[42] Loire magazine n°97 jan/fév 2013
[42] Loire magazine n°97 jan/fév 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°97 de jan/fév 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de la Loire

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 4 Mo

  • Dans ce numéro : tout un programme pour les fêtes

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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REPORTAGE Les bénévoles du relais Enfants-Parents accompagnent les enfants âgés de 0 à 16 ans voir leur père ou leur mère incarcéré à la maison d’arrêt. Le Conseil général soutient cette association à hauteur de 2 500 euros. 22 Quand les enfants visitent leurs parents en prison C’est jour de fête pour Léa* : ce matin, elle rend visite à son papa à la maison d’arrêt de La Talaudière. Parce qu’un enfant ne doit pas subir la même peine que ses parents, le relais Enfants-Parents organise chaque semaine des visites dans un cadre plus intime que le parloir. Reportage dans une bulle de tendresse au sein de la grisaille carcérale. Pour la seconde fois, Léa, 3 ans, va voir son papa à la maison d’arrêt. Elle s’est mise sur son trente-et-un pour l’occasion. Avec le relais Enfants-Parents, elle bénéficie d’un moment privilégié avec son père, en dehors de la présence de sa mère. Cette dernière attendra à la maison d’accueil du relais, située sur le parking de la prison. Si elle le souhaite, elle pourra échanger avec des accueillantes bénévoles. De l’autre côté du mur L’accompagnante Monique prend Léa par la main. Après avoir franchi portiques de sécurité, détecteur de métaux et monté les escaliers, la fillette voit le bout du tunnel : « On arrive ! », se réjouit-elle, face à la porte de la salle du relais peinte d’un ourson brun au ballon rouge. « Une représentation que les enfants reconnaissent », raconte Monique. Jeux, jouets, livres… la pièce est aménagée et décorée de couleurs gaies. Léa et son père font leur entrée : elle arrive de l’extérieur et il vient de l’intérieur. Le surveillant qui accompagne le détenu disparaît aussitôt pour ne pas interférer. L’un en face de l’autre, Léa crie de joie en se jetant dans ses bras : « C’est papa ! » Ensemble c’est tout Sans se soucier des bénévoles, Léa et son père partagent leur bonheur. Câlins et éclats de rire font oublier le cadre pénitentiaire dans lequel le jeune homme se trouve. De leur côté, les bénévoles respectent la confidentialité des échanges lors de l’entrevue : « Les détenus savent qu’on ne rapporte rien. » Pendant une heure environ, la responsabilité parentale reprend sa place. « Les pères se réapproprient les gestes. Par exemple, certains changent les couches, d’autres aident à faire les devoirs. Quant aux enfants, ils repartent avec du baume au cœur. » En 2012, 46 enfants ont bénéficié de l’action du relais. « Parfois, il arrive que certains ne veuillent pas que leur père reparte ». Mais ni barbelés ni barreaux ne séparent les enfants de l’amour paternel. Loire Magazine n n°97 - Janvier - Février 2013
REPORTAGE Donner du sens à l’absence La démarche du relais Enfants-Parents s’inscrit dans la Convention des droits de l’enfant qui souligne que tout enfant a droit au maintien du lien avec ses deux parents. En effet, quand la personne incarcérée retrouve sa place dans la vie de l’enfant, ce dernier peut se construire plus harmonieusement. Des études montrent également que le taux de risque de délinquance est réduit. De plus, pour briser le sentiment d’abandon, l’enfant doit connaître la vérité : « Certains s’imaginent que leur papa ne les aime plus, qu’il est parti ou encore qu’il est mort. Et le danger est que l’enfant l’apprenne par un copain d’école… » De l’ombre à la lumière Le relais Enfants-Parents assure un lien porteur d’espoir : « Il redonne au détenu l’envie de s’en sortir. Il limite également la récidive au terme de sa peine en valorisant son rôle de parent », explique Yvette, accueillante au relais. Ainsi, cette association offre au parent incarcéré une meilleure condition de resocialisation lors de sa sortie, et favorise sa réinsertion à l’extérieur. « Il prend effectivement conscience des responsabilités éducatives qu’il a vis-à-vis de son enfant ». C’est aussi grâce à un esprit de collaboration exemplaire de la direction de la prison de La Talaudière que ce service peut avoir lieu. Quant aux bénévoles, ils reçoivent régulièrement des lettres de remerciements de la part des pères incarcérés. Noël ensemble La période des fêtes est difficile à vivre pour les enfants de détenus. Pour y remédier, le relais les réunit avec quelques jours d’avance pour fêter Noël. Les 10 bénévoles apportent le jour-même viennoiseries, boissons, papillotes et cadeaux empaquetés sur place dans la salle du relais. « Sécurité oblige ! », précise Monique. Ce jour-là, l’association sort le grand jeu : sapin, Père Noël, cadeaux commandés par les pères et spectacle. Les enfants se blottissent dans les bras de leur papa et l’émotion est à son comble. Et bien qu’ils repartent les bras chargés de paquets, pour Léa comme pour tous les autres enfants, leur plus beau cadeau est d’avoir vu « papa ». n Peggy Chabanole * Prénom d’emprunt Paroles de bénévoles Yvette, Accueillante au relais Enfants-Parents « C’est à la maison d’accueil, située sur le parking de la prison, qu’arrivent les enfants pour voir leur parent incarcéré. Je suis présente pour les préparer à leur visite avec un sourire, des mots, des baisers… Je suis à l’écoute de la souffrance de celles et ceux qui sont ‘’à l’extérieur ». Sans porter de jugement. » Monique, Accompagnante au relais Enfants-Parents 23 « Je ressens toujours une grande émotion devant la joie de l’enfant qui rejoint son parent incarcéré dans la salle du relais. C’est un véritable privilège de le voir se blottir dans les bras de son père. Lorsque la visite est terminée, j’ai le sentiment d’avoir contribué à l’apaisement de l’enfant. » Dans la salle du relais, le détenu et son enfant partagent un moment de bonheur. L’Association relais Enfants-Parents fête ses 20 ans L’association relais Enfants-Parents de Saint-Étienne est née en 1992 suite au désir fort de femmes incarcérées qui souhaitaient rencontrer leurs enfants dans un cadre adapté. Indépendante de l’administration pénitentiaire, elle est composée de 4 accueillants et de 6 accompagnants, tous bénévoles et spécifiquement formés. Son objectif est de maintenir le lien entre l’enfant et ses parents. La Présidente Any Vialla est à l’origine de la création de temps festifs, tels que Noël, la fête des pères et la fête des mères. Une chance sur le plan national : pour les 191 établissements pénitentiaires français, seulement 22 associations relais ont été fondées. Devant la porte peinte d’un ours au ballon rouge, l’enfant sait qu’il est arrivé à bon port. Loire Magazine n n°97 - Janvier - Février 2013



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