[44] Loire Atlantique n°119 déc 12/jan 2013
[44] Loire Atlantique n°119 déc 12/jan 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°119 de déc 12/jan 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Conseil Général de Loire-Atlantique

  • Format : (200 x 280) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 4,2 Mo

  • Dans ce numéro : cinéma, une palme pour le territoire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Le débat du mois P.Pascal Haro sur les discriminations de genre Élodie Poitrimol Fabienne Padovani, vice-présidente du conseil général déléguée à l’égalité des droits, à la petite enfance, aux familles et à la solidarité internationale, a débattu avec cinq citoyens, le 22 novembre dernier. Fabienne Padovani Élodie Poitrimol, chargée d’accompagnement social et professionnel, Nantes Pourquoi le salaire des femmes est-il en moyenne encore inférieur de 20% à celui des hommes, à compétences et à responsabilités égales ? C’est effectivement très injuste et cela n’évolue pas assez vite. Les parcours professionnels des femmes témoignent plus souvent d’une pause professionnelle en raison de la naissance des enfants. En plus du congé maternité, ce sont presque toujours les femmes qui sont employées à temps partiel. On leur propose moins de postes à responsabilité, elles évoluent moins vite sur leurs postes. C’est valable dans le privé comme dans le public. Il faut briser ces barrières invisibles qui freinent les progressions professionnelles des femmes. Vous parlez de maternité. Je suis actuellement sans emploi. J’ai 32 ans. Pourquoi doit-on entendre dans un entretien d’embauche : « Envisagez-vous d’avoir un enfant prochainement ? » Je trouve que c’est très violent. Oui, c’est violent et c’est surtout interdit par la loi. Cette question n’a pas à être posée. On sait bien que c’est une réalité et qu’il y a là une vraie discrimination. Déjà, pour passer la première barrière, on peut généraliser le CV anonyme qui permet de gommer une partie de la discrimination. Lors des entretiens, on peut envisager qu’ils se déroulent avec plusieurs personnes, pour réduire la tentation de poser cette question. 6• loire-atlantique• DÉCEMBRE 2012• le magazine du Département
Gwenola Chauvet P.Pascal Gwenola Chauvet, professeure de sciences de l’ingénieur, Gorges Je suis transgenre, c'est-à-dire que je suis en train de changer de sexe, devenant réellement la femme que j’ai toujours été. Les difficultés administratives pour faire valider ce changement s’ajoutent aux problèmes pour faire accepter cette différence dans le regard des autres. C’est un débat qui n’est pas assez mis en avant. Nous prônons l’égalité des droits pour tous et toutes, quels que soient l’orientation sexuelle et le genre. Faire des lois est important, mais l'acceptation de la différence doit d'abord passer par l’éducation. C’est là que doivent porter nos efforts. Sylvaine Vassal Pierre Vassal Sylvaine Vassal, professeure de français à la retraite, Vertou Je suis très préoccupée par les violences faites aux femmes. On traite mal les femmes qui subissent ces traumatismes et qui doivent presque justifier le fait d’être victimes. Comment mieux protéger les femmes et mieux traiter les victimes ? À l’hôpital de Nantes, au sein de l’unité d’accueil des enfants en danger nous avons participé au financement d’un dispositif qui permet de filmer les premières auditions de mineurs, victimes de viol ou d’inceste, qui peuvent servir de témoignages pour les juges. Ces films permettent d’éviter de répéter et d’avoir ainsi à revivre le traumatisme. Nous finançons aussi des postes d’assistantes sociales au sein des commissariats et des gendarmeries. Elles prennent le temps de discuter avec les victimes qui peuvent passer de la simple main courante à la plainte. Nous soutenons également des associations importantes comme Solidarités femmes qui permettent de soutenir et de mettre à l’abri des femmes en danger. Pierre Vassal, kinésithérapeute à la retraite, Vertou Nous avons un problème de représentativité des femmes dans toutes les instances de direction, qu’elles soient politiques, asso- ciatives ou professionnelles. Par exemple, dans ma profession, il y a autant de praticiens que de praticiennes en France. Mais au conseil de l’Ordre, il y a une femme pour huit hommes. Pour moi, la seule solution, c’est d’imposer, dans la Constitution, une parité obligatoire dans toutes les assemblées qui prennent des décisions. Cette approche-là fait débat... Gwenola Chauvet, Je ne suis pas d’accord avec cette imposition trop arbitraire. La révolution doit d’abord être culturelle, en réinterrogeant les rôles donnés aux hommes et aux femmes, en particulier celui du pouvoir assigné à l’homme. Les deux approches sont complémentaires. Il n’y aurait jamais eu autant d’élues sans la loi sur la parité. Pourtant, c’était compliqué de dire à certains hommes compétents qu’ils devaient laisser leur place à une femme. Mais effectivement, on peut changer la vision des rôles que nous impose Christelle Leloup la société. Cela commence dès l’enfance. Dans les bibliothèques, on doit mettre en avant des livres pour enfants où les hommes font la lessive et les filles sauvent les princes à la fin. Christelle Leloup, assistante de direction, Nantes C’est loin d’être gagné. La femme assure toujours l’essentiel des tâches ménagères. Comment faire pour que nos enfants ne reproduisent pas cette inégalité ? Nous devons faire un travail important sur le genre masculin. Les deux genres ne s’opposent pas mais se complètent. Le rôle de l’homme dans un couple et le rôle des pères sont à redéfinir. Nous avons le projet de soutenir des associations qui vont au contact des enfants, dans les collèges, pour déconstruire ces clichés. Nous insisterons également sur l’orientation professionnelle. Il n’y a plus de métiers d’hommes ou de femmes, on peut aménager tous les postes. Le problème pour les entreprises qui exercent des professions cataloguées pour hommes, c’est d’embaucher la première femme. Elle n’a pas le droit à l’erreur et doit tout de suite prouver sa valeur. Mais elle ouvre parfois la voie. Retrouver le débat du mois et s'inscrire au suivant, portant sur l’éducation début janvier 2013, sur loire-atlantique.fr/debat mail : magazine44@loire-atlantique.fr téléphone au 02 40 99 16 90 loire-atlantique• DÉCEMBRE 2012• le magazine du Département• 7



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