[61] L'Orne Magazine n°76 jui/aoû/sep 2009
[61] L'Orne Magazine n°76 jui/aoû/sep 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°76 de jui/aoû/sep 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général de l'Orne

  • Format : (227 x 300) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 5,8 Mo

  • Dans ce numéro : un dossier sur la nature dans l'Orne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Dossier > Des espaces protégés et partagés 1 La Roche d’Oëtre et les gorges de la Rouvre 2 Le marais du Grand Hazé 3 Les gorges de Villiers 4 Le Vaudobin et les gorges du Meillon 5 Le Camp de Bierre 6 La tourbière des Petits Riaux 7 Le coteau de la Butte 8 Le coteau de la Bandonnière 9 Le coteau des Champs Genêts 10 Les prairies de Campigny 11 Le coteau des Buttes et de la Petite Garenne 12 Le coteau du Mont Chauvel 13 Le coteau de la Cour Cucu 14 Le coteau du Gland 15 La tourbière de Commeauche 16 La carrière des Monts 17 La carrière de la Tourelle 18 Le coteau de la Frênée 19 La grotte de la Mansonnière 20 L’étang du Perron 21 Marais de Bretoncelles* *le périmètre ENS vient d’être validé par le Département TOPO Silly-en-Gouffern Ancienne motte féodale Sur les cartes IGN, le site a toujours été mentionné, « camp des Romains », mais la densité de sapins sur cette portion de forêt, propriété de la commune du Bourg-Saint-Léonard, rendait toute recherche impossible. Il aura fallu la tempête de 1999 14 Orne Magazine > Juillet• Août• Septembre 2009• Tinchebray• Passais-la-Conception MON COUP DE CŒUR Josette Lasseur Maire de Silly-en-Gouffern « Je suis satisfaite, le site est sauvé notamment grâce à l’aide de tous les partenaires. Mon devoir d’élue est de sauvegarder le patrimoine, surtout quand la biodiversité est menacée. Silly (450 habitants) s’étend sur 40 000 ha dont 3 000 ha de forêt : des haras au tourisme, la nature est notre richesse et vous fait vivre. Je viens ici profiter du calme, de la perspective sur la vallée de la Dives, du chant des oiseaux, et du départ furtif d’un chevreuil ou d’un écureuil ».• Athis-de-l’Orne• Flers• Messei 2 1 Putanges-Pont-Ecrepin• 16 Argentan• Briouze Ecouché pour redécouvrir le site, et la forte motivation d’une élue, Josette Lasseur, maire de la commune voisine de Silly-en-Gouffern. Elle a su mobiliser autour de son projet de mise en valeur, les communes du Bourg-Saint- Léonard et d’Aubry-en-Exmes, l’Office national des forêts, la communauté de communes du pays d’Exmes... 5 4 Vimoutiers• 10 13 14 11 17 18 7 Exmes• 12 Mortrée• La Ferté-Macé 6 Courtomer• Domfront• Sées• Tourouvre Juvigny-sous-Andaine Carrouges• Bazoches-sur-Hoëne 15 3• 20 Longny-au-Perche Le Mêle-sur-Sarthe Mortagne-au-Perche• 8 SITE À L’ÉTUDE Alençon• Symbole du pouvoir seigneurial local au Haut Moyen-Age, la motte est conçue comme une place forte. Sur la partie haute s’élevait une tour de bois, tandis que la basse-cour entourée d’un double fossé et d’une palissade, servait de lieu de résidence. La situation de la motte de Sainte-Eugénie est significative : le regard embrasse toute 9• Gacé• Le Merlerault• Pervenchères• La Ferté-Fresnel Moulins-la-Marche• Bellême• L’Aigle• Nocé 19 Le Theil-sur-Huisne• La motte de Sainte-Eugénie Dans la forêt de Gouffern, la tempête de 1999 a eu le mérite de mettre à jour une motte castrale. Le site, qui abrite une flore rare, fait l’objet d’études préalables avant son classement au titre des ENS. 21 Bretoncelles Rémalard la vallée de la Dives, de Falaise à Chambois. Lors de la deuxième Guerre mondiale, durant la bataille de la poche de Chambois, l’armée allemande y avait établi un poste d’observation. De l’ancien château fort, et des occupations antérieures, on ignore tout : bien qu’inventorié depuis le début du XX e siècle, le site n’a jamais été fouillé. En revanche, il est connu de longue date des naturalistes et des scientifiques qui y ont identifié plusieurs espèces végétales rares et protégées. Une étude minutieuse menée par le Conseil général avec l’aide d’un jeune étudiant a permis de compléter l’inventaire. Le site ne risque plus de tomber dans l’oubli. Des aménagements ont été réalisés pour faire du site une étape patrimoniale sur un circuit de balade entre le Haras du Pin, le château du Bourg Saint-Léonard et le camp de Bierre. ■
