[48] Couleurs Lozère n°40 avr/mai/jun 2017
[48] Couleurs Lozère n°40 avr/mai/jun 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°40 de avr/mai/jun 2017

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de la Lozère

  • Format : (245 x 190) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 8,8 Mo

  • Dans ce numéro : respirez, c'est le printemps !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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20 Histoire Les médecins lozériens au service de tous Pendant des siècles, les médecins ont été souvent les seuls à apporter leurs secours pour lutter contre les maladies au prix de sacrifices qui ont fait honneur à leur profession. Depuis le XIXes, les transformations intervenues dans le domaine social comme dans le domaine scientifique ont fait de la santé un enjeu administratif et politique. Médecine préventive, hygiène, vaccination ont appréhendé les maladies et les handicaps de manière collective en suscistant l’installation d’une médecine sociale. Mais le rôle des médecins n’a pas disparu. Ils demeurent indispensables et de nos jours leur absence se fait cruellement sentir dans les zones rurales. Leur histoire est mal connue. Elle est pétrie pourtant d’abnégation, de dévouement, de volonté qui décuplent leurs compétences. L’un d’entre eux, Marcel Barbot (1901-1969) a exploité les notes de ses collègues pour publier en 1952 un ouvrage qui rend hommage aux médecins, chirurgiens et apothicaires mendois. QUI SONT-ILS ? La plupart des médecins appartiennent à d’anciennes familles de notables, de marchands, de professeurs, de notaires. Le cabinet médical et la boîte à instruments se lèguent souvent de père en fils, et ce jusqu’aux années 1960-1970. Sous l’Ancien Régime, les futurs médecins reçoivent une instruction secondaire au Collège des Doctrinaires de Mende (actuellement par- Dr Prunières - photographie conservée au Musée de l’homme couleurs lozère king du Mazel) ou chez les Jésuites du n°40 avril/mai/juin 2017 Puy-en-Velay ou de Rodez. Ils entrent ensuite à l’Université ; pour les meilleurs, il s’agit de la Faculté de Montpellier. Les plus méritants sont admis au Collège Saint-Mathieu, fondé par Urbain V en 1369.Les médecins exercent leurs activités au sein d’un territoire qui regroupe plusieurs cantons. Contrairement aux notaires, ils n’habitent pas la campagne et ils visitent les villages montés sur une mule, un cheval ou un cabriolet léger à partir de 1830. Jules Barbot (1876-1918) est le premier membre du corps médical à utiliser en 1906 une automobile. À leur mission principale, les soins aux malades se sont ajoutés des activités paramédicales  : expertises judiciaires, lutte contre les épidémies, mise en place de services d’hygiène dans les prisons, les écoles, les casernes, création des dispensaires... Les médecins sont aussi des passionnés. La recherche historique, les sciences, la théologie, la politique sont autant de domaines dans lesquels ils exercent leur talent. QUE FONT-ILS ? La Lozère a connu de nombreuses célébrités médicales. Des trépanations crâniennes y furent pratiquées dès la Préhistoire (4000 av J.C.). Le docteur marvejolais Barthélémy Prunières (1828-1893) est l’un des premiers à les avoir étudiées devenant ainsi l’un des précurseurs de la paléopathologie. Il est mort en médecin de campagne, pris dans une tourmente de neige sur l’Aubrac après la visite de ses malades. Au Moyen-Âge, le chirurgien Guy de Chaulhac (v. 1300-1368), maître en médecine de l’Université de Montpellier, s’installe à Avignon. Médecin des papes, plus particulièrement celui de son compatriote Urbain V, il rédige un ouvrage « la Grande Chirurgie » qui réunit toutes les connaissances
médicales et chirurgicales de son temps enrichies par les résultats de ses propres expériences. Le dr. Hippolyte Blanquet (1773- 1849) natif de Javols est connu pour son dévouement dans la lutte contre le typhus qui contaminait Mende en 1805-1810. Il soigne gratuitement les malades et leur fournit souvent des médicaments. Il est nommé administrateur de l’hospice de Mende, puis intendant des eaux thermales de Bagnols-les-Bains. Théophile Roussel (1816-1903), incontournable médecin philanthrope, Président de l’assemblée départementale, député, sénateur, académicien, son nom demeure attaché à de nombreuses lois sociales. En 1846, le dr. Aristide Barbot (1827-1861), pratique pour la première fois à Mende une opération Dr Edouard Bousquet ADL 2 Fi sous anesthésie par l’éther, quelques mois avant sa généralisation à Paris. C’était à Mende au mois d’août, juste avant qu’elle soit effectuée aux États- Unis (16 octobre 1846). Le dr. Jules Daudé (1830-1893) est parmi les premiers médecins à avoir pu mener de front son métier et une carrière politique. À Marvejols, médecin des riches comme des pauvres, sa réputation déborde dans tout le département. Elle s’explique par un diagnostic très sûr qui tient compte de la constitution du malade, de son âge et de son hérédité. La confiance qu’il inspire est à la hauteur de son talent. Médecin-chef de Bon pied, bon oeil ! En abordant les thèmes de la santé et de la médecine en Lozère du Moyen Âge à nos jours, les Archives départementales ont d'abord souhaité mettre en valeur les immenses progrès réalisés au fil des siècles dans le domaine médical. L'objectif est également de montrer l'incroyable richesse des fonds d'archives sur ce sujet. > Nombre de panneaux  : 12 > Taille  : 70 x 100 cm l’hôpital, il est aussi maire, conseiller général. Le vétérinaire langonais Pierre-Victor Galtier (1846-1908), consacre ses recherches au vaccin rabique dont il est le précurseur. Mais elles sont éclipsées par la gloire de Louis Pasteur. Le professeur Henri Rouvière (1872-1952), originaire du Bleymard, est surtout connu par l’ouvrage qu’il rédige en 1930 sur l’anatomie humaine et qui a servi de référence dans tous les milieux médicaux. ET PLUS RÉCEMMENT... Plus proches de nous, saluons la mémoire d’Édouard-Marius Bousquet (1879-1954) ; d’Ernest de Framond (1886-1974), Président du Conseil de l’Ordre des médecins pendant 12 ans, fondateur du Préventorium d’Antrenas ; de Charles Morel (1893-1968), Chef de service de la maternité de Mende, résistant pendant la dernière Histoire guerre, archéologue-préhistorien, maire, Conseiller général, sénateur ; Pierre Delmas (1911-1970) ; Michel Monod (1934-1992) ; Jean-Jacques Delmas (1938-2010), maire, conseiller général, député ; et plus récemment Lucien Vidal (1924-2016), chirurgien, chef du service chirurgie à l’hôpital de Mende. Nous avons gardé pour la fin le Docteur Agnès Masson, la seule femme de cette longue liste qui a dirigé l’hôpital psychiatrique de Saint- Alban de 1933 à 1936. Elle l’a réorganisé entièrement et fait de l’ancien établissement, non une garderie mais un véritable hôpital pour toujours améliorer la vie des patients. Ses successeurs ont poursuivi son œuvre. La Lozère doit beaucoup au dévouement, à l’esprit de sacrifice et au dynamisme du corps médical. couleurs lozère n°40 avril/mai/juin 2017 21



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