite du projet se démarque déjà par son originalité. « Fenics nous apporte un niveau de réponse que l’on n’espérait pas, tant sur le plan technique que financier », reconnaît le maire de Tardets, Arnaud Villeneuve, dont la commune est engagée depuis longtemps dans des réflexions de redynamisation de territoire. « Cette approche nous oblige à nous poser les bonnes questions et à penser à l’échelle globale du village. » En réunissant des équipes pluridisciplinaires, Fenics apporte un degré d’expertise inédit dans ce genre d’opérations. Premières concernées, les populations sont dès le départ associées au projet en étant invitées à participer à des ateliers de réflexion ouverts dans chaque bourg. « Habitants, commerçants, personnes âgées, jeunes, associations et forces économiques sont parties prenantes et se mobilisent réellement lors des réunions que nous organisons », s’enthousiasme Arnaud Villeneuve. Les artisans des bourgs concernés sont de même invités à entrer dans la boucle pour participer à la maîtrise d’œuvre de la réhabilitation du bâti. Fenics touche ici à un autre aspect innovant  : la diffusion de son expertise et de son savoir-faire. « L’idée est effectivement de pouvoir importer ailleurs les solutions qui seront mises en place ici », souligne Fabienne Pinos. Pour Arnaud Villeneuve, il ne fait pas de doute que « la démarche menée sur la problématique précise de la réhabilitation peut initier de nouveaux modes de fonctionnement communal qui pourront être appliqués à d’autres projets. » C’est ce qu’on pourrait appeler des avantages collatéraux. www.le64.fr - fenics@le64.fr n Des équipes à la pointe Deux équipes de recherche sont partenaires du projet Fenics. La première se compose d’ingénieurs et d’architectes des sociétés Nobatek, Soliha Pays Basque et V2S. Ils travaillent sur la rénovation du bâti ancien. La seconde est formée d’économistes, sociologues et juristes d’Ellyx, de L’Autre Entreprise et d’Aquitaine Active. Il proposent des nouveaux modes d’organisation sociale et de financement. Le Département, maître d’ouvrage, apporte également sa force d’ingénierie à laquelle s’ajoute l’expertise territoriale de l’Agence d’urbanisme Atlantique & Pyrénées (Audap). Un label national pour l’innovation Fenics a été sélectionné pour bénéficier du soutien de l’Etat dans le cadre du programme national Territoires catalyseurs d’innovation. Onze projets ont été retenus sur 180 dossiers. Fenics est le seul à s’intéresser aux territoires ruraux. D’un coût total de 1,2 million d’euros, ce programme de recherche et développement est financé à 52% par l’Etat au titre du Fonds national d’aménagement et de développement des territoires. Quatre bâtiments pilotes Dans chacun des bourgs, un bâtiment va faire l’objet d’une rénovation technique  : le château Daguerre à Tardets, la maison Etxeberria à Ustaritz, l’îlot Etchegoyen à Mauléon et l’ancien presbytère de Bedous. L’équipe technique de Fenics accompagne les communes afin de déterminer l’usage qui sera fait de ces bâtiments  : logements, commerces, ateliers d’artisanat, crèches, espaces culturels… Fenics en films Fenics est déjà sur les écrans. On peut en voir une vidéo de présentation sur le site internet du Département et sur ses réseaux numériques. Ce n’est qu’un début. Aldudarrak Bideo, partenaire du projet, a été chargée d’en garder la mémoire. La société coopérative de production audiovisuelle réalisera le feuilleton du projet. Elle proposera également des stages pour les jeunes et permettra aux habitants de tourner eux-mêmes des reportages sur des sujets qui les préoccupent. 21



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