[46] Contact lotois n°59 oct/nov/déc 2006
[46] Contact lotois n°59 oct/nov/déc 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°59 de oct/nov/déc 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Lot

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : solidarité départementale, les pitchounes avant tout.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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politique 20 Rentrée scolaire 2006 : une nouvelle imposture… En ce début d’année scolaire 2006/2007, la rentrée n’a pas tenu toutes ses promesses contrairement à ce qu’affirme avec arrogance et aveuglement la droite. Et ce, malgré le travail exemplaire des acteurs de terrain et de l’ensemble de la communauté éducative, à qui nous tenons absolument à rendre hommage tant leur dévouement et leur engagement auprès des élèves sont remarquables. La suppression massive de postes au fil des ans depuis l’arrivée de la droite au pouvoir, ne cesse d’étrangler le système scolaire. Les mesures annoncées à grand renfort médiatique comme les emplois vie scolaire par exemple, tardent à se mettre en place. Il en va de même pour les personnels Techniciens et Ouvriers de Service (TOS) transférés aux collectivités locales. Les dotations de l’Etat ne suivent pas, ce qui ne permet pas de répondre à la demande des établissements qui déplorent la pénurie de ces personnels indispensables à leur bon fonctionnement. Il est à craindre que cette casse du système scolaire ne se poursuive puisque d’ores et déjà la suppression de 8700 postes est annoncée au budget 2007… La forme mais aussi le fond… Si les écoles, collèges et lycées manquent cruellement de moyens en postes, ils manquent également de moyens en heures alors que le ministre insiste à juste titre sur l’apprentissage de la lecture et de l’écriture au cycle 2 mais aussi sur la prise en compte plus différenciée des élèves en difficulté avec l’introduction au CE1 et en 6 e des Programmes Personnalisés de Réussite Educative (PPRE). C’est le plus souvent au contact d’effectifs lourds voire surchargés que ces apprentissages ou dispositifs de remédiation devront être conduits. Les seuils d’ouvertures et de fermeture des classes sans cesse revus à la hausse ne sont pas fixés en fonction d’objectifs pédagogiques définis dans l’intérêt des élèves mais uniquement pour justifier une attribution de postes à répartir dans les départements. Remise en question de la carte scolaire? Créée en 1963, la sectorisation des collèges et des lycées encore dénommée “carte scolaire” ne remplit pas réellement son rôle et se retrouve aujourd’hui au centre des débats politiques. Pour éviter toute Une nouvelle physionomie des départements Cela fait déjà 4 ans que les départements connaissent un bouleversement de leur champ d’action: ils sont gestionnaires “d’un bloc social”, renforçant encore leur rôle dans le domaine de la solidarité. Cette évolution s’est opérée dès 2002 avec la mise en place de la nouvelle politique en faveur des personnes âgées, l’APA (allocation personnalisée d’autonomie), suivie en 2004 du transfert du dispositif du RMI et de la conduite des politiques d’insertion, enfin, la mise en place de la politique en faveur des personnes handicapées en février 2005 avec la création de la maison des personnes handicapées et de la prestation de compensation du handicap. contact lotois ~ octo∫re 2006 Conséquence, les dépenses sociales représentent 58 % du budget de fonctionnement. Les dépenses brutes des actions de solidarité ont connu une progression de 42,5 % de 2003 à 2006. Fin 2005 le nombre de bénéficiaires de l’APA était de 5062, en hausse de 10 % en un an. Au compte administratif 2005, la différence des montants encaissés par rapport aux montants décaissés pour l’APA se montait à 9,95 millions d’euros à la charge de la collectivité. Pour le RMI, du compte administratif 2004 à celui de 2005 la différence entre les dépenses et les recettes fait apparaître un différentiel de 1,78 million d’euros à la charge de la collectivité (nombre d’allocataires du RMI: 2325 en 2005). On peut estimer qu’en moyenne sur 2 ans, la charge d’un allocataire du RMI se situe autour de 387€par an, et pour un allocataire de l’APA autour de 1965€ en 2005. La politique de l’APA décidée en 2002 prévoyait polémique, ne pourrait-on pas s’appuyer sur l’expérience et le travail de terrain des enseignants qui, en majorité, estiment qu’il ne faut pas supprimer la carte ou l’assouplir mais en « redessiner les contours, renforcer son rôle de mixité sociale et éviter les stratégies de détournement » ? Tout cela sans oublier la qualité des enseignements dispensés dans les collèges et lycées qui dépendent également de la fiabilité des prévisions. Chaque rentrée scolaire ne devrait-elle pas être gérée par anticipation? Le démantèlement systématique du système scolaire, le discrédit jeté sur ses personnels et leur découragement, le doute installé dans l’esprit des familles et des élèves, constituent des atteintes graves au bon fonctionnement de nos institutions. L’éducation doit rester la première ambition et la plus grande richesse de notre pays. Les Elus de la Majorité Départementale. un partage de la charge équivalent entre l’Etat et le Département; ce taux n’est pas vraiment atteint. Quant au RMI, le transfert de compétence devait être neutre mais le mécanisme de compensation par le transfert d’une recette fiscale (la TIPP) fait apparaître un système déconnecté de l’évolution du nombre de bénéficiaires du RMI. Les compensations et réajustements par l’Etat s’effectuant avec un décalage, le Département fait l’avance, d’où des difficultés pour estimer le coût réel des transferts. Le Département fera de toute façon face à ses nouvelles compétences. Aujourd’hui, il est encore trop tôt pour mesurer l’impact de cet ensemble de nouvelles charges, résultant de la politique sociale décidée en 2002 et de la décentralisation de 2004. Le Groupe S.E.
Il faut oser: Hervé Frégeac, 25 ans, reprend une exploitation à Calviac, à deux pas du Cantal. Un sacré pari sur l’avenir, assumé avec beaucoup de sérénité. Hervé sait ce qu’il veut et il l’assume avec abnégation. Depuis quelques jours le voici très officiellement jeune agriculteur sur le canton de Sousceyrac, à deux roues de tracteur du Cantal. Comme son père, installé agriculteur dans le village, Hervé possède 45 bêtes, des limousines, destinées à finir sur l’étal du boucher. 40 hectares de surface agricole utile (SAU) et des bâtiments complètent ce pari sur l’avenir. « Si je voulais rester sur la commune, je devais reprendre une exploitation, celle de mon père n’étant pas suffisante pour vivre à deux ». Hervé s’est donc jeté dans le grand champ de la profession, armé d’un BEP et d’un BPREA (bac pro agricole), prolongé par quelques stages dans des exploitations. « J’aime ce métier et l’élevage de bovins viande. Je ne me voyais pas faire autre chose. Et puis je veux vivre ici ». Son frère, Rémy, 18 ans, marche quant à lui sur les pas de maman, propriétaire du restaurant de Calviac. Ici, c’est un pays accidenté, plus proche du climat auvergnat que de celui du Quercy. Un pays beau et vert mais aussi très austère pour ceux qui ne savent pas l’aimer. Un pays où la vie ne fait de cadeau que si l’on se retrousse les manches. Solidarité villageoise heureux d’être lotois Hervé Frégeac, cultive l’optimisme ı « C’est un sacré bosseur », confie Alain, le père d’Hervé. « Moi, le soir, après une journée de travail je dis stop, on arrête. Mais lui, il ne s’arrêterait jamais ». Avec son profil de coureur de fond, Hervé entame aujourd’hui une drôle d’épreuve. Visiblement, elle ne l’impressionne pas outre mesure, probablement sûr de son courage. « Depuis tout petit j’aime ce métier. Je n’allais tout de même pas choisir une autre voie : je ne peux pas vivre en ville. Même Figeac, pour moi, c’est la ville, alors vous imaginez, la grande ville… ». Et puis Hervé ne se sent pas seul. Il peut compter sur sa famille ainsi que sur la famille agricole de Calviac : « Nous sommes quelques jeunes agriculteurs sur la commune à avoir fait le choix de l’élevage. D’ailleurs, pour m’installer je me suis beaucoup appuyé sur leurs conseils. Nous avons ici une CUMA (coopérative d’utilisation de matériel agricole) qui illustre notre bonne entente ». Hervé ne va pas se laisser bercer par le beuglement de ses bêtes: « Je compte renouveler et améliorer petit à petit le cheptel ». Il se cache peut-être là une saine et sympathique concurrence avec son plus proche voisin : Alain, son père, avec qui bien évidemment il continuera à travailler. Côte à côte, les deux élevages vont ainsi tendre vers l’excellence. C’est la Capel, client exclusif de ces producteurs, qui va s’en réjouir. La première coupe estivale était maigre. La seconde un peu plus grasse. Les bêtes s’apprêtent à passer un nouvel hiver. Et Hervé fera bientôt ses comptes. Son ambition: vivre correctement du fruit de son travail. Les mots sont économes pour exprimer ses rêves. Hervé, comme tous les gens de ce pays, préfère les actes aux belles promesses. 25 ans et déjà sage. “J’aime, j’aime pas” Un peu: la pêche. Beaucoup: le football. Je joue à Comiac avec une bande de copains. Hervé Frégeac se lance dans l’élevage, ıun métier qu’il côtoie depuis sa plus jeune enfance. Pas du tout: la chasse. Ici, il y a du beau gibier. A la folie: mon métier, bien évidemment. 21



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