[42] Loire magazine n°97 jan/fév 2013
[42] Loire magazine n°97 jan/fév 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°97 de jan/fév 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de la Loire

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 4 Mo

  • Dans ce numéro : tout un programme pour les fêtes

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Portrait Cédric Mourier sert pour le match « Jeu, set et match Rafael Nadal. » Ces mots-là, Cédric Mourier n’aurait jamais imaginé les prononcer un jour, et encore moins lors d'une finale à Roland Garros. Pourtant, à 42 ans, ce Roannais est l’un des meilleurs arbitres de tennis au monde. Retour sur un parcours sans faute, digne de celui d’un champion. 30 Des débuts amateurs au circuit professionnel Sa première expérience ? « J’avais 14 ans. Lors du tournoi de mon club, un conflit opposait deux joueurs. Je suis monté sur la chaise. À la fin de la rencontre, ils se sont serré la main. J’ai trouvé ça sympa ! » Il passe alors ses examens d’arbitre de club, puis en 1991, devient arbitre régional. Il est sélectionné pour être juge de ligne au Grand prix de Tennis de Lyon et dans la foulée, pour la finale de la Coupe Davis à Gerland. « Cela faisait 59 ans que la France n’avait pas gagné cette compétition. Assister à la victoire française face aux États-Unis… C’était magique ! » Ce fameux 1 er décembre 1991, Yannick Noah, alors capitaine de l’équipe de France, entraîne Henri Leconte, Guy Forget et leurs acolytes dans une Saga Africa endiablée que personne n’a oubliée. C’est ce jour-là que le jeune Roannais décide de devenir arbitre professionnel. Il réussit son examen en 1995. Pendant trois ans, il fait ses armes en arbitrant de petits tournois, en France et à l’étranger. En 1998, l’Association des Tennismen Professionnels (ATP) lui offre un contrat. Il entre dans la cour des grands… Lorsqu'il arbitre, Cédric Mourier privilégie le dialogue avec les joueurs. Plus de 3 000 matchs arbitrés. Une cinquantaine de finales dont quatre à Roland Garros. Un beau palmarès pour Cédric Mourier qui, du haut de sa chaise, participe aux plus belles rencontres de l’histoire du tennis. « Federer, Nadal ou Djokovic offrent un tennis d’une qualité exceptionnelle. Aujourd’hui, Sampras ne gagnerait pas un set face à Federer et pourtant c’était le meilleur joueur de sa génération ! » Cédric Mourier, c’est d’abord un passionné. De sport en général, de tennis en particulier. « On ne devient pas arbitre par vocation », explique-t-il. Les choses se sont faites petit à petit… Pas de victoire sans sacrifices « Le métier d’arbitre, c’est presque un sacerdoce. Au début de ma carrière, je vivais comme un moine. » Pas question pour le jeune homme de gaspiller ses chances de réussite. « Il aurait été très mal vu qu’on me croise en boîte de nuit alors que j’arbitrais un match le lendemain ! » Ses preuves, Cédric Mourier a dû les faire aussi auprès des tennismen. « Il faut que le joueur sache que vous êtes là parce que vous êtes bon et qu’il peut vous faire confiance. » Les qualités requises ? Selon lui, il faut être honnête, réactif et faire preuve d’humilité. « Il ne faut pas avoir peur de dire qu’on s’est trompé. » Sa méthode : le dialogue. Le Roannais aime désamorcer les situations compliquées. « J’ai un tempérament plus Loire Magazine n n°97 - Janvier - Février 2013
Portrait « Un match qui oppose Federer à Nadal ajoute un peu de pression : je ne voudrais pas marquer l’histoire du tennis par une erreur d’arbitrage ! » latin que nordique. Un joueur qui casse une raquette me dérange moins qu’un joueur qui marmonne au fond du terrain. » Son travail est rapidement récompensé. En 2001, on lui confie l’arbitrage de sa première finale à Roland Garros, à une seule condition, que Sébastien Grosjean ne se qualifie pas pour cette rencontre. « Il est interdit d’arbitrer un compatriote à ce stade de la compétition. » Le joueur français échoue aux portes de la finale. Le malheur de l’un fait le bonheur de l’autre. « J’étais le seul Français heureux après cette défaite ! » Un Roannais au pays des champions Les joueurs du circuit, il les connait tous. Mêmes destinations, mêmes avions, mêmes hôtels… « Je passe plus de temps avec eux qu’avec mon épouse et mes enfants ! » Forcément, des affinités se créent. Sur le court, c’est avec Marat Safin, le champion russe, qu’il s’entendait le mieux. « Je crois que j’étais son arbitre préféré. » Il nous apprend que Roger Federer et Rafael Nadal sont « deux gentlemen ». Un peu de pression quand même car chacune de leurs rencontres écrit une page de l’histoire du tennis. « On ne voudrait pas être celui dont on se souvient à cause d’une erreur ! » Seul bémol, Cédric Mourier regrette que les joueurs d’aujourd’hui soient moins expressifs que par le passé, ce qui les rend moins humains auprès du public. Toutefois, il arbitre sur le circuit senior John McEnroe, aussi célèbre pour ses résultats sportifs que pour ses coups de sang. Et si aujourd’hui le tennisman assure le spectacle, notre arbitre affirme que son caractère ne s’est pas adouci avec les années. « Ce n’est vraiment pas une partie de plaisir pour nous ! » Le match de sa vie Toujours domicilié dans la région roannaise, Cédric Mourier passe près de 30 semaines par an loin de chez lui. Pas toujours évident pour ce jeune papa de deux garçons âgés de 3 et 7 ans. « Je suis souvent très loin, difficilement joignable à cause du décalage horaire. J’ai la chance d’avoir une femme extraordinaire ! » Quand il rentre, ce passionné de cuisine se consacre à sa famille : « J’emmène mes enfants à l’école, j’aide mon épouse qui gère tout en mon absence. » Cédric Mourier voyage aux quatre coins de la planète et s’est rendu dans pas moins de 70 destinations. « Quand j’étais célibataire, je partais plus longtemps pour visiter les pays qui me faisaient rêver, comme l’Inde ou les États-Unis. » Désormais, c’est dans la Loire qu’il essaye de passer le maximum de temps : son plus beau match, c’est avec les siens qu’il le joue. n Sophie Tardy d'atlanta à paris bercy 31 Son meilleur souvenir : « Mes premiers Jeux Olympiques à Atlanta, un moment fort et unique. Participer à la cérémonie d’ouverture, c’était un rêve d’enfant. » Son pire souvenir : « Une rencontre qui opposait André Agassi à Carlos Moya à Paris Bercy en 2002. J’ai dû revenir sur plusieurs annonces de balles d’un jeune juge de ligne, paralysé par l’enjeu. Ce n’était pas du tout du goût d’Agassi. Et comme il était le chouchou du public, je me suis fait siffler et huer quand j’ai quitté le terrain. Un grand moment de solitude. » Cédric Mourier récompensé après la finale de Roland Garros en 2010, qui a vu s’imposer Rafael Nadal face à Robin Soderling. Loire Magazine n n°97 - Janvier - Février 2013



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