[51] La Marne le Mag n°42 déc 2012/jan-fév 2013
[51] La Marne le Mag n°42 déc 2012/jan-fév 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°42 de déc 2012/jan-fév 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général de la Marne

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,4 Mo

  • Dans ce numéro : priorité à la sécurité sur les routes départementales.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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laMarne>lemag tribunes Conformément au règlement intérieur du Conseil général, en application de la loi du 27 février 2002, un espace est réservé à l’expression des groupes politiques. DIX élus ne sont pas inscrits dans ces groupes. Groupe POUR LA MARNE À l’aube de la préparation des budgets, nos collectivités sont dans la situation des équilibristes qui tentent de ne pas chuter. Or, l’exercice de la corde raide est des plus délicat ! Rattrapées par des réalités amplifiées par les crises, nos collectivités s’interrogent : comment établir un budget répondant aux engagements pris, comment assumer le volet social (RSA, PCH…), comment conserver nos équipements en état, avec des dépenses sociales qui explosent, des dotations gelées ? La croissance des dépenses étant supérieure aux recettes, notre solvabilité est menacée ! La réunion des représentants des départements et du chef de l’État faisait espérer de vraies solutions sur le fonctionnement de nos mécanismes qui devraient être pleinement exploités sans peser sur notre autonomie fiscale - gel des dotations de l’État en valeur, limitation du pouvoir de fixation des taux d’imposition, responsabilisation des communes seules bénéficiaires du produit de la taxe d’habitation et sur le resserrement des conditions d’emprunt : l’assainissement de Le pacte des mois difficiles ! nos finances départementales serait mécanique. Or, les dix engagements pris pèsent quasi tous unilatéralement sur les départements, à l’exception de la dotation de 170 millions d’euros aux Départements en difficulté ! 170 millions d’euros contre les 150 accordés en 2011, on pourra désormais nous épargner le laïus, usé, d’accuser l’ancien Gouvernement d’« étrangler les départements » ! Sur le reste, nous sommes mis amplement à contribution : soutenir les projets locaux, les entreprises, l’accès à l’emploi ; aménager la couverture numérique ; moderniser les collèges, les infrastructures ; favoriser la haute qualité environnementale, l’accroissement des logements sociaux, des volets que nous finançons déjà ! La question « comment » reste… sans réponse ! De plus, il faudra financer l’embauche de 7 000 « emplois d’avenir » qui pèseront lourds sur nos budgets et ceux des contribuables… « Quand on chasse quelqu’un pour prendre sa place, on prend l’engagement tacite de faire mieux que lui », disait Carnot. J’appelle donc chacun à la responsabilité. Groupe la marne unie Au cours de la session du Conseil général de la Marne du 19 octobre dernier, les conseillers généraux du groupe « La Marne Unie » ont voté contre les mesures « d’adaptations budgétaires pour 2013 ». Les mesures votées ont pour conséquence de réduire, parfois de façon drastique, les subventions accordées par le Département aux associations de solidarité. Qu’on en juge. La FAVEC 51 (veuves et veufs de la Marne), l’EFA (enfance et famille d’adoption), Voir ensemble (déficients visuels), le Service du vêtement qui aide près de 2 000 familles, mais aussi les Restaurants du Cœur, la Banque Alimentaire, ATD Quart Monde ou Le Département s’en prend au social encore la Ligue de l’Enseignement perdront 20% de leurs subventions en 2013. Les épiceries sociales de Mourmelon, de Sainte-Menehould, des Coteaux Sézannais, d’Epernay, et de Châlons-en-Champagne voient leurs subventions diminuer de moitié et même des 3/4. L’enveloppe dédiée aux Centres de Soins est réduite de 50% en 2013 pour disparaître en 2014. D’autres associations verront leurs subventions réduites de 50%. C’est le cas des Mutilés de la Voix, des Insuffisants Rénaux, de Former un Avenir sans Brutalité (FAB), de Couples et Familles, de SOS Amitiés, de la Maison d’Accueil des Familles de Malades Hospitalisés et du Secours Populaire. Certaines se retrouveront même privées de toute subvention en 2013 (mesure de moratoire) : Avenir sans Alcool, les Choristes de l’Espoir (pour les aphasiques), les Sourds de Reims, le Planning Familial, les Familles Catholiques, Femmes Relais 51 ou encore SOS Bébés. Ces économies ne représentent qu’une goutte d’eau de 260 000 € dans le budget du Département mais constituent des coupes brutales dans celui d’associations dont l’utilité humanitaire et sociale n’est plus à démontrer. Or, il y avait moyen de faire autrement. Alors oui, les associations de solidarité diversifient au maximum l’origine des fonds dont elles ont besoin, en faisant appel autant que possible aux dons des personnes privées. Mais elles ont besoin de l’aide de la collectivité de proximité, le Département, dont c’est justement le rôle. Arnaud Robinet Président du groupe « Pour la Marne » (majorité départementale) Jean-Pierre Bouquet Président du groupe « La Marne Unie » (Socialistes et apparentés) 16 n0 42
