[48] Couleurs Lozère n°19 mar/avr 2013
[48] Couleurs Lozère n°19 mar/avr 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de mar/avr 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de la Lozère

  • Format : (267 x 210) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : le handicap, un volet du schéma départemental des solidarités.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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14 rubrique rencontre Marie-Line Boucharenc, dans les pas d’un grand-père À St-Chély-d’Apcher, Marie-Line Boucharenc s’inscrit dans l’histoire familiale d’une cordonnerie reconvertie en manufacture de chaussures orthopédiques. Charismatique, elle modernise son entreprise. Son leitmotiv : aller de l’avant ! Si le monde de la chaussure ne lui était pas étranger – son grand-père avait ouvert une cordonnerie à St-Chély et son père développé l'orthopédie dans les années 50 – la fabrication de chaussures et de prothèses n’était pas pour autant sa vocation. Marie-Line Boucharenc, directrice générale de la société BOUCHARENC depuis 1988, se souvient de son désarroi quand, bachelière, il a fallu choisir sa voie. « J’hésitais entre des études de médecine et artistiques. Mes parents ont décidé pour moi ! » Trois ans plus tard, titulaire d’un BTS de podo-orthésiste, suivi de quatre années de gestion à l’IDRAC de Montpellier, elle rejoint l’entreprise familiale à St-Chély-d’Apcher. Pendant quatre ans, elle reçoit des patients en consultation, conçoit des appareillages, avant de prendre les rênes de l’entreprise de six salariés, jusque-là dirigée par son père. Entre-temps, elle s’est mariée et a eu un enfant. Infatigable, elle concilie vie de famille et vie professionnelle dans une filière où la concurrence en France concerne 240 entreprises. SAVOIR ANTICIPER ET INNOVER Elle anticipe beaucoup, c’est un de ses atouts. Il y a treize ans, elle implante son entreprise dans la zone artisanale. Aujourd’hui, elle est fière de cet outil de fabrication reconfiguré en 2012 pour optimiser l’espace de travail et la productivité. Véritable pionnière, elle a prévu l’installation d’une salle de tests des appareillages. « Notre outil de travail est à l’avant-garde, nos délais de fabrication sont passés de deux mois à une semaine, je délègue davantage de responsabilités, tout le monde est gagnant. » Elle instaure des consultations d’orthopédie sous la bannière Boucharenc dans six départements. Alliant l’esthétique aux besoins de ses patients, Marie-Line Boucharenc propose des chaussures modernes et colorées dans des matières confortables, elle y tient. Son objectif désormais : préparer le mieux possible la transmission de son entreprise. Et poursuivre le yoga, la natation, la peinture et les arts plastiques… ses autres passions. JF Salles JF Salles BIO EXPRESS 1988 Directrice générale de l’entreprise familiale. 1989 Naissance de son fils Romain. 1999 Déménage l’entreprise dans la zone artisanale de St-Chélyd’Apcher. Préside l’Union des podoorthésistes de France (UPODEF). 2012 Réorganise le travail pour réduire les gaspillages et améliorer la productivité.
histoire et patrimoine Jean-Antoine-Claude Chaptal, histoire d’un précurseur 15 Le pionnier Jean-Antoine Chaptal a révolutionné l’art de la vinification et apporté un leg scientifique considérable à la France pré-industrielle. Retour sur une incroyable destinée lozérienne. DR CHAPTAL, LE SAVANT LOZÉRIEN GRAVÉ SUR LA TOUR EIFFEL À l’extérieur de son illustre tour, Gustave Eiffel a fait graver les noms de familles de soixante-douze industriels, mathématiciens, ingénieurs ou mécaniciens célèbres, qui ont honoré la France de 1789 à 1889. Ces patronymes, gravés en lettres d’or, ont leur place sur toute la périphérie du premier étage. Le Lozérien Chaptal est inscrit aux côtés de l'anatomiste Georges Cuvier ou du physicien André-Marie Ampère. Jean-Antoine-Claude Chaptal est né le 5 juin 1756 en Lozère à Nojaret, à proximité de Mende. Chimiste et politicien, c’est pourtant par le biais de la médecine que l’homme fera son entrée dans le monde scientifique. Initié dès dix ans au latin, le jeune Chaptal rejoint, les cinq années suivantes, le collège des doctrinaires de Mende. Après des études de médecine à Montpellier, il soutient sa thèse. Nous sommes alors en 1774, Chaptal vient tout juste d’avoir 18 ans et ses idées rencontrent un franc succès : sa proposition scientifique sera éditée à deux reprises. UN PROCÉDÉ PORTE SON NOM Nommé Docteur en 1777, incorporé dans la Société Royale et titré par Louis XVI, Jean-Antoine Chaptal, en pleine ascension, va pourtant vivre une expérience traumatisante : alors qu’il autopsie un jeune homme, l’adolescent se réveille au cours de l'opération. Abasourdi, Chaptal abandonne la médecine. Désormais, l’homme ne se consacrera plus qu’à la chimie. Devenu professeur à l'École de médecine de Montpellier, favorable à la Révolution française, il publie en 1792 un ouvrage non moins révolutionnaire, Les Éléments de chimie. Un livre majeur, traduit dans de nombreuses langues, dans lequel le scientifique conceptualise la chaptalisation, le procédé novateur de fermentation qui permet d’augmenter, par sucrage, la teneur en alcool des vins et ainsi leur conservation, et donc une plus large commercialisation. Ministre sous Napoléon Bonaparte, Chaptal dirigera par la suite la fabrique de poudre de guerre de Grenelle. À partir de 1796, il ouvre la Manufacture des Ternes à Neuilly. Chargé du portefeuille du département de l'Intérieur par intérim par Napoléon, il est officiellement nommé ministre de l’Intérieur en 1801. Chaptal est également à l’origine d’une réorganisation complète de l’instruction publique et en particulier de la création de l’école de sages-femmes de l’Hospice de la maternité de Paris en 1802. L’homme démissionne néanmoins en 1804 lorsque Bonaparte se fait proclamer empereur, afin de se consacrer à ses travaux scientifiques. Il est reçu à l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen en 1803. Près de deux décennies plus tard, ruiné par les dettes de son fils, il est forcé de vendre son Château de Chanteloup. Il meurt dans la pauvreté en 1832. Le savant lozérien est inhumé au Père Lachaise, Division 89. couleurs lozère n°19 mars/avril



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