[59] Nord n°272 fév/mar 2014
[59] Nord n°272 fév/mar 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°272 de fév/mar 2014

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Nord

  • Format : (190 x 250) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 18,5 Mo

  • Dans ce numéro : tous capables, dépasser son handicap.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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RENCONTRE Professeur et praticien au CHRU de Lille, la neurologue Florence Pasquier dirige une équipe de recherche autour de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées. Un sujet de moins en moins tabou car il touche de plus en plus de personnes. Florence Pasquier Texte : Françoise Poiret-Colonge | Photos : Philippe Houzé Nord Le Département : Le Conseil général du Nord a décidé de financer les travaux de six jeunes chercheurs en sciences humaines et sociales autour de la maladie d’Alzheimer. Qu’en pensez-vous ? Florence Pasquier : Jusqu’ici, les sciences humaines et sociales [NDLR : psychologie, sociologie, droit…] se sont peu intéressées à la maladie d’Alzheimer. Aujourd’hui certains chercheurs réalisent à quel point cette maladie a un impact sur la famille et l’environnement du malade. Ce rapprochement entre médecine et sciences humaines et sociales constitue un enrichissement mutuel très important. Peut-il avoir un impact sur la recherche médicale ? Il ne s’agit pas seulement de guérir une maladie. Ainsi, l’entrée dans un parcours de soins ne peut se faire que s’il est accepté par le patient. Il est donc intéressant de comprendre d’où viennent les réticences à se soigner. Chacun est différent et on ne peut pas obliger les gens à se faire soigner, mais on doit quand même apporter du soutien à ceux qui souffrent indirectement de la maladie : les « aidants », généralement le conjoint ou les enfants. Qu’attendez-vous de ces projets de recherche ? Que l’on sache que nous allons dans la bonne direction. On veut avoir la certitude que ce que nous faisons aura de bonnes retombées. Or nous n’avons pas le temps de demander aux malades et aux familles ce qu’ils ressentent. Ces recherches sont donc très importantes. C’est encourageant pour ceux qui ont le nez dans le guidon. Un regret quand même ? Parmi les chercheurs qui nous ont proposé leurs projets, rien ne concernait le médico-économique. Il est dommage que les économistes s’intéressent si peu à cette problématique alors que nous, médecins, avons une énorme pression économique. Pourquoi avoir choisi de vous consacrer à cette maladie ? Née à Nantes, je suis venue à Lille pour mon internat, par le hasard des concours. J’y suis restée parce qu’on y travaille bien et que la population est sympathique. Je me destinais à la rééducation neurologique. À la fin des années 80, mon patron de l’époque, le professeur Henri Petit, m’a proposé de m’occuper du Centre Mémoire qu’il comptait créer. On a ouvert une consultation avancée à Bailleul puis, peu à peu, dans toute la région, des gériatres nous ont rejoints et on a pu créer le réseau Méotis. Notre challenge est d’offrir à toute la population un accès à la recherche clinique. Participer à la recherche, c’est donner un sens à sa maladie, permettre aux prochains malades de retarder les conséquences de la maladie. Un lieu « Le Centre Mémoire, ouvert en 1991 au sein du CHRU. J’y suis chez moi. » Un objet « Ce moulage d’un patient microcéphale légué par le Pr Petit est pour moi symbolique de la transmission du savoir, indispensable au progrés. Il montre aussi que même si le cerveau est « anormal «, la personne peut bien vivre si l’environnement s’adapte : cet homme était facteur et menait une vie « normale «. » Retrouvez sur notre site lenord.fr/srmnd les détails de l’engagement du Département auprès des chercheurs. 36 Magazine Nord le Département
RENCONTRE « Je suis confiante, on arrivera à retarder la progression de cette maladie. » n°272 I Février-mars 2014 37



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