Quel est le point commun entre des moutons de Ouessant, des chèvres communes de l’Ouest, des chevaux camarguais et des vaches écossaises ? Ces animaux rustiques travaillent tous à l’entretien de nos espaces naturels sensibles. Autrefois pâturés, pelouses, marais et prairies, victimes de la déprise agricole, se boisent naturellement aux dépens des espèces ayant besoin de lumière. Progressivement, les paysages s’uniformisent, la biodiversité disparaît au profit de SITE INSCRIT quelques espèces dominantes. Pour maintenir ces milieux en l’état, l’idée a donc été trouvée de réintroduire des troupeaux en pâturage, comme autrefois ! Le Conservatoire fédératif des espaces naturels (CFEN) gère et entretient les animaux mis en pâture toute l’année, en rotation, sur six ENS (1). « Les brouteurs sont mis à contribution sur les terres à maintenir en prairie. Pour défricher un terrain laissé à l’abandon, les chèvres communes de l’Ouest opèrent « en restauration » deux ou trois ans La Mansonnière A la fin de l’été, les chauves-souris viennent se reproduire par milliers aux abords de l’ancienne carrière de craie. Les géologues y étudient aussi la formation du karst. Creusée dans une roche calcaire poreuse, la grotte de la Mansonnière a servi à l'extraction de pierres à TOPO Bellou-sur-Huisne Carrière souterraine 12,86 ha MON COUP DE CŒUR Joël Rodet Géologue Chercheur au CNRS Président du CNEK « La Mansonnière est un témoin, unique au monde, par sa dimension et son étendue, des premières phases de creusement d'un réseau karstique. Généralement, l'eau en circulant élimine les traces des premières phases : ici, l'eau n'a pas formé de rivière souterraine ce qui a permis la conservation du karst. Son étude permet d'affiner la compréhension du cycle de l'eau et ainsi d'améliorer les mesures d'exploitation et de protection des ressources pour l’alimentation humaine. » Chèvre commune de l’Ouest. bâtir dès le 18 e siècle. Mais sans doute a-t-elle été utilisée bien avant, comme en témoigne l’église romane de Bellou-sur-Huisne. Après l’abandon de la carrière au LA GESTION DES SITES Faucheurs volontaires Pas d’engins motorisés sur les espaces naturels sensibles. Pour assurer l’entretien écologique des sites, on y fait paître des animaux toute l’année. sur le même site », explique Samuel Vigot, chargé au CFEN du suivi des troupeaux. Les races rustiques sont choisies pour leur résistance : inutile de les traiter systématiquement, ce qui aurait pour effet de polluer le site ; seuls les traitements indispensables (vermifuges) sont effectués. La présence de la chèvre commune de l’Ouest ou chèvre des fossés répond aussi à un objectif de sauvegarde de l’espèce qui a presque disparu du territoire national. Avec un troupeau d’une centaine de têtes, le CFEN gère début du 19 e siècle, elle est transformée en guinguette et devient la « belle carrière de la Gaieté ». Au lendemain de la guerre, elle est utilisée pour la culture des champignons, puis de nouveau abandonnée. C’est en 1982 que le Groupe Mammalogique Normand repère la grotte en pistant les chauves-souris. La découverte est d’importance : elle est l’un des principaux sites d’hibernation du Grand Murin, une espèce protégée au niveau national. La présence de quelque 500 animaux en hivernage, d’octobre à avril, lui vaut en 2003 d’être classée en site Natura 2000. Quand approche la fin de l’été, les chauves-souris arrivent par milliers pour se reproduire aux abords de la grotte. C’est alors le moment idéal pour GMN aujourd’hui le premier cheptel de France. Tous ces animaux qui paissent en liberté sur les sites sont visibles. Mais attention toutefois à ne pas s’en approcher de trop près : ils sont à l’état semisauvage. Pour avoir la chance de voir poulains, chevreaux et agneaux, rendez-vous au printemps. ■ (1) Coteau des Champs Genêts, coteau de la Bandonnière, coteau de la Butte, coteau du Mont Chauvel, carrière des Monts, prairies de Campigny. La science des pierres Si le Centre Normand d’Etude du Karst et des Cavités du sous-sol (CNEK) s’intéresse aussi à la Mansonnière, c’est pour son labyrinthe de galeries naturelles. Plus de trois kilomètres courent sous terre dont un a été exploré par les chercheurs du CNEK. L’étude scientifique a démontré la présence de karst, produit de l’altération de la craie par les agents acides transportés par l'eau, qui a la particularité d’être resté au premier stade de sa formation. Le site a ainsi acquis une réputation internationale avec la venue de scientifiques étrangers. venir observer ces animaux discrets. Le 29 août, à l’occasion de la 13 e nuit européenne de la chauve-souris, le Groupe Mammalogique Normand propose une découverte du site à la tombée de la nuit pour observer le ballet nuptial de ces souris oiseaux aux abords de la grotte. ■ Pratique• Visites guidées• Nuit de la chauve-souris : 29 août à 20h• Visite de la grotte : 26 septembre, de 14h à 18h et 27 septembre, de 9h à 18h Réservation obligatoire (nombre de places limité). Parc naturel régional du Perche Tél. : 02 33 25 70 10 Orne Magazine > Juillet• Août• Septembre 2009 15



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