[59] Nord n°263 janvier 2013
[59] Nord n°263 janvier 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°263 de janvier 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Nord

  • Format : (200 x 260) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : mission départementale des personnes handicapées, des signes encourageants.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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dossier Julie Égot Responsable du service Accueil de la MDPH depuis février 2012 « Améliorer l’accueil des usagers, c’est un beau challenge à relever ! Ce n’est pas dans toutes les professions que l’on peut avoir une telle ouverture, autant d’occasions de dialoguer avec tous. Pour moi, c’est un beau métier de pouvoir être utile dans un service public. » Villeneuve d’Ascq : à l’écoute L’amélioration de l’accueil et de l’orientation des usagers est une préoccupation constante. Par exemple, la mise en place d’un portail pour les usagers sur Internet a permis de soulager un peu le centre de contacts, toujours très sollicité. Elle montre l’épais classeur qui contient toutes les demandes qu’elle a adressées à la MDPH : carte d’invalidité, « macaron » de stationnement, financements pour une salle de bains, un monte-escalier, une aide humaine… Elle enchaîne les anecdotes, parle de pièces égarées, de justificatifs à envoyer puis à renvoyer. « J’ai l’impression de devoir sans cesse me justifier. Déjà, avec un handicap, on est touché dans son corps, mais il faut en plus le rappeler, le nommer encore et encore… On est des cases, on est morcelé. On me dit que les choses se sont améliorées, c’est sans doute vrai, mais le passif est là et j’ai du mal à le digérer. » Un « passif » dont le Département a pris la mesure. « Le personnel était sous pression, pas assez nombreux, raconte Renaud Tardy. Les débats sur le financement, et notamment la contribution de l’État, s’enlisaient. Mais on en arrivait à un point où c’étaient les Nordistes qui pâtissaient de la situation ! Si la négociation n’aboutit pas et que c’est au détriment des personnes en situation de handicap et de leur famille, la position qui consiste à dire « Nous n’irons pas plus loin que nos obligations légales » n’est plus tenable. Il fallait agir. » Le Département a donc agi. Le soutien au fonctionnement de la MDPH a été l’un des premiers engagements inscrits au projet de mandat du nouveau Conseil général. Et en novembre 2011, un plan de soutien a été adopté. À la clé : des moyens financiers (notamment deux subventions exceptionnelles, totalisant plus de 4,8 millions d’euros, votées en novembre 2011), des embauches (une trentaine d’équivalents temps plein au total) et le lancement de chantiers indispensables pour améliorer durablement le fonctionnement de la MDPH. Sur les deux sites de la MDPH, à Villeneuve d’Ascq et Valenciennes, l’accueil du public a été amélioré, avec notamment la création de boxes pour garantir la confidentialité des entretiens. Un « portail Patrice Fernez Agent d’enregistrement à la MDPH (Valenciennes) « Il n’y a pas si longtemps, on était submergés. Aujourd’hui, on sort la tête de l’eau, nous avons réussi à réduire nos délais. Les efforts paient ! Les conditions s’améliorent et le travail ne peut qu’en être meilleur. La numérisation des dossiers va aussi changer pas mal de choses. » Le parcours d’un dossier déposé à la MDPH ÉTAPE 1 : ENREGISTREMENT Le dossier est complet. Toutes les pièces obligatoires sont présentes. La personne reçoit un accusé de réception dans un délai d’une semaine. ÉTAPE 2 : ÉVALUATION Les pièces fournies permettent une évaluation médico-sociale de la demande. Parfois, la situation nécessite une évaluation approfondie : visite à domicile, expertise complémentaire… C’est ici que les délais s’allongent, surtout pour les demandes de PCH. ÉTAPE 3 : DÉCISION La Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) a tous les éléments pour prendre sa décision. Elle est notifiée à la personne dans les 3 semaines suivant le passage en commission. Celle-ci se réunit toutes les semaines. 14 Janvier 2013
Bientôt une MDPH à Dunkerque La MDPH est accessible sur deux sites : à Valenciennes et à Villeneuve d’Ascq, qui concentre 70% de l’activité. L’ouverture d’un troisième site à Dunkerque est à l’étude. « Acteurs à part entière » Renaud Tardy discute avec Gérard Delporte, habitant du foyer Singulier Pluriel des Papillons blancs de Roubaix- Tourcoing, lors d’une visite en novembre dernier. « On discute et on fait avancer les choses » Depuis 2011, le Département prend des mesures pour améliorer le fonctionnement de la MDPH. Le point avec Renaud Tardy, président délégué. : Où en est la MDPH ? Renaud Tardy : Matériellement… il faut rester modeste, mais cela va mieux. La durée moyenne de traitement d’un dossier est descendue à 4 mois. 75% des dossiers sont instruits en moins de 4 mois, dans des conditions qui se sont améliorées. D’un point de vue humain, nous avons embauché une quarantaine de personnes et croyez-moi, elles ne s’ennuient pas. Au cours de la seule année 2011, les demandes ont augmenté de 14%. Quels « points noirs » subsistent ? Le délai de traitement des demandes de Prestation de compensation du handicap (PCH), notamment pour les enfants. Il s’élève à plus de 10 mois, ce n’est pas acceptable. Pourquoi est-ce si long ? Parce qu’il faut faire appel à différents professionnels : ergothérapeutes, médecins, psychologues… afin d’évaluer le coût de la compensation du handicap. Il ne s’agit pas juste d’un agent qui reçoit un dossier, l’évalue et décide. Si c’était le cas, il suffirait d’embaucher 50 personnes ! C’est un circuit complexe et donc forcément un peu long, même si là, c’est vraiment trop long. Comment se déroule le dialogue avec les partenaires et notamment les représentants des usagers ? Il fallait avant tout reconnaître les difficultés pour apaiser les tensions. Un climat de confiance s’est installé, on discute et on fait avancer les choses. Je considère les partenaires comme des acteurs à part entière, des citoyens responsables, sans pathos. J’ai exactement la même approche que si j’étais vice-président chargé des collèges ou de la voirie : nous sommes là pour résoudre des difficultés. Je ne me focalise pas sur le handicap. Je crois qu’avec les soutiens dont ils ont besoin, tous les Nordistes sont capables. Finalement, c’est cela, le travail de la MDPH et du Département : les rendre capables. Marc Godefroy Président de la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) du Nord « La CDAPH est la commission partenariale qui décide de l’attribution des aides, des soutiens et de la compensation des situations de handicap. Chaque année, nous étudions environ 160 000 demandes qui concernent 65 000 personnes (une même personne pouvant demander plusieurs aides). À nos yeux, c’est soixante-cinq mille fois une personne ! L’effet de masse ne doit pas nous faire perdre de vue la nécessité d’individualiser la décision. Nous examinons les situations avec un souci de cohérence et d’équité. Il faut comprendre que la CDAPH n’est pas une commission médicale : elle ne s’intéresse pas à la maladie, mais aux difficultés que celle-ci engendre dans la vie quotidienne. » + sur Internet Texte intégral de nos entretiens avec Renaud Tardy et Marc Godefroy sur lenord.fr Janvier 2013 15



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