[59] Nord n°291 avr/mai 2017
[59] Nord n°291 avr/mai 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°291 de avr/mai 2017

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Nord

  • Format : (211 x 271) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 14,8 Mo

  • Dans ce numéro : des enfants à protéger.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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30 DOSSIER ❘ Des enfants à protéger Partage. Christine offre de son temps à Doria, toutes les deux semaines. Un samedi sur deux, Christine va à Wazemmes chercher Doria à la sortie de l’école. Elle l’emmène chez elle, à Lambersart, pour un week-end de jeux, de promenades ou de sorties diverses (piscine, patinoire…). C’est l’association France-Parrainages qui les a mises en contact, en septembre dernier. « J’avais vu un reportage à la télé il y a quelques années sur le parrainage de proximité et ça m’avait interpelée. Je suis institutrice dans un milieu assez défavorisé et je m’aperçois que beaucoup d’enfants ne vivent pas grand-chose en dehors de leur famille. J’en ai parlé à mon mari et à ma dernière fille qui vit encore à la maison. Ils étaient d’accord. Et j’ai décidé de faire cette démarche. » Une rencontre enrichissante Après une première réunion d’informations, Christine a passé deux entretiens. « Ils sont destinés à connaître la personne pour mettre son profil en adéquation avec un enfant et clarifier son projet. Il s’agit de vérifier notamment qu’elle ne fait pas de confusion entre parrainage et adoption », explique Marie Vilanoba, Magazine Nord le Département responsable de l’antenne Nord de France-Parrainages, qui concerne près de 250 enfants. L’engagement du parrain ou de la marraine, le temps consacré, se fait à la mesure de ses possibilités et de ses disponibilités. Jeunes ou vieux (entre 18 et 78 ans !) , célibataires ou en couple, les parrains ont des profils variés. Quant aux filleuls, de 3 à 18 ans, certains sont accompagnés par l’ASE, d’autres non. « Le parrainage peut permettre d’éviter le placement en donnant du temps de répit à la famille, d’accompagner le placement ou le retour de l’enfant après un placement, explique Mme Vilanoba. Il aide en tout cas les enfants à s’épanouir. On parle plus de « prévenance « que de prévention. » France Parrainages 17, rue Colbrant 59000 Lille nord@france-parrainages.org 03 20 74 89 37 Prochaines réunions d’information  : les 13 avril et 23 mai à 12 h 30 et le 4 mai à 18 h 30 lenord.fr/parrainage Parrainage de proximité  : une ouverture sur le monde Des idées pour les ados Afin de développer davantage le parrainage d’adolescents, France Parrainages met en place un dispositif spécial pour eux, moins prenant en temps et en implication. Au lieu d’accueillir le jeune à la maison, on lui fait découvrir une activité ou une passion, au moins une fois par mois. Et le parrain ne s’engage que pour un an. Un autre dispositif, pour les plus âgés, est destiné à les accompagner vers l’autonomie, en les aidant à s’insérer socialement et professionnellement. Les projets de l’Udaf L’Union départementale des associations familiales du Nord met en place des actions de parrainage, l’une à La Madeleine, l’autre dans le sud du département avec la Maison de l’enfance de Sebourg. « Notre démarche est un peu différente. On commence par demander aux enfants si des personnes de leur entourage peuvent les parrainer », explique Olivier Herlemont, directeur de l’Udaf. « Ce sont des actions de solidarité et de fraternité qui permettent de faire du maillage de proximité sur le territoire. » 03 20 54 97 61
Maxime Cabaye, président de l’EPDSAE « Il était nécessaire de repenser la politique enfance au Département du Nord. L’EPDSAE (Établissement public départemental de soins, d’adaptation et d’éducation) pourra désormais effectuer plus d’IEAD. Une alternative pour les familles nordistes puisque, rappelons-le, 80% des placements sont motivés par des carences affectives, éducatives ou de soins. » Le 119 un numéro à retenir Disponible 24h/24, 7j/7, le 119 est le numéro du Service national d’accueil téléphonique pour l’enfance en danger. Tout le monde peut le contacter pour prévenir qu’un enfant semble courir un danger. L’information est ensuite transmise au Département qui évalue la situation. Accompagner les familles à domicile Pour éviter le « placement » et soutenir les parents, le Département développe les interventions éducatives à domicile (IEAD). « Le couple vient de se séparer. Madame a la garde de ses trois garçons. C’est pour l’aîné, âgé de 13 ans, que l’on a mis en place une IEAD. Nous avons été alertés de la situation de crise par l’hôpital psychiatrique où le jeune a été hospitalisé. Après une quinzaine de jours en famille d’accueil, nous avons évalué la situation et décidé que le placement n’avait pas lieu d’être maintenu. L’ado est donc rentré chez lui et nous avons proposé aux parents l’IEAD. Bien qu’en conflit sur le plan conjugal, ils ont adhéré à la mesure, ce qui est indispensable pour la mettre en œuvre. » Edwige Wartelle est assistante sociale de l’ASE à Seclin. Son poste est principalement dédié aux IEAD. Elle se rend dans la famille, environ toutes les deux semaines, souvent à des moments précis (les repas, le retour de l’école…), d’abord pour observer son fonctionnement puis pour l’aider à concrétiser le projet personnel de l’enfant qu’elle a signé avant le démarrage de l’intervention. Les collègues de la PMI et du SSD d’Edwige soutiennent également les parents en difficulté. Sylvie Digeon, puéricultrice, donne des conseils pour le petit dernier, né l’année dernière. Patricia Neveux, assistante sociale, a aidé la mère à trouver un nouveau logement. « Ce que les parents doivent comprendre, explique Edwige, c’est qu’ils ont le potentiel d’améliorer leurs conditions de vie et celles de leurs enfants. Ils ont juste besoin d’un coup de pouce et d’un tiers dans la relation avec leur enfant. Ce qu’on essaie aussi de faire, c’est d’ancrer la famille dans son territoire pour qu’elle sache où trouver de l’aide autour d’elle. » Conférences familiales  : retrouver le pouvoir d’agir Pour redonner aux familles leur « pouvoir d’agir », le Département met en place un nouveau dispositif inspiré de la société Maoris de Nouvelle-Zélande  : les conférences familiales. « Celle-ci recherche l’intérêt suprême de l’enfant en valorisant les capacités et ressources de la famille », résume Anne Lansiaux, responsable du service Enfance à l’UTPAS de Dunkerque-Hondschoote (photo). Le principe  : une famille, confrontée à une difficulté dans sa parentalité, active son réseau, issu de son environnement familial, amical, de proximité… pour établir un plan d’action et remédier à la situation. Elle est accompagnée par un coordinateur, qui n’est pas le référent de l’enfant, donc avec un regard extérieur. Il convie les différents participants et leur présente le dispositif et ses règles. Puis il les laisse, entre eux, délibérer pour trouver des solutions qu’ils peuvent mettre en place. Ce plan est ensuite transmis au référent qui accompagne la famille, pour s’assurer de sa mise en œuvre et du changement attendu. Seize professionnels du Dunkerquois, huit du Département, huit de l’association « La Sauvegarde » ont été formés à ce nouvel outil qui devrait se développer prochainement sur l’ensemble du territoire. n°291 I Avril-mai 2017 31



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