laMarne>lemag HIER & AUJOURD’HUI Michael Kenna Lieu de création et de spiritualité, l’abbaye d’Hautvillers a de tout temps célébré le génie humain. La restauration qui vient de s’achever prolonge un rayonnement artistique né il y a douze siècles. HAUTVILLERS, UNE RENAISSANCE INSPIRÉE Évangéliaire d’Ebbon, représentation de saint Mathieu, ms 01, folio 18, bibliothèque municipale d’Épernay L’évangéliaire d’Ebbon Conservé à la médiathèque d’Épernay après avoir séjourné jusqu’à la Révolution dans la bibliothèque de l’abbaye, l’évangéliaire d’Ebbon a probablement été copié avant 835. Le manuscrit est entièrement écrit à l’encre d’or, sur vélin, en minuscule Caroline et en capitale rustique. Ce livre de messe contient les textes des quatre Évangiles, les prologues de saint Jérôme, mais aussi des textes caractéristiques des évangéliaires carolingiens : les tables des canons et le capitulare Evangeliorum qui indique les passages des Évangiles qui, tout au long de l’année liturgique, doivent être lus à l’office. D’inspiration antique, le style séduit par la vivacité des attitudes, la finesse et le mouvement du dessin et par l’intensité frémissante du motif, signe distinctif des ateliers de l’École de Reims. Tous nos remerciements à madame de Sainte Maréville pour cette notice. Pour en savoir plus : la médiathèque d’Épernay propose en mai 2013 une conférence de Marie-Pierre Lafite, ancien conservateur de la Bibliothèque nationale de France, spécialiste des manuscrits carolingiens. Saint-Pierre d’Hautvillers a retrouvé après 3 ans d’études préparatoires et neuf mois de travaux, sa splendeur originelle. Orchestrée avec le concours de l’architecte en chef des Monuments historiques, cette minutieuse campagne de restauration s’est inspirée des techniques architecturales du x v i i e siècle pour faire renaître le cloître, la porte Sainte-Hélène et les jardins, préserver les ruines mises au jour en 1980. Propriétaire des lieux, la maison Dom Pérignon (groupe LVMH) a choisi de faire appel à des maîtres artisans et des matériaux locaux pour respecter à la lettre l’esprit des lieux. Deux Compagnons du Devoir se sont attelés à la restauration de la porte du portail Sainte- Hélène, ouvrage classé construit en 1692. Cette pièce spectaculaire d’environ 850 kg a exigé dix-huit mois de recherches et de préparation, trois mois de travaux. Inspirée d’une porte du x v i i e siècle située à Châlonsen-Champagne, elle est constituée de trois mètres cubes de chêne provenant des Ardennes. Il a fallu spécialement fabriquer les outils pour en reproduire les moulures. La galerie du cloître adossée à l’ancienne abbatiale a demandé tout autant d’efforts. 3 350 heures de travail sur le site, 1 900 heures en atelier ont été nécessaires aux quatre tailleurs de pierre pour enduire et sculpter les contreforts, consolider les voûtes, refaire les sols, créer l’escalier extérieur. Mais le cœur de cette restauration reste l’intérieur de l’ancienne bibliothèque du monastère. C’est ici que s’écrit l’histoire des millésimes Dom Pérignon. Ici que Richard Geoffroy, le chef de cave, reçoit les invités de marque pour déguster ces vins exceptionnels qu’il élabore. Ici, qu’autrefois, artistes et moines copistes travaillèrent à la création de l’évangéliaire d’Ebbon ou du Psautier d’Utrecht, chefs-d’œuvre incomparables de l’enluminure carolingienne. Car, depuis douze siècles, Hautvillers ne cesse d’inspirer la création. Au ix e siècle, sous l’influence d’Ebbon, archevêque de Reims, bibliothécaire du roi Louis le Pieux, l’abbaye bénédictine connaît un rayonnement sans précédent. Ebbon veut faire de Reims le centre de la renaissance artistique carolingienne. Il rassemble à Hautvillers des artistes qui feront la renommée de l’École de Reims et du scriptorium (atelier de copie) de l’abbaye, l’un des plus remarquables de l’est de la France. Lieu inspiré s’il en est, c’est également à Hautvillers que s’écriront, quelques siècles plus tard, des pages légendaires de l’histoire du champagne. Où l’on verra Dom Pérignon y perfectionner l’assemblage du vin de Champagne. Au fil des siècles, l’aura d’Hautvillers n’a jamais pâli et cette restauration magnifie encore son éclat. hiver 2012 17



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