EN ACTION DOSSIER Aidants, faites une pause Entourage. Les aidants familiaux sont les premiers à accompagner leurs proches âgés en perte d’autonomie. Mais cette tâche peut s’avérer épuisante, d’autant plus que bon nombre d’entre eux ont plus de 60 ans. Il est donc essentiel qu’ils n’oublient pas de prendre soin d’eux-mêmes. Un conjoint, une fille, une sœur… Plus de huit millions de Français assistent un proche au quotidien. Des aidants familiaux qui se dévouent parfois au détriment de leur propre santé. C’est pourquoi la Maison Loire Autonomie et diverses associations mettent en place des services adaptés. Dans la vallée du Gier, le Pôle de coopération intergénérationnel (PCI) leur propose des activités variées au café-rencontres et des groupes de parole. Une bouffée d’oxygène pour affronter le quotidien. 18 LOIRE MAGAZINE PRENDRE DU TEMPS POUR SOI Vendredi après-midi. Édith, Georges, Françoise, Christiane et Annick viennent se détendre et se ressourcer. Ces aidants familiaux ont opté pour le yoga. « J’apprécie ce moment, tant physiquement que moralement. Je fais une petite coupure… Et je repars relaxée », confie Annick. Ateliers cuisine, sorties, gymnastique, etc. Chaque semaine, le PCI de Rive-de-Gier organise diverses animations pour inciter les aidants à « s’accorder un temps de répit bien mérité, pendant que leurs proches sont pris en charge par des professionnels », souligne Sandrine Pendillon, psychologue et responsable du pôle accueil. Sur place, Georges et Françoise ont ainsi confié leurs proches à la halte-répit. S’EXPRIMER, ÊTRE ÉCOUTÉ Le PCI de Rive-de-Gier propose aussi réconfort et écoute aux aidants, qui sont souvent surmenés, et parfois isolés. Car pour eux, les occasions d’exprimer leurs difficultés sont rares. « Ici, je me sens moins seule. Des professionnels me parlent et me conseillent », souligne Annick. C’est aussi un moyen de favoriser le maintien de la vie sociale. Vous assistez vous-même une personne en perte d’autonomie et ressentez le besoin d’échanger ou de prendre soin de vous ? Poussez la porte d’une structure d’aide aux aidants. Éclairage Martine Dion Médecin autonomie au Département, responsable de la Maison Loire Autonomie Nord (Roanne et Forez) Quelles sont les difficultés rencontrées par les aidants familiaux ? Ils sous-évaluent bien souvent leur temps passé quotidiennement à assister leur proche, et n’ont pas toujours conscience du poids que cela représente. Or au fil du temps, plus de 50% des aidants familiaux souffrent d’anxiété, de surmenage, de fatigue et de troubles du sommeil. Comment le Département leur vient-il en aide ? La Maison Loire Autonomie propose diverses mesures pour améliorer leur qualité de vie : soutien en aides humaines, comme des activités ou des gardes, aides en cas d’hospitalisation de l’aidant, orientation vers un dispositif de formation, de soutien psychologique, ou de relais aux vacances, etc. Comment mesurez-vous l’épuisement des aidants ? Dans le cadre de l’Allocation personnalisée d’autonomie, nous utilisons l’échelle de Zarit. À partir de questions, cette grille permet de mettre en évidence le degré d’épuisement physique et psychologique de l’aidant. Le personnel médico-social détermine alors au mieux ses besoins, et un plan d’aide personnalisé est établi en fonction de ce diagnostic. + D’INFOS www.loire/mla Bien-être. À Rivede-Gier, le Pôle de coopération intergénérationnel propose aux aidants des moments de répit régénérateurs, à travers par exemple des cours de yoga. |