[49] Maine & Loire n°19 nov/déc 2012
[49] Maine & Loire n°19 nov/déc 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de nov/déc 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de Maine-et-Loire

  • Format : (210 x 265) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 7,2 Mo

  • Dans ce numéro : nos poubelles débordent, réduisons nos déchets.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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12 | dossier Une petite maison dans le bourg d’Ambillou-Château. Sur sa vieille balance Roberval, il pèse tout ce que lui et son épouse jettent à la poubelle : le papier, le plastique, le verre et même les déchets verts qui finiront dans le compost au fond de son potager. Norbert Courtois a pris cette habitude depuis l’automne 2009. « D’abord par curiosité, explique ce retraité de 78 ans depuis longtemps sensible à la problématique des déchets. Je voulais mesurer notre propre impact. » C’est tout naturellement qu’il s’est porté candidat quand, en 2010, le Syndicat mixte de collecte et de traitement des déchets (Smitom) du Sud Saumurois a lancé un appel à foyers témoins. Durant trois mois, chaque volontaire mesurait précisément sa propre réduction de déchets, grâce à quelques nouveaux gestes. Un an et demi après l’opération, Norbert et Marie-Madeleine Courtois continuent de peser leurs poubelles. « En 2010, le poids total (poubelle classique et collecte sélective réunies) affichait 280 kg. En 2011, nous n’étions plus qu’à 192 kg, détaille notre hôte en nous présentant ses relevés soigneusement alignés sur une feuille de papier. Cette différence s’explique en partie adeMe parole de pro par l’autocollant « stop-pub » placé sur la boîte à lettres. » Le couple est évidemment vigilant sur son mode de consommation, sans pour autant bouleverser ses habitudes. Le vinaigre blanc et le bicarbonate de soude remplacent les produits d’entretien classiques. Ils consomment les légumes de leur potager et préparent leurs propres conserves. Ils confectionnent aussi leur jus de pommes dans des bouteilles en verre consignées. « Nous avons été élevés à la campagne, à une époque où on ne pouvait pas se permettre de gaspiller, racontent-ils. On ne jetait rien. C’est l’abondance et la facilité GiLLes MérioDeau ingénieur à la direction régionale de l’agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ademe) « La réduction des déchets est un enjeu économique majeur. moins de déchets, ce sont des coûts de recyclage, de traitement et d’élimination plus faibles pour la collectivité, et par conséquent moins de charges (taxe ou redevance) pour les ménages. moins de déchets, ce sont aussi des économies pour les foyers. Par exemple, l’eau du robinet coûte cent fois moins cher que l’eau en bouteille. » qui font qu’aujourd’hui nous sommes confrontés à tous ces déchets. » Ces retraités ont bien conscience que tout le monde n’a pas forcément le temps ou la possibilité d’adopter tous ces éco-gestes. « Pourtant, ce ne sont pas des contraintes, juste des habitudes, et surtout beaucoup de bon sens. Parfois, ça fait rire nos enfants, mais finalement ils y viennent aussi. » le retour du « made in maison » À Montjean-sur-Loire, Yohannet graziella Cheignon nous ouvrent la porte de leur pavillon, non loin du centre-ville. Parents d’un petit garçon, ils ont 32 ans tous les À ambillou-Château, norbert Courtois prépare des conserves avec les légumes de son potager. À Montjean-sur-Loire, la famille Cheignon a pris l’habitude d’acheter en grand conditionnement pour limiter les emballages. Les emballages constituent 32% de nos déchets. (Source : Ademe)
| 13 deux. Eux aussi furent foyer témoin en 2011, bien qu’ils n’aient pas attendu cette opération du Syndicat de collecte et de traitement des ordures ménagères (Sirdomdi) de la région de beaupréau pour essayer de mettre leurs poubelles au régime. une consommation réfléchie « Le déclic a vraiment eu lieu à la naissance de notre fils il y a cinq ans, confie graziella. Auparavant, on achetait beaucoup de plats préparés. Depuis, on cuisine tout par nous-mêmes. » Yohannde poursuivre : « Petit à petit, on a pris de nouvelles habitudes. On fabrique nos produits maison. Je fais par exemple ma propre mousse à raser à partir de savon d’Alep, d’huile d’amande douce et de quelques gouttes d’huiles essentielles. » Ils n’achètent plus de lessive classique et préfèrent du savon de Marseille, mélangé à des cristaux et du bicarbonate de soude. « En dix minutes, je prépare ma lessive pour deux mois », précise graziella. Tous deux enseignants en école primaire, ils tentent de sensibiliser leurs élèves et les parents. « Notamment à l’occasion des sorties de classe, je demande à avoir le moins de déchets possible dans les pique-niques », souligne graziella. Son mari a mené une action pour limiter le gaspillage alimentaire à la cantine de l’école Saint-Joseph, à Saint-Rémy-en-Mauges. La réduction des déchets n’est pas une obsession chez eux, mais plutôt des éléments qui déterminent leur façon de consommer : « On achète souvent en grande quantité pour éviter les emballages, explique Yohann. On se pose la question de ce dont on a besoin et ce que va devenir le produit que nous achetons. » Une fois tous les quinze jours, ils se rendent en famille au marché de Chalonnes-sur-Loire. Préférer les produits locaux et de saison, c’est aussi participer à la réduction des déchets. À l’image des habitudes prises par la famille Cheignon et le couple Courtois, le Conseil général souhaite sensibiliser tous les habitants de Maine-et-Loire aux enjeux de la réduction des déchets. Il lance ce mois-ci, en partenariat avec l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et les collectivités, une grande campagne intitulée « En Anjou, je réfléchis avant d’acheter, avant de jeter ! » Vous découvrirez notamment un nouveau site Internet montrant, à travers des exemples concrets, qu’il est facile, et très souvent économique, de diminuer la quantité de produits gaspillés, abandonnés ou inutilisés. PAroLe D’éLu anita nouteau roGer CheVaLier vice-président du conseil général en charge de l’environnement et du cadre de vie « en 2005, l’état a transféré aux Conseils généraux la compétence de l’élaboration des plans départementaux d’élimination des déchets ménagers. Dès 2010, la notion de prévention et de réduction s’est imposée comme une priorité. En partenariat avec l’Ademe et les collectivités, le Conseil général de Maine-et-Loire a décidé d’organiser une vaste campagne de sensibilisation auprès du grand public pour réduire la quantité et la nocivité des déchets. Trois thèmes seront déclinés sur trois ans : une consommation réfléchie (2012-2013) ; vaincre le gaspillage, réemploi et valorisation (2013-2014) ; les alternatives aux produits dangereux (2014-2015). À ce sujet, notre collectivité veut se montrer exemplaire. La dématérialisation de nombreux documents et procédures administratives, qui entraîne une économie conséquente de papier, constitue l’une de ses principales actions. » 770 millions de tonnes de déchets ont été produites en France en 2009. Préférer les producteurs locaux et les produits de saison sur le marché, c’est réduire les conditionnements liés au transport. En 40 ans, la quantité de nos déchets 59% des habitants de Maine-et-Loire compostent leurs déchets de jardin et 56% leurs détritus de cuisine. (Selon une enquête menée par l’Ifop en 2011) a été multipliée par 2. (Source : Ademe)



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