[48] Couleurs Lozère n°39 jan/fév/mar 2017
[48] Couleurs Lozère n°39 jan/fév/mar 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°39 de jan/fév/mar 2017

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de la Lozère

  • Format : (245 x 190) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 9 Mo

  • Dans ce numéro : la conquête de Paris.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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16 Agriculture CUMA de Pendedis  : la coopération au service de la création Individualiste, notre société ? Pas du côté du Col de Pendedis où producteurs de châtaignes et de fruits ont mis sur pied une Coopérative d’Utilisation de Matériels Agricoles. Marion Bouchet, castanéïcultrice, nous ouvre les portes de ce modèle de collaboration. La première année de fonctionnement remonte à 2010. A l’origine nous étions trois petits producteurs de châtaignes à avoir envie d’un atelier de proximité où nous pourrions maîtriser tout le processus de production », explique Marion Bouchet qui fait partie du petit noyau ayant imaginé et donné vie à ce projet d’atelier partagé. « A l’époque nous avons mené une enquête d’intention auprès d’autres producteurs et on a vu qu’il y avait un fort intérêt. Pour la châtaigne, mais aussi pour d’autres activités comme le jus ». Les acteurs s’engagent, les politiques sont convaincus, les portes de la CUMA s’ouvrent sur un beau succès  : « Au début nous étions 32 producteurs à nous partager les locaux, aujourd’hui nous sommes plus d’une centaine ! » couleurs lozère n°39 janvier/février/mars 2017 UNE MACHINERIE PROMPTE À LA CRÉATIVITÉ La pièce maîtresse de l’atelier, c’est le four, qui permet d’éplucher les châtaignes sans les cuire. Puis vient le tri, par taille, par aspect, pour les bocaux ou en purée... « Environ 100 kg par heure en pleine saison. Ensuite, on commence la transformation  : on cuit, on stérilise, on met en pot… » Toute une belle machinerie, inaccessible pour un producteur isolé  : « Rien que le four coûte 80 000 euros. Il y a aussi cette machine à empoter, faite pour nous sur mesure. » L’union a donc fait la force sur le Col de Pendedis, allant jusqu’à étendre l’activité des producteurs. En ayant la possibilité de transformer leurs produits eux-mêmes, ils ont aussi pu revêtir le tablier de cuisinier, de confiturier… « Si je devais déposer mes châtaignes dans un atelier et les récupérer à la sortie, je pourrais proposer de la crème de marron et des châtaignes en bocaux. Point. Ici je peux tout faire ; je peux être créative. » Marion prépare justement une recette de petits marrons apéritifs aux épices. « Certains font des pâtés végétaux, d’autres des marrons à la vanille… Nous sommes tous des petits producteurs. Pour sortir notre épingle du jeu, il faut savoir faire la différence. » UN ESPRIT COLLECTIF Reste à gérer tout ce petit monde pour espérer travailler en bonne intelligence dans un endroit qui appartient à tous, sans être à personne. C’est un petit noyau de producteurs qui mène la CUMA, à la façon d’une association. « Il faut être organisé, efficace. On est nombreux à se partager l’atelier, donc il Textes et photos - Sabrina Khenfer
faut que ça tourne, que chacun fasse son petit nettoyage avant de partir. Ça demande de la rigueur et un esprit collectif. » Pour aider le rouage à ne pas s’enrailler, la CUMA compte un salarié à l’année et deux supplémentaires pendant la haute saison. « C’est hyper important car il faut être très réactif sur les problèmes techniques. Les châtaignes ne supportent pas d’attendre une fois épluchées. En dehors de ça l’idée est que chaque producteur sache se débrouiller seul dans l’atelier. C’est la règle du jeu ! ». Pendant la saison des châtaignes, la CUMA tourne à un rythme effréné  : « Notre chambre froide permet à certains de venir éplucher, puis de congeler leur production pour une transformation en février, mars, quand les choses se sont calmées. Ça évite les embouteillages et ça prolonge la saison, ce qui est une bonne chose pour notre salarié ». La CUMA a permis un croisement générationnel entre les producteurs et les projets communs ne sont pas rares. « L’un est doué pour la vente, l’autre pour ses recettes, ensemble ils font des choses qu’ils n’auraient pas imaginé faire seuls. » La CUMA est aussi ouverte aux particuliers  : « Ils viennent par exemple avec la récolte de leurs deux pommiers et repartent avec 60 litres de jus. C’est intéressant ». La Communauté de Communes de la Vallée Longue et du Calbertois a financé tout ce qui n’était pas subventionné par l’Etat, l’Europe, la Région. « On lui rembourse ce prêt sous forme de loyers. Ici, à chaque étape, tout est pesé. C’est comme ça qu’on est facturés. » En 2010 l’atelier transformait 15 tonnes de châtaignes sur la saison, contre 35 aujourd’hui. Agriculture Une AOP tant désirée ! Depuis 2004, une vingtaine de producteurs de châtaignes, réunis au sein de l’association Châtaignes et Marrons des Cévennes et du Haut Languedoc, ont entamé une demande d’Appellation d’Origine Protégée (AOP), gage d’un savoir-faire unique et qui pourrait bien aboutir en 2018. « Cela aiderait à valoriser la production cévenole, explique Daniel Mathieu. Et puis dans les Cévennes, il n’y a pas que des châtaignes, il y a aussi des variétés hybrides plantées plus récemment. Leur qualité n’est pas la même. Idem pour les productions importées d’autres pays. L’AOP permettrait au consommateur de faire la différence entre les deux et de rendre la châtaigne présente toute l’année sur le marché ». La commission d’enquête de l’INAO est attendue sur le terrain dans le courant de l’année. couleurs lozère n°39 janvier/février/mars 2017 17



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