[46] Contact lotois n°52 jan/fév/mar 2005
[46] Contact lotois n°52 jan/fév/mar 2005
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°52 de jan/fév/mar 2005

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général du Lot

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,8 Mo

  • Dans ce numéro : budget 2005, priorité aux investissements.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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politique 20 Préparons l’avenir du Lot Le projet de constituer un groupe prospective chargé de mener un travail de réflexion sur les évolutions de notre département nous a particulièrement séduits. Notre participation nous a semblé naturelle, forts de nos expériences personnelles d’élus de terrain mais aussi d’entrepreneurs. Les diverses pistes qui seront dégagées permettront de définir de grands axes de priorités pour le Lot dans les domaines que sont l’emploi et notamment l’emploi des jeunes, le logement, le développement économique etc. Le Lot, territoire attractif, voit sa population s’accroître grâce aux nouveaux arrivants motivés par la recherche d’un cadre de vie agréable. Parmi ces personnes, 59% ont moins de 40 ans, 24% sont des retraités, 46% ont un emploi mais 11% se déclarent au chômage. (chiffres INSEE recensement 99). Le poids des personnes qui s’installent dans le Lot mais qui sont sans activité professionnelle n’est donc pas négligeable. A noter que dans le Lot, les moins de 25 ans représentent 19% des demandeurs d’emploi, les plus de 50 ans, 15% (2002). Si l’on rajoute l’impact sur le logement qui se fait sentir un peu partout sur le territoire, avec l’essor des résidences principales ou le besoin en logements locatifs, nous pouvons mesurer combien ces flux migratoires vont modifier la physionomie de notre département. Au plan économique, le Lot doit trouver sa place entre Toulouse et Brive, deux pôles très dynamiques. Au nord du département, le futur aéroport de Brive-Souillac sera une opportunité à saisir. Une future zone d’activités devrait voir le jour à proximité et le nord du Lot devrait être raccordé à l’autoroute A 20 Que va-t-il rester de nos Services Publics ? Inquiétude pour nos services publics. Aujourd’hui le Gouvernement, pourtant désavoué dans les urnes lors des derniers scrutins (régionales, cantonales et européennes), poursuit sa politique d’attaque vis-à-vis des Collectivités Territoriales. Après EDF, après GDF, après France Telecom, nous sommes aujourd’hui à une nouvelle étape de la libéralisation des services publics, celle de la Poste. Le Gouvernement poursuit la même démarche sans réfléchir un seul instant à l’impact de ses décisions. Il refuse l’ouverture (indispensable) des postes d’enseignants et d’éducateurs dans l’Éducation Nationale, ferme des collèges, des perceptions, poursuit le plan Hôpital 2007, démantèle le service public de la santé. Et tout cela, quasiment sans débat et surtout, sans réflexion de fond. En un mot, c’est la logique du profit qui l’emporte sur la logique du Service Public. Or, les déréglementations et privatisations ont montré leurs limites et leurs effets dévastateurs dans des domaines comme le téléphone, le rail, l’électricité, le transport aérien… Des exemples récents nous ont démontré que la gestion envisagée sous le seul angle de la rentabilité est contact lotois janvier 2005 dans la majorité des cas catastrophique : la privatisation des chemins de fer en Grande-Bretagne ou bien encore la distribution de l’électricité en Californie. Les Français ne comprennent pas cet acharnement à mettre à mal les Services Publics. Les sondages le prouvent : 3 français sur 4 veulent conserver cette culture française du Service Public. Ils y sont attachés, ils apprécient le service rendu et l’égalité de traitement des usagers. par Noailles. Le potentiel de développement économique est bien là si nous savons dépasser les clivages et les frontières du département. L’autoroute A20 est venue renforcer l’axe nord sud. Cette infrastructure n’est pas un simple atout touristique. La nouvelle organisation de la zone d’activités de Cahors qui devrait voir le jour permettra de renforcer les actions et une meilleure utilisation de l’ensemble des outils présents. Nous sommes tous concernés par l’avenir du Lot. C’est pourquoi, dans quelque temps, un questionnaire sera adressé à l’ensemble des Lotois, afin que chacun puisse s’exprimer. Ce moment d’expression revêt toute son importance. Le groupe sans étiquette vous présente ses meilleurs vœux pour la nouvelle année. Le Groupe S.E. N’ayons pas peur de rappeler que : > les Services Publics sont des outils de développement. Que ce soit en milieu rural ou urbain, ils sont les garants de la cohésion et de la solidarité territoriale. Un seul exemple, celui du facteur qui assume un rôle très important en matière de lien social au fin fond de nos petites communes. > les services publics sont des biens et des services qui ne doivent pas obéir aux strictes règles du marché, car personne ne doit en être exclu. Ils reposent sur les principes de solidarité et d’égalité d’accès pour tous les citoyens. > Il est impératif de réagir et de redonner aux agents de l’Etat, la juste place qui est la leur dans la société, de reconnaître l’importance de leur rôle au service de nos concitoyens et la