[42] Loire magazine n°96 nov/déc 2012
[42] Loire magazine n°96 nov/déc 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°96 de nov/déc 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de la Loire

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,2 Mo

  • Dans ce numéro : la Loire terre de saveurs.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 30 - 31  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
30 31
Portrait Jacky Nercessian la comédie dans la peau Il a tourné dans plus d’une quarantaine de films, dont ceux de réalisateurs comme Claude Chabrol ou Luc Besson. Avec son physique atypique et sa personnalité loufoque, Jacky Nercessian, 62 ans, est né pour être acteur. Une vocation que ce Stéphanois d’origine arménienne a fini par réaliser, après quelques détours par la théologie ou la mode… 30 « J’ai débuté ma carrière au théâtre de la vie », lance Jacky Nercessian. C’est enfant qu’il s’essaye à la comédie presque malgré lui, dans une famille très marquée par l’histoire arménienne. « Après avoir perdu son mari dans le génocide, ma grand-mère avait forcé mes parents à m’appeler comme lui », raconte l'acteur. Le petit Abraham – son vrai prénom – prend vite conscience qu’il joue déjà le rôle d’un autre. « Mon grand-père était avocat de profession. Du coup, elle m’appelait Maître. » Le physique de l’emploi « J’ai la chance d’avoir un visage très marqué avec de grandes oreilles ! » Avec ses traits atypiques et ses mimiques déroutantes, Jacky Nercessian ne passe pas inaperçu. « Je sais que lorsque l’on me propose un rôle, ce n’est pas pour jouer les beaux gars », sourit-il. « Je n’ai pas de problème avec moi-même. Sinon il faudrait que je change de métier ! » Ce personnage drôle et attachant, doté d’un solide sens de l’humour, se souvient des quolibets essuyés toute son enfance au sujet de ses « feuilles de chou ». Loin d’en faire un complexe, il a pris le parti d’aimer son physique. Le goût des autres « Je suis né à 100 mètres de la Comédie de Saint- Étienne… Une chance ! » Jacky Nercessian Mayak Nercessian « J’ai eu la chance de naître à 100 mètres de la Comédie de Saint-Étienne... » chérit sa ville natale, où il a grandi dans les années 1950-1960. « Saint-Étienne est une ville pauvre mais qui a une grande richesse : un ciment humain. Quant à la gentillesse stéphanoise, elle n’est pas pour autant de la mièvrerie. » Son enfance à l’école primaire du Palais de justice lui apprend l’ouverture aux autres : « nous étions tous nécessiteux et d’origine étrangère ». Très jeune, il est attiré par la culture. Un homme lui montre le chemin : le metteur en scène Jean Dasté. « Il m’a appris que l’on pouvait entrer dans un théâtre comme dans une épicerie, sans être obligé de prendre tout pour argent comptant, en se faisant sa propre opinion. » Un parcours insolite Jacky Nercessian cherche pourtant sa voie avant de devenir comédien. « À seize ans, j’ai voulu devenir pasteur », raconte-t-il. Bien qu’aucun membre de sa famille ne soit protestant, le jeune homme étudie alors la théologie à Lancaster, en Angleterre, où il reste un an. De retour dans l’hexagone, il Loire Magazine n n°96 - Novembre - Décembre 2012
Portrait revient ensuite à son premier amour : l’art. « À l’époque, j’avais un seul objectif : m’amuser ! » Il n’hésite pas pour cela à concrétiser ses idées les plus farfelues. « Un jour, sans rien demander à personne, je me suis installé place de l’Hôtel de ville à Saint-Étienne, nu dans une baignoire remplie de faux billets de 500 francs ! » Épris de liberté, le jeune homme aime vivre pour l’action, sans se soucier des qu’en-dira-t-on. Premiers pas sur scène Devenu animateur radio et de télévision locale, le Stéphanois peut laisser libre cours à son penchant pour le loufoque. Des rencontres décisives et son don pour forcer la chance lanceront par la suite sa carrière d’acteur. Il se retrouve un jour à jouer l’imposteur dans l’émission Pirates sur TF1 où, déguisé en prêtre, il se révèle époustouflant. « Dans la vie, il y a des cadeaux à saisir. C’était l’occasion pour moi de changer mon destin. » Claude Miller le remarque et lui propose de jouer dans son film La petite voleuse (1988), avec Charlotte Gainsbourg, où il interprète le directeur des Folies de Paris. « Rôle facile ! Je tenais à l’époque une boutique de mode à Saint-Étienne. » Le talent paye : à partir des années 1990, il se partage entre cinéma et télévision. Il anime notamment l’émission décalée Narcisso Show sur M6, vendue dans 15 pays. Sa popularité s’étend alors à toute l’Europe. Des rencontres et des rôles L’acteur compte aujourd’hui une quarantaine de films à son palmarès. Il a tourné aux côtés de Claudia Cardinale, Omar Sharif, Rossy de Palma, Fanny Ardant, Josiane Balasko… ou encore Gérard Depardieu, auquel il donne la réplique dans Le Colonel Chabert. À partir de 2000, il se produit également au théâtre. Heureux d’être comédien, Jacky Nercessian a le sentiment de « toucher de près à la magie de la vie à travers les projets et les rencontres qui se présentent ». La caméra lui donne aussi l’occasion d’explorer ses racines, comme dans le téléfilm Mayrig d’Henri Verneuil (1993), qui porte sur le génocide arménien. Garder la tête froide « Je vis un métier de passion qui comporte une large part d’inconnu. On ne sait pas de quoi demain sera fait », observe l’acteur. Cette incertitude n’est pas toujours facile à vivre mais la passion reprend vite le dessus chez Jacky Nercessian. S’il côtoie au quotidien des stars du grand écran, cela ne l’empêche pas de garder la tête froide. « La célébrité, c’est comme un verre de vin. On aime. On en prend un autre, puis un autre… Et on tombe vite dans l’ivresse. Si on ne se maîtrise pas, ça peut très vite vous tourner la tête ! » n Peggy Chabanole SOYONS CURIEUX ! Une devise ? « Je ne regrette rien, j’avance » (Paul Éluard). Il aime… « Les accents ! Surtout le stéphanois. » Il déteste… « Les gens qui ont fait des études et qui prétendent tout savoir. » Un acteur/une actrice ? « Josiane Balasko, ma meilleure amie. » Jacky Nercessian joue l’ami compatissant aux côtés de Patrick Timsit, dans la pièce Les derniers jours de Stefan Zweig, de Laurent Seksik, au Théâtre Antoine à Paris jusqu’au 22 décembre. Bernard Richebé 31 Sous l’œil du fils Mayak Nercessian avec son père Jacky. Mayak Nercessian « Mon père fait un métier qui nécessite un investissement total et c’est lui qui m’a montré le chemin. Nos échanges sont toujours fructueux et enrichissants. Il sait me faire voyager tant humainement qu’artistiquement. J’ai acquis ma liberté au contact de celle de mon père… » Mayak Nercessian Jacky Nercessian joue le rôle du Professeur Espérandieu dans le film Les aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec, de Luc Besson (2010). « Six heures de maquillage ! » Et c’est la métamorphose… Loire Magazine n n°96 - Novembre - Décembre 2012



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :