[42] Loire magazine n°134 mar/avr 2019
[42] Loire magazine n°134 mar/avr 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°134 de mar/avr 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Conseil Général de la Loire

  • Format : (206 x 280) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 3,7 Mo

  • Dans ce numéro : design sans frontières.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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EN ACTION DOSSIER « Le design doit rapprocher les gens » Spécialiste des tendances, la Franco-Américaine Lisa White a choisi de consacrer cette biennale 2019 à la thématique de l’inclusion par le design. Son leitmotiv  : au-delà de l’objet, le design doit créer du lien. Rencontre. Lisa White, commissaire principale de la 11 e Biennale Internationale Design Saint-Étienne. SYSTEMS, NOT STUFF Lisa White en est convaincue  : dans un monde toujours plus dématérialisé, les systèmes (« systems ») prennent le pas sur les choses (« stuff »). C’est ce que nous démontre cette exposition, organisée autour de plusieurs dispositifs. Au long d'une paroi tissée par Jeanne Goutelle et des associations stéphanoises, le Bureau des inclusions présente par exemple une école en Thaïlande où les écoliers ont plus de 60 ans. La Biofacture, elle, cherche un terrain d’entente entre écosystèmes et systèmes de production. Et si designer pour le futur, c’était travailler avec la matière vivante pour « faire pousser » les produits de demain ? Quant à l’Atelier mécanique du futur, il vous fera découvrir une machine à fabriquer des pierres à partir de poussière, ou encore une paroi fabriquée entièrement à partir d’impressions 3D… 16 LOIRE MAGAZINE Dans un monde qui change à grande vitesse, quelle est aujourd’hui le rôle du design ? Souvent, quand on parle de design, les gens pensent à des objets, à une super lampe qui coûte très cher par exemple, mais il ne s’agit pas de ça ! Le design, c’est « comment » on dessine le monde tous les jours  : la démocratie, une tasse de café, un bâtiment… Tout ça, c’est du design. Ce qui m’intéresse, c’est d'explorer les différents systèmes inhérents à cela. Par exemple le système de couleurs, parce que c’est quelque chose qui unit tout le monde. On n’a pas besoin de langue quand on parle de couleur… Le design est donc aussi là pour rassembler ? Oui et c’est pour cela que nous consacrons cette biennale aux « terrains d’entente ». On est dans une ère où il faut s’écouter et travailler ensemble, avec des gens qui ne sont pas comme nous, dotés de compétences différentes. Ces dernières années, les divisions n’ont fait que croître dans le monde. Or le design peut aider à rassembler des contraires. Ainsi, la table est au cœur de la thématique de l’inclusion. Elle sera très présente à la biennale car elle permet à chacun d’être au même niveau que les autres et de trouver sa place pour échanger, quels que soient son âge, son sexe, ses capacités physiques, sa nationalité, etc. Tout cela nous aide-t-il à changer notre façon de penser le monde ? C’est vraiment ça notre intention  : interpeller les gens par le design pour leur faire comprendre qu’on est tous acteurs dans ce monde. Le design est un sport d’équipe  : chacun a un rôle à jouer ! On propose donc aux visiteurs des ateliers participatifs, des conférences pour ouvrir le débat… Cela peut faire émerger des idées ou de nouveaux comportements, par exemple autour du plastique. Dans le design, il y a des choses qu’on aime ou pas, mais qui permettent de réfléchir à la façon dont on va vivre demain. Ce qui est important, c’est de venir avec une grande ouverture d’esprit.
Design In Tech  : John Maeda en guest star Pionnier du design numérique, ce designer, chercheur et enseignant américain développe une approche humaniste des nouvelles technologies. En résidence à la Cité du design, il vient de proposer des master class à des demandeurs d’emploi, et présente une expo à la biennale. Master class. Les 11 et 12 février, John Maeda a accompagné des Ligériens éloignés de l’emploi dans le cadre du programme de recherche Design in Tech Académie. Pour aborder le design numérique, Saint-Étienne a fait appel à une pointure  : John Maeda. Ce designeringénieur mondialement reconnu travaille sur la dimension inclusive des nouvelles technologies. La biennale lui a donné carte blanche pour l’exposition Design in Tech, où il dévoile son univers. Les visiteurs y découvriront comment les géants du web font appel au design, sous toutes ses formes, pour rendre leurs logiciels et produits accessibles au plus grand nombre. En résidence à la Cité du design, John Maeda assure aussi la direction scientifique d’un programme de recherche  : dans ce contexte, il a encadré en février des travaux avec un public éloigné de l’emploi, portant sur la conception, l’expérimentation et l’analyse de nouvelles voies d’apprentissage de la conception par ordinateur. UN TREMPLIN VERS L'EMPLOI « L’objectif des master class est de mieux comprendre les usages d’Internet. Elles prouvent également que même les personnes novices en technologie peuvent s’en servir. Nous mettons à leur disposition WordPress, un logiciel open source gratuit pour concevoir son site en toute simplicité. On montre ainsi aux débutants quelles sont les premières étapes à suivre », témoigne le spécialiste du design interactif. Le public est quant à lui conquis. « John Maeda, c’est le Lionel Messi du numérique ! Il est clair, concis et nous permet d’avoir plus de visibilité, souligne Kenny, diplômé en arts plastiques. Son logiciel est à la portée de tous. Et chacun DOSSIER UN RAPPORT DÉVOILÉ EN EXLUSIVITÉ MONDIALE Le 21 mars, c’est en direct de la Biennale Internationale Design Saint-Étienne que John Maeda présentera, en exclusivité mondiale, son rapport Design in Tech 2019. Dans un monde en constante évolution, celui-ci mettra l’accent sur l’importance de la formation pour tous, la place de l’intelligence artificielle dans les visions du futur et l’impact du design sur l’industrie. Un document très attendu par les leaders mondiaux du numérique ! + D’INFOS https://designintech.report d’entre nous peut créer un site propre sans débourser un euro. » Sortis de ces master class, les demandeurs d’emploi ajoutent un point d’orgue à leur CV  : « C’est une référence… J’ai une corde de plus à mon arc ! » Professeur au MIT*, cet Américain est certainement le plus grand designer actuel du numérique. « Évidemment, il s’agit de transmettre des compétences qui ne sont pas évidentes à enseigner, surtout en quelques jours… mais à la fin des master class, les bases sont acquises. » Une démarche qui permet à John Maeda de continuer à explorer les possibilités offertes par le design numérique, sans perdre de vue son objectif  : repenser l’usage des technologies pour mieux tenir compte des différences humaines. * Massachusetts Institute of Technology MARS - AVRIL 2019 17



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