qualité de service rendu aux usagers. Enfin, à l’heure où tout le monde revendique plus de démocratie locale, à l’heure où les administrés, les usagers, les citoyens réclament à juste titre plus d’égalité, plus de justice, le Gouvernement continue d’afficher un mépris total à l’égard des Collectivités Locales et de leurs élus. Ce mépris se traduit à travers les toutes dernières mesures prises sans aucune concertation par Jacques Chirac, ce même Jacques Chirac qui annonce dans le Cantal la suppression du foncier non bâti, mesure qui, si elle n’est pas suivie d’une compensation financière de l’Etat, va « sinistrer » de nombreuses communes rurales. En moins d’un an, le Président de la République aura annoncé aux maires ruraux et urbains qu’il leur supprime une partie de leurs ressources. Non content de démanteler les Services Publics, le Gouvernement s’attaque à la liberté des communes, et par là même, au devenir du développement de nos collectivités territoriales. Les Elus de la Majorité Départementale
Le Conseil général du Lot a confié à Jean-Paul Carayol la construction du muret en pierre qui borde la route départementale 802. Une performance réalisée en solitaire. Sous le roc, un volcan mais aussi une âme sensible. Jean-Paul Carayol est un personnage atypique dans le paysage lotois qu’il façonne au jour le jour, pierre après pierre. Avant de se lancer dans la construction des 800 mètres de muret qui bordent la toute nouvelle route départementale 802, sur la commune de Livernon, Jean-Paul Carayol a eu le temps de s’initier à cet art rural. En quelques années, animé par cette véritable passion, il a remis debout pas moins de 7 000 mètres de muret ! Encore un petit effort et c’est l’Everest. Seul, tout seul, il redessine le territoire de ces interminables chapelets, parfois rectilignes, parfois onduleux, mettant en évidence ces parcelles du Causse habitées de moutons, herbes rases et rochers. Avec pour seuls outils une pelle, une pioche et une brouette (il a banni les gants et le marteau), Jean-Paul Carayol brave froid, pluie et canicule. « J’aime travailler, beaucoup. Construire des murets, il faut l’avoir dans le sang. Cela ne s’apprend pas vraiment, c’est intuitif. Je peux monter les pierres juste au toucher. Je sais qu’il sera droit, équilibré, solide ». Ses mains valent tous les beaux discours en matière de protection du patrimoine. Des mains endurcies par les saisons, sculptées par les pierres. Sur ce chantier, Jean-Paul a fait ses comptes : lorsqu’il franchira la ligne d’arrivée, probablement au mois de mai prochain, soit au bout de deux années de traversée solitaire, il aura travaillé plus de 3 200 heures et soulevé 2 000 tonnes de pierre. A ce jour, pas moins de 2600 personnes se seraient arrêtées au bord de la route pour admirer l’œuvre publique, sa « performance » comme on dit dans le milieu des arts plastiques. La panique du premier et du dernier jour Il a rêvé de voyages, mais seule la Franche-Comté a été foulée par ses pas de troufion. Alors, il voyage dans sa tête. Et si son pays se limite à « tout ce qu’il y a entre la colline en face et la voie ferrée », Jean-Paul se construit des horizons nouveaux. Il remonte le temps, date les murets à l’époque médiévale, voire aux Romains alors que les éminents scientifiques leur donnent moins de deux siècles. Il n’en a cure. La vérité, c’est sa vérité, celle qu’il embrasse de ses bras forts, entre la colline et la voie ferrée. Nul autre ne connaît ce territoire autant que lui. Celui qui est resté toute sa vie aide familial alors qu’il rêvait de travailler à son compte sur d’immenses exploitations n’est pas avare dans son effort. Il était convenu que le muret ferait 120 centimètres de haut avec une base de 60 centimètres. Le serpentin dépasse allégrement 140 centimètres sur une base de 70 heureux d’être lotois Jean-Paul Carayol à Livernon ı centimètres. A l’arrivée, cela fait quelques tonnes de pierres en plus à charrier. « Peu importe. Seul le résultat compte ». Et comme pour signer sa petite muraille, il insère ici ou là des nichoirs, des fenêtres cintrées, des passages à berger, intègre de très gros blocs (avec l’amicale complicité des agents de la DDE de Livernon). Son muret s’enrichit ainsi de créations modestes et originales. « Les moments les plus durs sont le démarrage et la fin. Le premier jour, mais aussi les cinquante derniers mètres, je panique, c’est terrible ». La peur du vide, de ce muret à naître ou de ce même muret qu’il va abandonner une fois achevé. C’est peut-être pour cela qu’un autre muret, non loin de là, attend toujours, depuis quelques années, ses derniers 90 mètres. Il les fera, peut-être, sans doute, mais à condition que personne ne dise du mal de son travail. Certains, en effet, auraient la critique prompte alors que Jean- Paul est un champion en solitaire. « J’aime, j’aime pas » Un peu : les gens qui s’arrêtent au bord de la route. Certains sont bien, d’autres me considèrent comme une bête curieuse. ∫eaucoup : tout ce qui touche la campagne Pas du tout : le gaspillage de l’espace rural au profit, par exemple, des chasses privées A la folie : labourer. J’aurais aimé labourer des heures et des heures, des champs immenses. ı Jean-Paul Carayol arrive au bout de ses 800 mètres de muret. 21



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